À 38 ans, Thierry Julie a encore de beaux restes. Même si la sélection de basket-ball n’a pas encore été finalisée, il devrait être le premier nom sur la liste finale. Valeur du jour, dans le giron du basket local, il est considéré comme le meilleur basketteur mauricien. Mais qu’est-ce qui le rend si exceptionnel ? Portrait…

Le nom de Thierry Julie est celui qui revient le plus souvent lorsque l’on évoque la sélection nationale de basket-ball. Autant dire qu’en 20 ans de carrière, il a su laisser son empreinte là où il est passé, et ce, depuis son plus jeune âge. Il a été formé au Centre National de Basket-ball avec qui il a remporté le championnat jeune et le titre de MVP en 1999. Au courant de la même année, il goûte à sa première sélection en équipe nationale junior, lors de la 2e édition des Jeux de la Commission de la jeunesse et des sports de l’océan Indien (CJSOI), aux  Seychelles. Dès lors, son talent ne passe pas inaperçu, notamment aux yeux du Real de Port-Louis, qui le recruta quelques années plus tard, alors qu’il n’a que 19 ans.

Il connaît alors une ascension fulgurante, remportant quasiment chaque année, le championnat national de Maurice avec le Real, ainsi que des titres individuels. Il a également sous la ceinture, plusieurs participations à la Coupe des Clubs Champions de l’océan Indien (CCCOI). S’il a écrit les plus beaux chapitres de sa carrière avec le Real, cependant, Thierry Julie a aussi connu des passages à succès dans plusieurs clubs, comme l’Union Sportive de Beau-Bassin/Rose-Hill, Magic Quatre-Bornes et Trèfles Black Stars, où il a réussi à partager, voire transmettre sa culture du basket à des nombreux jeunes.

Une pièce maîtresse

Cette communion qu’il a avec les joueurs, fait de lui un membre indispensable en club comme en sélection. « Une pièce maîtresse que toute équipe aurait aimé avoir.  Il joue et le plus important, c’est qu’il fait jouer les autres. Quand il est sur le terrain, on sent son impact sur le match », nous fait part Vincent Boitier, entraîneur de l’équipe nationale senior et qui dans la passé, a déjà été l’équipier et même l’adversaire de Julie. Mais ce qui rend ce dernier encore plus unique, c’est justement son prototype de joueur qui ne manque jamais de motivation, qui déborde toujours de créativité et qui pousse ses partenaires à se surpasser.

Comme le bon vin, Thierry Julie se bonifie avec l’âge. Aujourd’hui, il peut occuper différents postes et même, être à la fois le moteur, le cerveau et le fer de lance d’une équipe. « Quand je suis sur le terrain, il y a comme un mécanisme qui se déclenche en moi. Il me pousse à mettre en avant mon abnégation, mon agressivité, ma vision et ma lecture du jeu. Même sur le banc je suis utile, car je vois des choses que les autres ne voient pas. Et lorsque je rentre sur le terrain, je peux changer le cours du jeu et apporter un plus à l’équipe. Je me dois d’être efficace tout le temps », avance-t-il.

Tous ceux qui l’ont côtoyé ne lui tarit pas déloges. Mais selon lui, il n’y  a pas de botte secrète ni de formule magique pour expliquer sa longévité. « Je me prépare intensivement physiquement, au moins deux mois avant de commencer ma saison. Et puis, j’ai aussi eu la chance d’être passé par le centre technique qui m’a donné les bases que j’ai peaufinées au fil des années. Pour être le joueur que je suis devenu aujourd’hui, c’est le fruit de ma détermination et de mes sacrifices au quotidien. Le soutien de mes parents et l’apport de tous les entraîneurs qui m’ont coaché pendant ma carrière y sont aussi pour beaucoup. Chacun m’a retransmis leur connaissance du jeu. Et quelque part, j’ai la volonté de partager à mon tour, mon expérience, mes acquis et mon vécu ;  aux joueurs sur les terrains et en dehors », explique-t-il.

Un dernier JIOI, puis s’en ira

Même s’il est pétri de talents, il aime avant tout faire marquer les autres plutôt que d’enfiler les paniers. L’individualisme ne fait pas partie de son mode de pensée. Joueur très altruiste et apprécié par ses coéquipiers, Thierry Julie a connu du succès en Super League. Toutefois, on ne peut pas en dire autant en équipe nationale. En effet, Julie est le joueur le plus capé de l’histoire de l’équipe nationale de Maurice, avec quatre participations aux Jeux des Îles de l’océan Indien. Il avait fait son baptême du feu en 2003, à Maurice. La sélection mauricienne de basket-ball avait terminé au pied du podium. Il a également disputé les Jeux de 2007 à Madagascar, 2011 aux Seychelles et 2015 à La Réunion.

Mais il n’est jamais monté sur le podium aux JIOI avec la sélection. Lors de la dernière édition sur le sol réunionnais, Thierry Julie et ses coéquipiers ont été battus par les Seychelles, lors du match pour la 3e place. Malgré la douleur, ces échecs en autant de tentatives qui ne le découragent pas pour autant. «C’est le moment de tout donner. De plus, ce sera sans doute mon dernier Jeux des Îles et je me donnerai à fond pour enfin décrocher une médaille. Même le bronze aura un goût d’or », souligne-t-il. Sa volonté de toujours représenter son pays en dit long sur son implication, pour le basket mauricien…  

 

   Mon message aux Mauriciens   

« Il faut que tout le monde, athlètes, officiels et même les supporteurs comprennent que nous allons représenter la patrie. Il nous faut donc nous donner à fond. Allez encourager nos athlètes, soyez derrière eux. Car croyez-moi, quand on voit le peuple mauricien derrière nous, on sent vraiment monter l’adrénaline. »