II y a une semaine, des feux ont éclaté dans des champs de cannes appartenant à la société de Beau Vallon Ltée sur la route de Blue-Bay. Résultat : une trentaine d’hectares de cannes prêtes à être récoltées et envoyées à l’usine sont parties en fumée, causant un manque à gagner d’environ Rs 4 M à cette société. Cette semaine, une coupeuse mécanique est engagée pour couper les cannes ainsi brûlées et les jeter.
Pierre-Yves Mongelard, Group Agricultural Manager de la société Beau Vallon Ltée, raconte au Mauricien qu’il y a eu plusieurs départs de feu qui ont allumé six ou sept foyers dans les champs. « Comme quoi, c’était fait on purpose », dit-il, avant d’ajouter que le temps que son équipe réagisse, ainsi que les pompiers de Mahébourg, « on a fini par perdre 3 000 tonnes de cannes ». « À Rs 13 000 la tonne de sucre par 300 qu’auraient produit ces cannes, c’est environ Rs 4 M de pertes de revenus bruts pour notre société et pour le pays. On a aussi perdu entre 100 et 150 tonnes de bagasse qui auraient servi à produire de l’énergie verte », souligne M. Mongelard, qui n’a pas de doute que ces feux ont été allumés « intentionnellement ».
Selon notre interlocuteur, les cannes dans la région sont belles cette année-ci et la société anticipait une bonne récolte en perspective après une année négative en 2015. « L’année dernière, il y a très peu d’incendies, l’année d’avant un peu plus. Il y en a tous les ans, mais on n’a jamais attrapé de pyromane », dit-il.
Pierre-Yves  Mongelard estime qu’il n’y a rien à faire sur cette trentaine d’hectares si ce n’est de couper les cannes brûlées et de les abandonner dans les champs. « Il faut les couper rapidement parce que la souche va finir par pourrir. Si on ne le fait pas dans les temps, on va devoir replanter ces champs plus tôt que d’habitude. La canne va pourrir », affirme-t-il.
La compagnie de Beau Vallon Ltée possède environ 2 400 hectares de terres agricoles qui s’étendent de Blue-Bay à Midlands. Elle emploie en permanence 330 personnes dans l’agriculture. Le groupe est aussi dans les hôtels et le foncier pour pallier, affirme Pierre-Yves Mongelard, « aux besoins de liquidités parce que la canne ne paie pas ». « On est obligé de faire des morcellements et de mettre en vente le patrimoine, on n’a pas le choix. Nous sommes dans la bonne moyenne à Maurice », déclare-t-il.