Place aux choses sérieuses pour les beach volleyeuses mauriciennes qui défendront le quadricolore national lors de la Continental Cup cette semaine (11-18 avril), dernière étape qualificative en vue des Jeux Olympiques de Rio, prévue au mois d’août prochain. Les paires Angélique Ramdoss/Vanessa Chellumben et Heidy Durhone Bauda/Maïta Bassy mettront aujourd’hui le cap sur Abuja en compagnie du secrétaire de l’Association mauricienne de Volley-Ball (AMVB), Kaysee Teeroovengadum et du conseiller technique de la Confédération africaine de volley-ball, Reza Itoola.
La partie ne sera pas de tout repos pour nos représentantes qui croiseront le fer avec le Mozambique, le Kenya, le Maroc, le Sierra Leone, la Gambie, le Ghana, le Burkina Faso, l’Egypte, le Rwanda, la Namibie et le pays hôte (Nigeria). Un seul ticket pour Rio sera en jeu. Les joueuses mauriciennes auront la lourde responsabilité de rejoindre Natacha Rigobert et Élodie Li Yuk Lo, elles qui s’étaient qualifiées pour les JO de Londres en 2012. En ont-elles les capacités ?  Pour rappel, en mai 2012, Rigobert et Li Yuk Lo avait créé l’exploit de se qualifier pour les Olympiades en remportant la phase finale de cette Continental Cup, qui avait eu lieu au Rwanda. En finale, elles avaient battu la paire Kényane au Golden Set (15-7) après avoir été à égalité à 2 victoires partout.
Toutefois, Rigobert et Li Yuk Lo étaient des joueuses aguerris, expérimentées, qui participaient régulièrement à des compétitions internationales. Mais Reza Itoola, conseiller technique, a tenu à préciser que le coup était jouable. « C’est la première fois que nous possédons deux équipes aussi complémentaires avec d’un côté Ramdoss/Chellumben et de l’autre Durhonne/Bassy. Elles sont bien armées  au niveau mental et technique et elles seront très difficiles à battre, je peux vous l’assurer. Elles se sont beaucoup entraînées en vue de cette compétition et elles ont pris part à beaucoup de tournois, notamment la MVBA National League et la Republic Cup entre autres », a-t-il fait ressortir. Il a soutenu, « 12 nations seront engagées et Maurice sera la tête de série no 5. Je suis dans le giron africain depuis 2011 et je m’y connais un peu en ce qu’il s’agit des forces en présence. Le Mozambique a une équipe relativement jeune et inexpérimentée alors que le Kenya est prenable, tout comme le Nigeria. Il faudra aborder toutes les rencontres en restant disciplinés et concentrés. »
Chellumben/Ramdoss, une équipe qui gagne
En ce qu’il s’agit des joueuses, la sérénité est au rendez-vous. S’entraînant plusieurs fois par semaine sur la plage de Flic-en-Flac, soit les mardis, jeudis, samedis ou dimanches depuis janvier sous la férule de Reza Itoola, elles ont bénéficié le mois dernier de l’expertise de l’Italien Carlo Verberti, de passage à Maurice. Lors de la semaine écoulée, les joueuses ont fait leurs gammes sur le terrain spécialement aménagé à l’Université de Maurice (Réduit). Week-End en a profité pour aller à leur rencontre et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles n’ont pas froid aux yeux et qu’elles ont hâte d’en découdre. C’est notamment le cas de la benjamine du groupe, Vanessa Chellumben (24 ans), qui en sera à sa deuxième expérience. « Nous nous sommes entraînées très dur et nous sommes toutes solidaires, l’une envers l’autre. C’est ce qui fait notre force. On y va pour prendre la médaille d’or et rien d’autre. Nous voulons à tout prix nous qualifier pour les JO et nous savons que nous avons les compétences requises pour réaliser un tel exploit. D’ailleurs, Reza Itoola et l’Italien Carlo Verberti nous ont mis dans d’excellentes conditions, que ce soit physique ou mental. Nous n’allons pas nous mettre de la pression. Il faudra juste y aller et faire le boulot », a-t-elle souligné.
