Si pendant ses campagnes indianocéaniques le basket-ball mauricien a souvent alterné le bon et le moins bon, l’encadrement technique de la Fédération mauricienne de basket-ball (FMBB) veut vivre une aventure différente cette année à La Réunion. Le message passé par les entraîneurs nationaux est clair : il faut travailler dur si les deux sélections veulent faire mieux que de la figuration.
Les deux sélections mauriciennes ont repris le chemin de l’entraînement et le rythme augmentera sensiblement. De plus, les entraîneurs nationaux ont compris que l’aspect physique est tout aussi important que la technique ou le mental. «
 Nous passerons de trois séances par semaine à cinq. De ces cinq séances, une sera consacrée à la préparation physique », explique Mohamed Buhari, l’entraîneur de la sélection masculine. Même son de cloche du côté de Rubin Batterie, responsable de la sélection féminine. « Nous consacrerons du temps à la préparation physique également », promet-il.
Cependant, la meilleure préparation physique ne compensera jamais une bonne technique ou une excellente tactique. Cela aussi, les deux entraîneurs nationaux l’ont compris. « Contrairement à Madagascar ou La Réunion, nous n’avons pas de style de jeu », note Rubin Batterie.
Les Mauriciennes devront donc développer une technique bien à elles pour faire face à l’agressivité malgache et à la technique réunionnaise. « Ce sera à nous de trouver notre jeu et de nous en servir. Nous avons la technique, à nous d’en faire un style de jeu ».
Chez les garçons, l’idée est un peu plus claire. On sait déjà quoi travailler. « Dans le passé, il y avait une équipe offensive. Maintenant, je pense qu’il est temps d’avoir une formation plus axée sur la défense. C’est comme ça qu’on gagnera des matches », remarque Mohamed Buhari.
À La Réunion, les sélections mauriciennes devront faire face à un ennemi de taille : le public. « Les joueurs évoluent à Maurice, devant des gradins vides. Ailleurs, ce n’est pas pareil. Il y a du monde, l’ambiance est bruyante. Il faut que les joueurs arrivent à passer ce cap. Je vais leur demander de se battre jusqu’à la dernière seconde », explique l’entraîneur masculin.
Mais avant d’arriver au stade des Jeux, il faudra tout donner sur le terrain d’entraînement. « Tout passe par là. Je veux que les joueurs aient un avant-goût de la difficulté qui les attendra », avance Mohamed Buhari. Pour cela, il demande un engagement total de ses joueurs. « Nous avons manqué d’engagement et de travail. Maintenant, nous essayons de redonner le goût de l’effort aux joueurs. Et le jeu s’en ressent », explique l’ancien joueur du Real.
Il dit d’ailleurs avoir constaté une certaine hausse dans le niveau de jeu. Même si ce n’est pas uniforme, la hausse est significative. « Chacun assimile les nouvelles méthodes à son rythme. Mais dans l’ensemble, la progression est là ».
Chez les filles, la principale préoccupation de Rubin Batterie restera de garder la flamme de la motivation allumée. « Toute l’équipe veut se classer sur le podium ». Il y a aussi le fait de faire cohabiter les joueuses de l’USBBRH et celles de BBRH-Hoop, deux équipes dont la rivalité est un secret de Polichinelle. Mais les rumeurs faisant état de l’absence des joueuses de l’un ou l’autre camp ne sont en fait que des racontars. « Certaines ne venaient pas en effet. Mais c’était surtout dû aux entraînements dans leurs clubs respectifs. Nous attendrons la fin du tournoi pour pouvoir réunir tout le monde », explique encore Rubin Batterie.
En amont des Jeux, les deux équipes effectueront des stages de perfectionnement. La question est de savoir où et quand. « D’ici au mois de juin, tout sera réglé ». Maurice pourra éventuellement compter sur l’apport de quelques expatriés. La sélection féminine en compte une, en la personne d’Isabelle Némorin, qui évolue au Tampon, à La Réunion. « Elle est toutefois blessée et doit encore subir quelques tests, mais nous suivons la situation de près ». La sélection masculine, elle, en compte quelques-uns. « Nous allons définitivement faire appel à ces joueurs. Ils seront un plus pour l’équipe », avance Mohamed Buhari.
Et les deux entraîneurs veulent miser sur l’expérience et la fougue de la jeunesse pour espérer décrocher un podium. Chez les garçons surtout. « Il y aura des joueurs d’expérience pour encadrer les plus jeunes. Ils ne vont pas jouer 40 minutes, mais juste assez pour apporter ce petit plus à l’équipe ».
Malgré toutes les difficultés liées au transport et de terrain, entre autres, les deux entraîneurs lancent un appel général. « Nous demandons à tout le monde de s’unir derrière ces sélections. Il s’agit d’apporter un soutien constant. Le groupe est solide, mais il nous faut l’aide de tout le monde pour arriver à un bon résultat ».