Aux 7èmes Jeux des Iles de l’océan Indien, en 2007, à Madagascar, les deux sélections nationales avaient été humiliées en perdant par des écarts de plus de 50 points. Lors des 8èmes Jeux qui viennent de prendre fin aux Seychelles, il y a un peu plus de trois semaines, la sélection nationale féminine a remporté la médaille de bronze après avoir battu, par deux fois, l’équipe des Seychelles ! La sélection nationale masculine a,elle, en dépit du fait, de n’avoir pas rapporté de médaille, sorti une performance honorable.
Même le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, a reconnu le progrès réalisé en basket-ball. Pourtant, certains éternels insatisfaits au sein de la Fédération mauricienne de Basket-Ball (FMBB) ont trouvé en ces performances une source pour créer une polémique inutile. Le président de la fédération, Didier Moutou, demeure lui impassible face à ces critiques injustifiées. Il se dit,au contraire, très fier de ce qui a été réalisé par les entraîneurs et les sélectionnés des deux équipes.
Il faut être vraiment aveugle pour ne pas reconnaître que le basket-ball mauricien a fait un bond en avant à la suite des performances enregistrées à l’issue de ces 8es Jeux des Iles.
Au lieu d’apporter leur soutien à ce qui a été réalisé et d’aider à bâtir le renouveau du basket-ball local, certains se plaisent à se tirer dans les pattes. Comme si cette discipline qui a été longtemps au-devant de la scène en raison de ses querelles intestines avait vraiment besoin de cela à l’orée d’une nouvelle ère où les Mauriciens et Mauriciennes évoluent désormais sans complexe face à leurs homologues indian-océaniques.
Les résultats sont là pour le prouver. D’abord en féminine où Maurice a battu les Seychelles d’entrée (58-56) après avoir été menées au score par 15 points d’écart ! Les Mauriciennes ont ensuite disposé de ces mêmes Seychelloises par un écart de 28 points (74-46) pour enlever la médaille de bronze. Elles ont également battu les Comores, mais n’ont rien pu faire face aux Réunionnaises perdant par 40 points. Chez les hommes, Maurice s’est inclinée face à l’île de La Réunion, championne en titre, par un écart de 13 points, et a battu les Comores (73-68). Lors de son dernier match face à Mayotte, Maurice a été battue par 23 points d’écart, alors que ce même Mayotte a battu La Réunion, championne sortante des jeux, par un écart de 20 points !
Viser plus haut en 2011
Ces arguments, Didier Moutou les ont exposés à ses membres, lors d’une réunion récemment. Il a même indiqué qu’en 2007, la sélection féminine avait été battue (57-49) par les Seychelles, puis…101 à 32, soit 69 points d’écart, par Madagascar. Les Seychelles avaient ensuite pris la troisième place du tournoi. « Aujourd’hui, c’est ce même Seychelles que nous avons battu par deux fois. Nous avons certes perdu par 40 points d’écart face à La Réunion, mais on ne pouvait pas faire mieux. Dans ce même match pourtant, nous avons refait notre retard pour ne se retrouver qu’à quatre points de notre adversaire à un moment du match. Je pense que nous devons saluer l’effort des entraîneurs et des joueurs dans ces conditions », a expliqué le président de la FMBB. Pour lui, il ne fait aucun doute que les bases ont été jetées et qu’il faut capitaliser la-dessus pour viser plus haut qu’une médaille de bronze en 2015, à La Réunion.
L’analyse de Didier Moutou fait à ses membres en ce qui concerne la sélection masculine est tout aussi claire. Il a précisé qu’en 2007, à Madagascar, Maurice avait été nettement battue par les Seychelles par 102 à 58 (44 points d’écart) avant de tomber face aux Malgaches par 124 à 59 (65 points d’écart). Seychelles avaient par la suite été battus par les Comores (56-67), alors que récemment, lors des 8es Jeux, Maurice a battu les Comores. « Il ne faut pas être aveugle à ce point pour dire que le basket-ball mauricien a régressé. Certes, les résultats ne sont pas extraordinaires, mais il faut reconnaître que nous avons progressé. Nous avons proposé un basket plaisant, constructif et combattif. Ceux présents aux Seychelles et même nos adversaires l’ont reconnu », a expliqué Didier Moutou.
Que reproche-t-on donc réellement à Didier Moutou ? Selon lui, certains membres estiment que si des changements avaient été apportés au niveau du poste d’entraîneur national féminin, à trois semaines des Jeux, mais également au niveau du choix de certains joueurs et joueuses, Maurice aurait fait mieux. « On m’a reproché cela en me disant que si on avait changé d’entraîneur au niveau de la sélection féminine, on aurait terminé sur la plus haute marche du podium ! Entendez par là, la médaille d’or. Pour ces personnes, Maurice aurait définitivement fait beaucoup mieux avec les changements qu’ils préconisaient. Idem pour les garçons, dont ils estiment qu’ils avaient les moyens de terminer sur le podium », a souligné notre interlocuteur.
Il n’empêche que Didier Moutou n’est pas de cet avis. Il reste catégorique : les deux sélections, aussi bien que leurs entraîneurs n’ont pas démérité. « Moi je ne parle pas au conditionnel. Moi je dis que les efforts consentis par tout un chacun a porté ses fruits. J’estime aussi qu’on doit être très professionnel lorsque l’on fait des analyses. Il ne faudra pas prendre des décisions hâtives. On analysera les rapports des entraîneurs et des team managers entre autres et en tant que dirigeants sincères et honnêtes, on prendra les décisions qui s’imposent. Cela se fera à l’issue de la réunion du 5 septembre (Ndlr : demain soir).»
Didier Moutou satisfait des résultats
Pour le président de la FMBB, la mission aux Seychelles a été un succès par rapport aux points avancés. « Je suis très fier et content que l’objectif fixé en mars 2010 a été atteint. Nous voulions redorer le blason du basket mauricien, faire honneur au pays et rapporter au minimum une médaille. Ce qui a été accompli dans une large mesure. Je suis personnellement satisfait de ce qui a été réalisé par les entraîneurs et les joueurs et joueuses », a indiqué Didier Moutou. Ce dernier s’est dit, d’autre part, déçu par l’attitude d’un membre qui a dit qu’il n’avait pas confiance en lui comme président. « Ce membre me reproche de n’avoir pas suivi les instructions qui étaient de démettre l’entraîneur de l’équipe féminine (Ndlr : Jean Marie Bhugeerathee) de ses fonctions et de faire pression pour qu’interviennent des changements de joueurs dans les deux équipes. Je ne suis malheureusement pas de ceux qui s’ingèrent dans le travail technique des entraîneurs, car j’estime qu’il est très important de rester professionnel dans notre approche. »
Ce que Didier Moutou trouve encore plus triste, c’est que ces critiques ne viennent ni du ministère de la Jeunesse et des Sports, ni des sponsors et encore moins des amoureux de la discipline, mais bien de certains membres à l’intérieur même du comité. « Pour ma part, j’assume entièrement ma responsabilité et je le ferai jusqu’au bout. Pendant 18 mois, une équipe a été avec moi pour permettre aux deux sélections de bénéficier des facilités d’entraînements. Nous avons eu plus de 30 réunions. On a consenti à d’énormes sacrifices pour venir aujourd’hui entendre des critiques que j’estime ne pas êtres justes», a-t-il conclu.