Gestuelle stylisée, manipulation de bâtons, figures acrobatiques et chorégraphie sur un rythme de fanfare ou autres. Le twirling baton, une combinaison de gymnastique et de danse avec maniement du bâton est une discipline sportive inspirée des majorettes qui a été introduite au Queen Elisabeth College (QEC) en 1972 à l’initiative de feu Ginette Cabon. Disparue de l’animation locale pendant une dizaine d’années, soit après le départ à la retraite de cette dernière, cette discipline fait son grand retour grâce à deux ex-majorettes du QEC : Jennifer Ng et Corinne Lallman-Sit Yee, âgées de 44 et 41 ans respectivement, qui ont accueilli quelque 150 adhérentes en janvier 2014 dans le hall de l’établissement. Pour vulgariser cette activité réservée durant de longues années uniquement aux élèves du QEC, et donc qu’aux filles, les deux jeunes dames invitent filles et garçons à travers l’île à se joindre au club le Baton Twirling Mauritius. Leur but : promouvoir le twirling baton comme une discipline sportive, qu’elle devienne mixte et qu’elle dévoile de nouveaux talents. Retour sur une discipline apparue à Maurice il y a 42 ans, qui a connu une éclipse et qui renaît de ses cendres pour notre plus grand plaisir.
Au QEC, à Rose-Hill, début des années 1970, la majorette-tambour et le twirling baton sont introduits par Marie Thérèse Ginette Cabon, enseignante d’éducation physique. C’est en Angleterre où elle poursuivait ses études que cette dernière découvre pour la première fois et s’initie au twirling baton, combinaison de gymnastique et de danse avec maniement du bâton et qui nécessite concentration, dextérité, souplesse et rigueur. De retour à Maurice, elle n’aura de cesse de faire découvrir cette discipline à ses élèves. Bientôt, elle forme un équipe, “Les Baguettes d’Argent”. La première sortie officielle aura lieu au Champ-de-Mars le 12 mars 1973. Les majorettes-tambours habillées en uniforme militaire avec bottes et baguettes défilaient alors pour la première fois au rythme d’une fanfare. À cette époque, pour réaliser les bottes et chapeaux, Ginette Cabon avait retenu les services d’un certain M. Etiennette, cordonnier réputé de Rose-Hill. Leur premier spectacle fait mouche, une foule émerveillée découvre la grâce et la dextérité de ses “majorettes” (mot qui jusqu’alors n’évoquait rien pour la plupart). Très vite, elles deviennent très prisées. Les “Baguettes d’Argent”, comme on les nommait alors, sont sollicitées lors de fêtes privées, et participent à de nombreuses représentations populaires : Jeux de l’avenir, fête de l’Indépendance, intercollèges, gala night, fancy-fairs, fête des enfants et plus tard aux Jeux des îles de 1985. C’en était fait, les majorettes étaient devenues déjà incontournables. On se souvient encore du traditionnel défilé de majorettes transmis chaque année, le 12 mars, à la télévision et qui faisait la beauté de cette cérémonie : un moment de grâce avant le rigide défilé des militaires en armes…
Marie Thérèse Ginette Cabon consacra une trentaine d’années ainsi, bénévolement, à former des majorettes au QEC — faisant miroiter cette rassurante image que l’intelligence n’excluait pas forcément les aptitudes physiques — puis elle prit sa retraite en 2003. L’absence de relève fit que le twirling baton, petit à petit, tomba dans l’oubli.