Les deux partenaires de Z + O Properties, Zoobair Timol et Dawood Timol, inculpés provisoirement pour le délit de « Conspiracy to Defraud » des ressortissants étrangers dans le Beachfront Villa Scam dans le Nord, sont attendus au QG du Central CID la semaine prochaine. Lors de leur arrestation dans ce scandale immobilier avec un préjudice évalué entre Rs 2 et Rs 3 milliards, les frères Timol, connus pour leur goût de grosses cylindrées, ont rejeté catégoriquement les accusations portées contre eux formellement par un Sud-Africain, Thomas Winter.
Au cours de ces séances d’interrogatoire s’échelonnant sur plusieurs jours, ils seront entendus sur divers aspects de leurs projets immobiliers, notamment The Bay et Le Jardin, de même que celui d’un centre commercial jusqu’ici avorté, CentrePoint, dans la région de Trianon. L’enquête portera également sur les procédures adoptées pour l’octroi de Pas Géométriques et de State Leasehold Lands à des promoteurs immobiliers dans des “prime zones” touristiques.
À ce stade de l’enquête, pas moins de huit professionnels, dont un notaire, concernés directement par ce scandale immobilier, ont été entendus par les limiers du Central CID suite à une déposition consignée le 29 octobre 2010 par une des parties victimes de ce réseau d’escroquerie immobilière. Néanmoins, suite à des points de droit soulevés par le notaire lors de son interrogatoire, les responsables du Central CID ont approché le Director of Public Prosecution’s Office en vue de décider de la marche à suivre.
Le Legal Advice du DPP devra permettre aux enquêteurs de la police de se prononcer sur le sort de deux notaires dont les noms sont cités dans le réseau des Timol. Ces professionnels du barreau soutiennent qu’ils n’ont rien à se reprocher et qu’ils n’ont fait qu’agir dans les paramètres de la loi en vigueur, en l’occurrence la Non-Citizens (Property Restriction) Act et la Registration Duty Act avant les amendements entrés en vigueur le 30 juillet 2009.
Les prochains rendez-vous des frères Timol au Central CID constitueront l’occasion de confronter les deux suspects sous caution aux graves accusations portées par les ressortissants sud-africains victimes de ce Turnstone Scheme. L’enquête de la police sera également axée sur les procédures et les démarches entreprises par les promoteurs immobiliers en question pour bénéficier du bail de Pas Géométriques et de State Leasehold Lands. Les éléments d’informations pourraient ouvrir d’autres avenues d’enquête que ce soit au niveau du ministère des Terres qu’à d’autres départements comme le Registrar General.
Messages d’urgence
L’enquête de la police a déjà établi que « two illegal transactions in respect of the sale of a freehold land at Pereybère and the sale of three villas to Malagasy nationals on freehold land at Grand-Bay ». Ces détails ont été révélés à l’Assemblée nationale, mardi, par le Premier ministre Navin Ramgoolam à la suite d’une interpellation du député du MMM Kee Cheong Li Kwong Wing.
Le décès subit, la semaine dernière, d’un des témoins clés du Beachfront Villa Scam, Robin Bosomworth, un ressortissant étranger, est diversement commenté au sein de la communauté étrangère installée à Maurice. Ce décès est intervenu à la veille de son retour à Maurice pour consigner sa version des faits dans ce scandale dénoncé publiquement et de manière répétée dans les colonnes de l’hebdomadaire Week-End depuis le dimanche 24 octobre 2010, il y a exactement 104 semaines.
Une des victimes du Beachfront Villa Scam, craignant pour sa sécurité dans la conjoncture, a préféré donner l’alerte en transmettant des messages d’urgence à des officiels du Foreign and Commonwealth Office et à des membres de la Chambre des Commune à Londres. Le message qui circule se lit comme suit : « I am not sure if you have heard but Robin Bosomworth died last week, suddenly and tragically, the day before he was due to come to Mauritius to give evidence in the Timols affair. I note that the Timol brothers have now been arrested. I do not know the cause of death but when I spoke to Robin ten days ago we had arranged to meet and he was in good form but afraid ».
Plus loin, le message e-mail fait état de menaces alléguées qu’aurait reçu Robin Bosomworth avec les développements dans l’enquête. « Perhaps it was the stress or perhaps coincidence », ajoute l’auteur du message, qui fait comprendre à ses interlocuteurs qu’il a préféré changer d’adresse dans les fiches du Passport and Immigration Office par mesure de sécurité.
Le message transmis aux membres de la Chambre des Communes réclame une intervention des autorités britanniques au plus haut niveau. « Given this information and the near suicide of Jason Barnard, is the British Government now going to issue a travel and investment warning in respect of Mauritius ? How many people must be scammed or die before they do ? » conclut l’auteur de ce message, qui se trouve actuellement à Maurice.