Contre vents et marées, et malgré les nombreux obstacles, le défi d’avoir pu organiser la première édition de la Coupe du Monde de beach handball sur le sol mauricien a pu être relevé. Si l’incertitude régnait encore à 72 heures du coup d’envoi, l’intensité des rencontres et la lutte pour décrocher les places qualificatives en vue des Jeux Olympiques de la Jeunesse ont prédominé au fil des jours. Tant et si bien qu’après le sacre des Espagnols et des Hongroises, le magnifique feu d’artifice sur la plage de l’hôtel Villas Caroline a clôturé cette belle fête sportive en apothéose.
Malheureusement, on ne verra pas de sitôt et sans doute jamais à Maurice une manifestation d’une telle envergure, spectaculaire et attrayante à souhait, au niveau du handball. Et ce, surtout en raison du manque de crédibilité désormais affiché vis-à-vis de la Fédération internationale de handball (IHF) dont les dirigeants ont ouvertement affiché leur exaspération et leur frustration. Alors que certains membres du comité organisateur avaient déserté le bateau qui prenait l’eau de toutes parts, d’autres ont tenté de sauver ce qui pouvait encore l’être. C’est tout à leur honneur, mais la situation financière entourant cette manifestation est loin d’être résolue. Aujourd’hui, les membres du comité organisateur institué l’année dernière doivent sûrement regretter l’absence de collaboration avec les autorités concernées et les médias. Le fait de n’avoir pu vendre un tel produit aurait pu avoir des répercussions encore plus néfastes sur l’image du pays.
Il ne faudra également ne pas passer sous silence l’amateurisme de ceux qui s’occupaient du dossier du déplacement des huit joueuses venant de Rodrigues. Voilà une équipe hôte obligée de déclarer forfait lors de sa première sortie face à la Chine et dont l’escouade ne s’est trouvée au complet que 17 minutes avant le coup d’envoi de la deuxième rencontre face au Paraguay. Inimaginable, car un nouveau forfait aurait signifié une élimination pure et simple des JO de la Jeunesse. Pourtant des équipes sud-américaines et de l’Océanie ont pu parcourir des milliers de kilomètres pour être présentes dans les délais prescrits. Il reste maintenant à espérer que les sélections mauriciennes, qualifiées pour le rendez-vous argentin, aient la meilleure préparation voulue en vue de cette échéance. Le nouveau comité directeur de l’Association mauricienne de handball, qui verra le jour à la fin de ce mois, devrait en faire une de ses priorités.
Le remarquable travail de la centaine de volontaires, l’efficacité de l’équipe de production et le professionnalisme des délégués de l’IHF ont été par contre des aspects positifs à être mis en lumière. Il en a été de même pour la présence d’un nombreux public qui avait garni les gradins pour les rencontres cruciales. Tout aurait été parfait sans l’excès de zèle démontré par certains éléments de la sécurité et l’absence remarquée des principaux acteurs du sport mauricien lors d’une dernière journée de compétition riche en couleurs. Au bout du compte, on n’a pu que se réjouir d’un tel spectacle. Cela a permis de sauver la face.