Le Real a remporté, hier au gymnase de Phoenix, le 19e titre de champion de Maurice de basket-ball en dominant une équipe du CSSC qui lui a pourtant tenu la dragée haute pour la manche retour de la finale des play-offs. Les Port-Louisiens, quatrièmes au classement de la saison régulière, s’imposent 103-92, malgré une courte défaite hier pour la deuxième phase de la finale (43-46).
Le score de la rencontre ne traduit pas l’intensité du match dont a été témoin hier le gymnase de Phoenix. Loin des taux de réussite dont on a pu être témoins auparavant, les deux équipes ont surtout connu des échecs répétés aux lancers francs (près de la moitié ratée) et de tirs à trois points. Déjà vainqueur (70-56) à l’aller, le Real, en patron, impose sa marque sur la rencontre. Après trois minutes de jeu, Jonathan Jules et consorts mènent déjà 9-2. Une tendance qui ira crescendo, les Curepipiens se montrant maladroits devant le panier adverse, malgré un léger regain d’efficacité en fin de première période (16-7).
Articulant son jeu autour des longilignes Thierry Julie et Vincent Clémentine, Neva Vadiveloo a avant tout voulu sécuriser l’arrière-garde port-louisienne, tout en s’appuyant sur la création du jeu. « C’est peut-être le titre le plus difficile à remporter. Nous avons eu une dure saison, avec quatre défaites », explique le technicien, qui a remporté neuf des 19 titres du Real. Pourtant, le CSSC, loin de jouer les faire-valoir, changeait de stratégie après la première période.
Avec un taux de réussite légèrement supérieur, les Curepipiens prendront cette fois le match à leur compte. On constate cependant qu’ils concèdent des fautes au temps. Entre-temps, le Real continue son jeu vers l’avant, procédant par contres rapides. Mais dans les dernières minutes de la deuxième manche, le CSSC réussit l’exploit de passer devant pour la première fois de la rencontre (26-23).
« On a raté la manche aller. On voulait se reprendre pour le retour », explique Rafaël Richiero, l’entraîneur du CSSC, qui a mené l’équipe en finale des playoffs. Winley Tamby et ses coéquipiers ont trouvé les ressources et ont développé un autre jeu après la pause. Le Real, amorphe de son côté, reste près de trois minutes sans marquer le moindre point. Une anomalie que les Port-Louisiens corrigeront vite, malgré toute la résistance des Curepipiens, qui termineront toutefois la troisième tranche avec deux points d’avance (35-33).
Les 14 points d’écart du match aller semblant insurmontables, le CSSC tentera donc de sauver les meubles et terminer sur une bonne note. Les Curepipiens se concentreront sur une victoire de prestige, « même si on ne se souvient pas du deuxième », selon Rafaël Richiero. Et avec tout leur réalisme, les Curepipiens feront jeu égal avec le Real dans la dernière tranche. Les deux équipes se rendant coup pour coup, on assiste donc à un enchaînement de points d’un côté comme de l’autre. « On avait les moyens de rivaliser avec eux, malgré l’absence de Benoît Matur (blessé). Aujourd’hui, on le prouve en venant à bout du Real », poursuit le Français. Un regret cependant. Celui « d’être passé à côté du match aller, où on aurait pu faire la différence. »
Mais cette différence, les Curepipiens la feront dans les dernières minutes de la rencontre. À 42 partout, ils accentuent la pression et passent à 46-42. C’est Joey Gérie, dans un ultime lancer franc à la dernière seconde, qui réduira le score (46-43) pour le Real. Il n’en avait pas besoin : le Real a souffert, mais est bien sacré champion.
À l’arrivée, Neva Vadiveloo a une pensée spéciale pour l’équipe. « Je pense ici à Thierry Julie, à mon staff technique, à James Lee Fye. Toutes ces personnes nous ont soutenus pendant la saison », conclut l’entraîneur, qui vise maintenant une Coupe des Clubs Champions de l’océan Indien, où il n’a toujours que deux médailles d’argent.