C’est un Daniel Gérard écoeuré qui a animé une conférence de presse hier, au restaurant Beach Shack à Flic-en-Flac. Le point de discorde : les Championnats du monde de beach-handball U17, qui auront lieu du 11 au 16 juillet. Le membre de comité d’organisation et président sortant de l’Association mauricienne de handball (AMH) a tiré à boulets rouges sur le gouvernement et les firmes privées, et ce sans langue de bois.
« I am really pissed off ! », a lancé d’emblée Daniel Gérard, président de l’AMH. À dix jours des Championnats du monde de beach handball U17, qui se tiennent à Maurice, les organisateurs éprouvent toujours des difficultés à réunir les Rs 15 millions nécessaires pour accueillir cet événement sportif planétaire. Jusqu’à présent, seul l’International Handball Federation (IHF) a apporté un appui financier considérable de Rs 12 millions. Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) et le ministère du Tourisme ayant respectivement contribué Rs 930 000 et Rs 50 000. Des sommes jugées insuffisantes par Daniel Gérard, qui estime que le régime politique au pouvoir est capable de faire beaucoup mieux. « J’ai du mal à croire que le gouvernement ne peut pas débourser Rs 20 millions, alors que pour la campagne électorale, il peut dépenser sans compter », observe-t-il.
Selon lui, c’est l’image de Maurice dont il est question avant tout. « À plusieurs reprises j’ai essayé d’avoir une réunion avec le Premier ministre. Mais à chaque fois il s’est montré inaccessible. Idem en ce qui concerne le ministre du Tourisme (ndlr: Anil Gayan). Pour une compétition de cette envergure, où Maurice sera placée sur la carte mondiale, le gouvernement Lepep ne veut pas nous apporter son soutien financier ? Quelque 700 touristes seront présents et les officiers du ministère sont en possession du dossier depuis six mois. Mais ils nous font la sourde oreille. Je ne suis pas d’accord avec ce laxisme gouvernemental », fustige Daniel Gérard.
Vingt pays étrangers seront à Maurice pour disputer ce tournoi, qui sera une étape qualificative pour l’Olympic Youth Games 2018 à Buenos Aires, en Argentine. Certaines nations, comme la Chine, le Portugal et le Venezuela, commencent à arriver à partir de ce jeudi. Compte tenu de l’ampleur de ces mondiaux, l’annuler est inconcevable pour les organisateurs. Au cas contraire, les Mauriciens se verront infliger une amende de Rs 15 millions à régler auprès de l’IHF.
« Nous ne pouvons annuler »
Le Turque Burak Tezcan, délégué de l’instance internationale, se dit « inquiet » et surtout « impuissant » à ce stade. « Je suis déçu par la tournure des événements. Le soutien du gouvernement est vital. Sans leur coup de main, le projet est voué à l’échec. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir. J’espère que les choses s’arrangeront très prochainement, car nous ne pouvons pas annuler. Les mondiaux doivent se faire à tout prix », fait-il ressortir.
De son côté, Jimmy Anthony, directeur de l’organisation, via un courriel envoyé tard dans la soirée d’hier, a fait la déclaration suivante : « je me suis battu depuis le début pour ce projet. Nous avons eu plusieurs sessions de travail avec toute une équipe presque une année. Nous sommes à 10 jours de la compétition et nous avons, comme vous le savez, des soucis qui doivent être résolus ».
Il indique que : « Le but de la conférence de (hier) matin était d’exprimer une frustration certes, mais aussi d’informer l’importance de cette compétition dans un esprit de conciliation avec les autorités ». Jimmy Anthony estime toutefois que « le rentre-dedans du président n’est pas pour aider les choses. C’est son style, on peut le respecter. Toutefois, je me dissocie de la tenue des propos, car je respecte aussi les institutions et travaille dans le secteur privé, qui a aussi été évoqué. La portée de l’intervention est bien dans un contexte de frustration, mais nous devons chercher une conciliation, et non une confrontation. » Entre-temps, Impact Production a déjà entamé l’aménagement des gradins à Flic-en-Flac. Contacté hier par téléphone, le ministre de la Jeunesse et des Sports a, par le biais de son attaché de presse, déclaré que « cette situation a été réglée ».