Triste constat pour le Plaza au bout de cette année 2011 : l’arrêt des travaux de rénovation par manque de fonds, avec pour conséquence la prolongation de la fermeture du théâtre pour une durée indéterminée. Si la location du théâtre ne rapportait pas gros dans les caisses de la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill, en revanche, celle de la Salle des Fêtes représentait une source de revenus importante pour cette collectivité locale. « Il y a un gros manque à gagner de ce côté-là », avouent les responsables de la mairie.
Le conseil municipal, en poste depuis 2005, a peiné encore une fois durant l’année écoulée pour trouver l’argent nécessaire afin de faire avancer les travaux de rénovation de cet édifice qui abrite le Théâtre du Plaza, la Salle des Fêtes et les bureaux administratifs. La municipalité estime à Rs 457 millions le coût des deuxième et troisième phases du projet. Les dons promis par le gouvernement central se font attendre tandis que le Plaza Appeal Fund reste désespérément vide. Inquiets de la stagnation des travaux, les députés de l’opposition ont montré un intérêt à ce dossier durant cette année au parlement.
À la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill plus d’un est conscient de la lenteur de l’exécution de ce projet. Cependant, des conseillers municipaux se vantent d’avoir pu sauver au moins la toiture de ce bâtiment historique. « La toiture était la partie la plus sensible et nous avons réussi à la réhabiliter. L’eau ne pénètre plus », dit Norbert Froget, le maire des villes soeurs.
Seule consolation pour la municipalité en cette fin d’année : une communication du ministère des Finances l’informant de l’approbation pour une somme de Rs 67 millions pour réaliser la deuxième phase de la rénovation. Ce ministère déboursera aussi une somme additionnelle de Rs 7 millions pour la mise en place du dispositif nécessaire et qui va permettre à la municipalité de faire par la suite une demande de police d’assurance pour le bâtiment.
À présent qu’ils sont assurés de cette somme de Rs 67 millions, les responsables municipaux vont se hâter pour la réalisation de cette deuxième phase qui concerne la réhabilitation de la façade du bâtiment et la remise à neuf de la Salle des Fêtes. Sur un ton affirmatif, le maire Norbert Froget évoque d’ailleurs la réalisation de la deuxième phase dans le courant de l’année prochaine, mais ne veut pas se prononcer sur la troisième phase, qui a trait à l’intérieur du théâtre. « Dès le début de l’année, nous allons nous atteler à la préparation des documents pour l’appel d’offres pour réaliser cette deuxième phase », soutient-il.
Une des raisons pour laquelle la mairie veut mettre les bouchées doubles, c’est que cette Salle des Fêtes est très sollicitée tout au long de l’année par les personnes de toutes les régions du pays et, de ce fait, sa location représente une bonne source de revenus. Généralement, les demandeurs, par précaution, réservent une place deux ans en avance. Le prix de location de cette salle municipale avant sa fermeture, dépendant du nombre d’heures, était de Rs 8 000 à Rs 10 000. « Avant la fermeture, cette salle nous rapportait pas moins de Rs 1,5 million par an. Définitivement, il y a un gros manque à gagner dans les caisses de la municipalité depuis que la salle est hors service », soutient un responsable de la mairie. Une fois la salle rénovée, il n’y a aucun doute que le prix de location sera revu à la hausse. « Il faut impérativement rouvrir cette salle pour avoir un peu de rente qu’on pourra injecter dans la troisième phase », pense le maire. À quel prix ? « On ne pourra louer à moins de Rs 18 000 », dit un cadre.
L’on apprend aussi que la mairie reviendra en début d’année avec son idée de l’organisation d’un télédon pour collecter de l’argent pour la rénovation de l’intérieur du théâtre. Il semblerait que quelques firmes et quelques individus auraient signifié leur intention de contribuer financièrement à ce projet touchant le patrimoine et la culture. « Il faut faire les choses dans la transparence et c’est pour cette raison que nous avons pensé revenir avec cette idée de télédon dès le début de 2012 », explique Norbert Froget.