Vanessa Chellumben évoluera avec Angélique Ramdoss (35 ans), qui fêtera son baptême de feu avec la sélection nationale, étant d’origine Malgache. « Pour ma part, c’est un véritable plaisir et un honneur de défendre les couleurs du quadricolore national. Je suis une compétitrice dans l’âme et la défaite ne fait pas partie de mon vocabulaire. Nous y allons comme des guerrières à la quête du précieux sésame. Avec Vanessa, nous nous entendons super bien car nous avons déjà évolué ensemble et nous nous distinguons aussi par notre esprit de combativité. Nous sommes très exigeantes l’une envers l’autre et nous repoussons à chaque fois nos limites. C’est notre force. Nous nous devons de nous adapter à nos adversaires en prenant les rencontres comme elles viennent avec un mental de conquérant. Pour ma part, je vais beaucoup sur le net pour étudier les joueuses sur youtube, surtout l’aspect tactique. Tout doit être pris en compte et il nous faut mettre toutes les chances de notre côté », a déclaré Angélique Ramdoss, qui pratique cette discipline sportive depuis l’âge de 20 ans. Notre interlocutrice a spécifié également que « peu importe les conditions dans lesquelles nous nous trouverons au Nigeria, nous devrons nous mettre dans une bulle et faire face à l’adversité. » À noter que Vanessa Chellumben et Angélique Ramdoss, qui s’étaient distinguées en remportant la ligue nationale haut la main, avec un sans-faute sur les quatre manches, pour un total de 400 points . Elles avaient d’ailleurs devancé les deux autres sélectionnées, Maïta Bassy et Heidy Durhone Bauda, qui avait pris la deuxième place avec 290 unités.
Maïta Bassy/Heidy Durhone Bauda, une amitié sans faille
Les deux autres sélectionnées, à savoir Maïta Bassy (36 ans) et Heidy Durhonne (36 ans), s’étaient distinguées à l’occasion de la Coupe de la République en prenant la mesure de Chellumben et Ramdoss en finale, (5-15, 18-16 et 15-7). Qui plus est, elles avaient intégré la présélection tardivement, soit après la Coupe de La République. Elles abordent toutefois la compétition sereinement, étant des amies fusionnelles, qui se connaissent depuis l’âge de 12 ans, ayant effectué leur parcours secondaire ensemble. « Nous sommes comme deux  soeurs et notre force à nous, c’est qu’on se comprend sans avoir le besoin de parler. Il faut dire que nous avons une belle alchimie », a spécifié Maïta Bassy. Cette dernière avoue « avoir eu certaine apréhension de se lancer dans l’inconnu car je viens de débuter dans le beach-volley, étant plus habituée au volley-ball. Mais j’ai eu la chance d’être bien encadrée par Heidy et les autres coéquipières qui m’ont poussée à donner le meilleur de moi. Je me sens privilégiée et reconnaissante. La préparation était très intense et nous avons eu de bons sparring partners qui nous ont donné un bon coup de main à l’instar de Carlo Verberti et Pascal Ava. Le beach volley est un défi et avec la présence d’Heidy, nous allons continuer à nous faire plaisir en étant à la hauteur de la confiance placée en nous », a avancé Maïta Bassy.
Même son de cloche du côté de sa coéquipière, Heidy Durhone Bauda, qui est toutefois plus expérimentée, ayant déjà participé en 2012 à la phase finale au Rwanda. « Il faudra rester concentrées jusqu’au bout car les équipes d’en face auront beaucoup de répondant. Avec Maïta, nous avons une forte complicité et nous ferons le maximum. Nous sommes un groupe soudé et nous avons envie de faire honneur au pays. Nous nous devons de réaliser une belle performance. Je tiens à dire que l’ambiance au sein de l’effectif est extraordinaire. Nous devons sortir le grand jeu. »  À titre d’information, ce tournoi qualifie le pays qui remportera la finale (soit les deux paires engagées) alors que pour Rio, une seule paire aura droit d’y participer. La sélection mauricienne quittent le pays lundi et fera escale à Dubaï avant de gagner Abuja.