S’il est vrai de dire que la consécration dans la finale dimanche dernier de la Coupe des Clubs Champions de l’océan Indien (CCCOI) est la cerise sur le gâteau. Par contre, le parcours de l’Union Sportive de Beau-Bassin-Rose-Hill aux Seychelles n’a pas été de tout repos. On peut même dire d’après le récit de l’entraîneur de cette formation championne de Maurice dans l’archipel,cela a failli tourner en eau de boudin. Voire un grand flop et des milliers de roupies de la municipalité de BBRH jetés à l’eau. Car à 24h heures du coup d’envoi de la compétition, l’USBBRH a failli être interdite de participation pour une question de logement et des dettes de la Fédération mauricienne de Basket-Ball.
Lorsque dans la soirée de vendredi 24 octobre, la formation de l’USBBRH s’embarque dans l’avion pour l’archipel des Seychelles, l’esprit des filles de Jean-Marie Bhugeerathee était plus à la compétition qu’autre chose. Mais après quelques heures de vol pour Mahé, le temps de récupérer les bagages,  le cauchemar va commencer. Il était presque 20h30 lorsque les formalités douanières étaient terminées et que les membres de la délégation de l’USBBRH demandaient à la présidente de la Fédération Seychelloise de Basket-Ball (FSBB) que le transport qui a été mis à leur disposition dépose l’équipe à l’Académie de Police.
«Académie de Police?» rétorqua Mme Ah Kong. Cette dernière, raconte Jean-Marie Bhugeerathee, ne voulait en aucune circonstance que l’équipe mauricienne soit logée dans ces lieux. «La dame a dit pas question que mon équipe soit logée à l’Académie de Police. Si on veut participer à la compétition, elle nous a fait comprendre qu’il fallait absolument que nous logions au Bergaya Hôtel, le logement officiel de la CCCOI. Au cas contraire, si nous voulions aller à l’Académie de Police, il nous fallait payer la note de l’hôtel Berjaya», explique le souffle coupé à Week-End Jean-Marie Bhugeerathee.
Pris de panique, l’entraîneur de l’USBBRH ne savait plus à quel saint se vouer pour trouver une solution. «D’autant plus que nous n’avions pas à notre disponibilité une somme de USD 50 par jour par personne pour payer le Berjaya, alors qu’à l’Académie de Police, nous étions tombé d’accord pour USD 25 par personne», avance l’entraîneur. C’est ainsi qu’il se tourna vers le président de la FMBB, Philippe Lee Kam Chung qui avait fait le déplacement dans le même vol de l’USBBRH et le Real (qui avait réservé au Berjaya).
«Savez-vous ce que m’a dit M. Philippe lorsque j’ai lui ai expliqué notre situation? Débrouille zot, pas mo zafer sa», s’insurge  Jean-Marie Bhugeerathee. Ce dernier a dû commencer une longue négociation avec la présidente de la FSBB qui n’a terminé que vers 23h30. Entre-temps, les filles de l’USBBRH sont restées bloquées dans l’aérogare. Finalement, l’USBBRH fut autorisée à passer la nuit de vendredi à samedi à l’Académie de Police, le temps de contacter, durant la journée de samedi, le maire de BBRH pour pouvoir assurer le transfert d’argent nécessaire pour le logement à Berjaya Hôtel.
Des dettes de 2700 USD
Ce problème réglé, Jean-Marie Bhugeerathee pensait qu’il pouvait se concentrer sur la préparation finale de son équipe. C’était mal connaître la FMBB qui a la fâcheuse manie de ne pas communiquer les informations nécessaires à ces membres. «Grande a été notre surprise d’apprendre que nous devions débourser la somme de 625 dollars (presque Rs 20 000) pour les licences FIBA Afrique des joueurs et des entraîneurs. Cette somme, je ne l’avais pas et heureusement que le DTN, Mark Crncic, nous a avancé 400 dollars et j’ai demandé une nouvelle fois à Philippe Lee Kam Chung de nous aider. Une fois de plus, sa réponse a été pas so problème sa», dira notre interlocuteur.Cette pensée des  225 USD restants,il a été  suivi comme son ombre durant toute la compétition par le trésorier de la FSBB pour assurer que ce versement soit fait avant que l’équipe ne quitte les Seychelles.
Le pire dans l’histoire, c’est que l’USBBRH et le Real allaient aussi être privés d’une participation en raison d’une dette de 2700 à FIBA Afrique qui date depuis plus de 14 ans. Là encore, le bon vouloir du représentant de FIBA Afrique a prévalu en dépit du refus de Philippe Lee Kam Chung d’assumer ses responsabilités.