Maurice pourra-t-elle tenir son engagement pour l’organisation de la première édition de la Coupe du Monde -17 ans de beach handball ? À exactement une semaine du coup d’envoi de cette manifestation prévue sur la plage de Villas Caroline à Flic-en-Flac, la situation est loin d’être au beau fixe au niveau organisationnel. Surtout avec une somme de Rs 15 millions à être trouvée dans les plus brefs délais. La réunion du comité organisateur prévue ce soir risque donc d’être déterminante.
« Une décision importante sera prise ce soir. Les membres du comité organisateur ont planché dur au cours de ces derniers mois, et aujourd’hui, nous nous retrouvons au pied du mur », nous a fait comprendre Daniel Gérard, président de l’Association mauricienne de handball (AMH), ce matin. Cette déclaration fait suite à cette sortie en règle qu’il avait effectuée au cours d’une conférence de presse tenue samedi à Flic-en-Flac. Il n’avait ainsi pas mâché ses mots à l’encontre des ministères de la Jeunesse et des Sports, et du Tourisme, et du secteur privé.
Reste qu’un éventuel forfait de dernière minute de Maurice en tant que pays organisateur risque d’avoir des conséquences graves. Notamment avec des sanctions financières de la Fédération internationale de handball et un veto sur l’organisation d’autres compétitions internationales. Sans oublier que l’image du pays prendrait un sérieux coup dans la presse internationale. Contacté ce matin, Jimmy Anthony, directeur du projet, nous a fait savoir qu’il ne pouvait se prononcer sur la situation actuelle, étant donné que d’autres démarches étaient prévues en cours d’après-midi.
Pour en revenir à la conférence de presse de samedi, Daniel Gérard avait exprimé son indignation sur le fait que cette compétition d’envergure, étant qualificative pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse prévus l’année prochaine, n’ait pas bénéficié jusqu’ici de la considération voulue des autorités concernées. « Cette indifférence se trouve être déconcertante. La contribution du gouvernement est infime. » Il en veut pour preuve la demande de Rs 10 millions effectuée auprès du MJS et la somme de Rs 968 000 obtenue jusqu’ici, tandis que le ministère du Tourisme n’a contribué que Rs 50 000. De plus, il soutient que ses démarches effectuées pour rencontrer le Premier ministre, Pravind Jugnauth, sont demeurées vaines.
« Le gouvernement aurait dû être partie prenante de cet événement, d’autant que nous accueillerons des équipes venant des quatre coins du monde. Personne ne veut bouger le petit doigt. Est-ce ainsi que le sport pourra être développé ? » s’est demandé le président de l’AMH. Ce dernier souligne également que ce projet a été soumis aux autorités depuis plus de six mois et qu’une somme de Rs 15 millions doit être trouvée. Qui plus est, les délégués de la Fédération internationale de handball sont attendus à partir de jeudi, tandis que des équipes, surtout celles de l’Amérique du Sud, ne devraient pas tarder à mettre le cap sur Maurice.
Pour ce qui est du secteur privé, Daniel Gérard demeure d’avis que plusieurs grosses boîtes, dont des institutions bancaires, n’ont pas joué le jeu. « Tout cela n’est pas normal. Nous avons soumis des dossiers au Corporate Social Responsibility, mais aucune réponse n’a été obtenue. Tout ce mutisme me pousse à me poser des questions. » Il est à noter que les commanditaires qui se sont manifestés ont été PhoenixBev, United Basalt Products, Exotica et IT Solvz. Toujours est-il qu’il est fort à parier que cette sortie en règle n’a sans doute fait qu’envenimer la situation et fermer d’autres portes.
Contacté hier après-midi, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, s’est de son côté dit déçu du ton employé par Daniel Gérard. Selon lui, il demeure illogique que son ministère soit pointé du doigt. « Nous avions une réunion avec les membres du comité organisateur le mois dernier, et nous avions décidé de débloquer des fonds et même d’apporter une aide additionnelle, notamment au niveau du transport. Maintenant, si le dossier a été mal préparé, c’est beaucoup trop facile de venir jeter le blâme sur le MJS et les autres institutions. »
Il est également à noter que Jimmy Anthony, bien que présent à ce point de presse, a tenu en fin de soirée, samedi, à se dissocier des propos tenus par Daniel Gérard.