Le contrôle régulier des marchands ambulants à la tombée de la nuit et pendant le week-end à Rose-Hill par les inspecteurs municipaux pourrait être contrarié par les contraintes budgétaires de paiement des heures supplémentaires du personnel concerné. Les implications financières ont été évoquées hier lors d’une réunion municipalité/police/Associations des Commerçants de BB/RH. Norbert Froget, le maire, qui ne veut pas baisser la garde contre les activités commerciales illégales, souligne la responsabilité de la police également pour faire respecter un jugement de la Cour suprême.
L’Association des commerçants de Beau-Bassin/Rose-Hill note un relâchement ces derniers temps de la part des autorités dans le contrôle des activités illégales des hawkers opérant en centre ville. D’où la rencontre qu’elle a sollicitée avec la municipalité et la police pour avoir des explications sur le non-respect de deux jugements de la Cour suprême contre les activités illégales des marchands ambulants. La réunion a eu lieu hier après-midi en présence de quelque 70 commerçants de la ville. Cette rencontre a été ponctuée de pointes d’agacement de la part des commerçants. « Nous sommes satisfaits du déroulement de cette réunion tant au niveau de la participation de nos membres que des échanges. C’est vrai qu’il y a eu par moments un peu d’énervement et que des membres ont exprimé un sentiment de frustration car nous passons par des moments bien difficiles. Mais dans l’ensemble, la réunion s’est déroulée sur un ton correct », affirme Prakash Permala, président de l’Association des Commerçants.
Les commerçants patentés se sont plaints hier auprès des autorités d’un retour très visible des marchands illégaux après 16 h et durant le week-end. La municipalité aurait-elle baissé la garde en attendant le retour de la saison des fêtes de fin d’année ? « Nous voulons bien continuer à attaquer mais nous n’avons pas le soutien de la police. Je rappelle que le jugement de la Cour en faveur de l’Association des Commerçants est contre la municipalité et la police », souligne Norbert Froget, le maire. « La police a aussi une part de responsabilité en vue de faire respecter ce jugement. »
Pour assurer le contrôle en centre ville s’agissant des marchands ambulants entre autres activités, la municipalité compte un effectif de 16 personnes. Quant au monitoring nocturne, une équipe de pas moins de six employés du Département de la Santé est dépêchée.
Le maire a expliqué hier aux commerçants en colère que ces inspections après les heures normales de bureau engloutissent le budget alloué à l’item « overtime » pour l’ensemble des départements municipaux. « Ces contrôles nocturnes coûtent beaucoup d’argent à la mairie et nous ne pouvons donner tout l’argent des heures supplémentaires uniquement aux employés du Département de la Santé publique. Nous devons aussi en prévoir pour les employés qui font du overtime dans d’autres secteurs comme par exemple pour l’organisation des activités sociales, culturelles et sportives à l’intention des habitants », explique Norbert Froget.
Au Mauricien, qui l’interrogeait ce matin sur le montant maximal déboursé en une année pour le overtime en rapport avec le monitoring des marchands ambulants, le maire avance une la somme de quelque Rs 1,5 million ! Norbert Froget ajoute que si la police ne prend pas le relais des inspecteurs municipaux à la tombée de la nuit, les marchands dans l’illégalité continueront à envahir le centre ville. Bousculés par les nombreuses interrogations des commerçants lors de la réunion, les représentants de la police ont encore une fois donné l’assurance qu’ils collaboreront avec la municipalité pour faire respecter la discipline.
Par ailleurs, les associations de commerçants patentés de Curepipe, Port-Louis et Rose-Hill se sont constitués en un Front commun en vue d’une action plus percutante contre les activités commerciales illégales qui nuisent à leurs affaires.