L'USBBRH de Julie Laplanche (première à g.) pourrait perdre toutes ses joueuses la saison prochaine

Ces dernières n’ont toujours pas digéré le fait de ne pouvoir disputer la CCCOI, faute d’une décision du club

L’histoire d’amour entre l’Union Sportive de Beau-Bassin/Rose-Hill (USBBRH) et ses joueuses n’est plus qu’un vieux souvenir ! Ces dernières ont, en effet, décidé de quitter le club à la fin de la saison 2018 suite à un différend avec leurs dirigeants sur leur participation à la Coupe des Clubs Champions de l’océan Indien (CCCOI) prévue du 23 novembre au 2 décembre prochains aux Seychelles. Pour rappel, la formation des villes sœurs, pourtant championne de l’édition 2014, est toujours interdite de participation depuis 2016, en raison d’une dette impayée d’environ Rs 85 000.

Il faut croire que la récente déclaration de Philippe Boudou, dirigeant de l’USBBRH, dans ces mêmes colonnes n’a pas fait plaisir aux joueuses. Il avait en effet précisé que le club « ne déboursera pas un sou, quitte à faire une croix sur la CCCOI. »  Une déclaration qui a contribué à une détérioration des relations entre joueuses et dirigeants. La capitaine de l’équipe, nommément Julie Laplanche, a même estimé que ces derniers n’ont pas tenu parole. « Nous avions rencontré les dirigeants, dont Philippe Boudou au début d’année. Ils nous avaient promis qu’ils allaient payer la dette. Force est de constater que nous avons été bernées. Les filles et moi sommes dégoûtées par cette situation d’où notre décision de ne plus jouer pour l’Union, la saison prochaine », a-t-elle déclaré.

« Le cœur n’y est plus »

Dans ces conditions, a-t-elle précisé, ce n’est plus motivant à continuer à défendre les couleurs de l’USBBRH si elle ne pourra jouer la CCCOI. « C’est une compétition à ne pas rater sous aucun prétexte, surtout à l’approche de Jeux des Îles de 2019. Donc, autant laisser la place à une autre équipe », a-t-elle indiqué. Pour Julie Laplanche, les données ont complètement changé depuis cette déclaration et désormais, a-t-elle avancé, l’avenir du club est flou. « Quelques joueuses seront libres de s’engager avec d’autres clubs la saison prochaine, alors que d’autres mettront fin à leur carrière. La formation de basket continuera-t-elle à exister après notre départ ? », s’est-elle demandée. Ce qui est sûre, a-t-elle ajouté, c’est que le club est inactif depuis plusieurs mois. « Nous n’avons pas d’entraînement, vue qu’il n’y a pas de compétition. C’est bien triste qu’on en arrive jusque-là. En tout cas, le cœur n’y est plus », fait-elle ressortir.

La déception et la frustration des joueuses sont partagées par leur entraîneur, Jean-Marie Bhugeerathee, qui a déploré la façon de faire des dirigeants du club. « C’est une situation décourageante, d’autant qu’on nous a fait rempiler pour une saison supplémentaire en nous promettant que cette affaire de dettes, allait être régler. Malheureusement rien n’a été fait », a-t-il déploré. Pour Jean-Marie Bhugeerathee, ce problème concerne l’USBBRH et la fédération seychelloise et il trouve injuste que ce soit les joueuses qui paient les pots cassés. « C’est injuste que les joueuses se soient retrouvées au centre de cette affaire. Les filles se sacrifient pour le club sans rien gagner en retour. Elles ne sont pas rémunérées et n’ont ni facilité de transport pour rentrer chez elles, après les matchs et les entraînements », a-t-il fait ressortir.

Pour l’entraîneur, l’USBBRH aurait dû prendre en compte l’intérêt de ses joueuses qui, malheureusement a-t-il précisé, n’a pas été le cas jusqu’ici dans cette affaire. « C’est la troisième fois de suite que nous n’y allons pas. Je comprends donc très bien ce sentiment de ras le bol de mes joueuses et leur décision de quitter l’Union », exaspère Jean-Marie Bhugeerathee qui tout comme ses joueuses espèrent que le club reviendra très vite à de meilleurs sentiments.

Quoiqu’il en soit, il est un fait que l’épine USBBRH n’aide en rien le basket-ball féminin, déjà à la traîne depuis de nombreuses années. Sans oublier que les 10e Jeux des Iles de l’océan Indien sont prévus dans 10 mois. Il ne reste plus qu’à espérer qu’une solution durable soit trouvée dans le plus bref délai.