Un président forcé à la démission, deux sélections nationales qui reviennent bredouilles des JIOI à La Réunion : le basket-ball local n’a pas eu le rayonnement souhaité en 2015. Au sein d’une fédération aux mains d’un président plus souvent absent que présent et où la communication semblait être un vain mot, le mal-être s’est ressenti sur les parquets, jusqu’à créer deux clans au sein de l’équipe féminine. Avec une telle situation, que peut-on donc attendre de la saison à venir ?
Doit-on voir le bon ou le mauvais côté en premier lieu ? Difficile à dire, tant les bonnes choses ont été occultées par les mauvaises. A priori, la venue du DTN, le Français Charles Tassin a donné un coup de fouet à une discipline qui n’a toujours pas su se réinventer.
La réouverture du Centre national de formation de basket-ball (CNFBB) a été remise au goût du jour sous la férule du Canadien Mark Crnich, puis de Tassin. Sans doute la Fédération mauricienne de basket-ball (FMBB) a compris qu’il est enfin temps de capitaliser sur la jeunesse.
« Nous avons un bon réservoir de jeunes actuellement au Centre. D’ailleurs, ils affichent une belle progression, si on analyse les résultats qu’ils ont ramené lors de la dernière tournée de l’équipe junior des Seychelles et des Cobras », avance Hedley Han, président de la FMBB.
Pourtant, cette jeune génération est un peu l’arbre qui cache la forêt. Son aînée, elle, peine encore à s’imposer sur le plan régional. Ni le Real en 2014, ni les Flippers en 2015 n’ont pu décrocher la timbale à la CCCOI.
Ne parlons pas des JIOI, l’année dernière. Les deux équipes sont passées lamenteblement à côté de l’objectif. « Il faudrait analyser tout cela à tête reposée. Quand on voit qu’il y avait deux clans au sein de l’équipe féminine, on peut comprendre le pourquoi de ce résultat », avance encore l’homme fort du basket-ball local.
Chez les messieurs, les données étaient un peu différentes. L’équipe était prête, cohérente, mais a craqué dans les moments les plus cruciaux du tournoi. A partir de cet instant, les chances de médailles se sont amenuisées.
« Nous espérions tellement ramener au moins une médaille. C’est là notre plus grande déception », avoue encore Hedley Han.
Le travail vers les JIOI 2019 a donc commencé. Ainsi, la réouverture du CNFBB et éventuellement une participation à la CAN 2017 des moins de 17 ans seraient les tremplins idéaux pour une discipline qui demeure malgré tout assez populaire dans l’île. « Nous organisons souvent des opérations de détection. La réaction est assez intéressante. »
Mais former des joueurs ne servirait à rien si les encadreurs ne le sont pas. Ainsi, Charles Tassin et la Direction technique nationale (DTN) travailleront également à la formation des entraîneurs. « C’est très important », lâche le président de la FMBB.
Mais le meilleur des plans d’action ne serait rien sans la moindre stabilité au sein d’une fédération sportive. Pour l’instant, le comité directeur, sous la houlette d’Hedley Han, s’attele à revoir les statuts et la Constitution de la FMBB. « Nous attendons seulement de connaître la position du MJS pour nous mettre au travail. Il s’agit de ne pas gaspiller des ressources en amont pour avoir à refaire le travail en aval. »
Cela dit, 2016 sera une année charnière. La FMBB s’est proposée pour accueillir la CAN 2017 des moins de 17 ans. Un dossier qui sera pris sur le fond en mars prochain, lors de la prochaine réunion de la FIBA Afrique. « Si on remporte l’organisation, ce sera un vrai boost-up pour le basket-ball mauricien. » En somme, exactement ce dont la discipline a besoin.