Samedi soir, à l’auditorium J&J à Phoenix, 12 jeunes filles se sont livrées à une âpre compétition, haute en couleur et en paillettes, pour remporter le titre de Miss Mauritius. C’est finalement Ameeksha Dilchand, une Curepipienne de 24 ans, qui devient la nouvelle ambassadrice de notre pays cette année, avec Shalini Panchoo et Ingrid Padaruth comme dauphines.
La salle de l’auditorium était quasiment comble samedi soir, pendant les trois heures qu’ont duré la finale de Miss Mauritius. L’ambiance était assez solennelle, preuve que les membres du public prenaient au sérieux cette cérémonie. Il faut dire que la salle paraissait intimidante ! Entre les écrans géants des deux côtés de la scène, les caméras de la MBC sur des rails qui montaient pour des prises de vues aériennes, les images retransmises sur les écrans, les pauses publicitaires ou encore les annonces de votes par SMS, on se serait cru à un enregistrement de “Nouvelle Star”.
Décor soigné
Le choix de l’auditorium pour l’édition de cette année a permis au comité organisateur de peaufiner le décor sans crainte des intempéries. Au centre de la scène, DJ Franky trônait dans sa cabine surélevée, avec des deux côtés des tentures dorées d’où sortaient les 12 finalistes lors de leurs passages. L’éclairage était moderne, sans tomber toutefois dans les excès : une grosse étoile aux néons bleutés au-dessus de la cabine, des colonnes de lumière, plusieurs boules lumineuses de différentes couleurs et tailles parsemées sur la scène, ainsi qu’une grosse flamme orange de chaque côté, apportaient une touche chaleureuse au décor, nous faisant complètement oublier l’habituel podium noir tout simple des défilés.
C’est du côté gauche de la scène que se sont placés les trois animateurs de la soirée, Clara Mootoosamy, Vanessa Obeegadoo et Palab Bose. Ce dernier a légèrement monopolisé la parole, au détriment de ses deux accompagnatrices, en s’embarquant parfois dans des longs discours sans grand intérêt, mais en même temps, cela permettait de gagner du temps, grand avantage pour les miss et les techniciens télé.
Prestations
C’est en sari que les douze finalistes ont ouvert le bal, avec la nouvelle collection de Touch India. Les saris en question étaient tous superbes, avec de belles couleurs, le juste dosage de brillants pour les rendre scintillants sans tomber dans l’ostentatoire. Les miss les portaient avec une belle élégance, beaucoup de classe et en même temps un petit côté sexy qui prouve bien que l’on n’a pas besoin de se dénuder pour plaire !
Sur les six passages effectués par les finalistes, seul celui en maillot de bain comportait une chorégraphie, orchestrée par Magalie Antoo, Miss Mauritius 2004. La danse était relativement simple, mais dynamique, et les miss se sont très bien débrouillées, rendant le spectacle homogène, bien synchronisé, et très agréable à regarder. Elles étaient toutes en noir, avec un long paréo noir, qu’elles ont finalement laissé tomber au grand plaisir des hommes de l’assistance.
Les autres passages relevaient plus du défilé de mode. Les participantes nous ont montré à quoi elles ressemblaient en tenues urbaines, en robes du soir et en robes de mariées. Les vêtements de ville, signés Samuel Yeung, un jeune styliste, étaient vraiment intéressants. Modernes, simples, mais en même temps originaux, les jeans ou encore les shorts étaient travaillés, avec des petits détails qui les faisaient sortir de l’ordinaire. Les modèles seyaient aux mannequins, qui étaient tous mis en valeur dans cette collection, ce qui n’était pas forcément le cas avec les robes du soir. Si certaines robes étaient élégantes, d’autres ployaient sous les frous-frous en tous genres, qui ne faisaient pas forcément le plus bel effet sur les finalistes. Le jugement du jury et du public aurait été grandement faussé si elles n’avaient pas les autres passages pour se montrer sous un meilleur jour.
Par contre, les robes de mariée d’Ashiana Fashion faisaient un bel effet sur nos miss, avec leurs petites paillettes qui les faisaient scintiller sous les projecteurs. Avec leurs grands sourires, leur air angélique et leur jeunesse, leurs mères, si elles étaient présentes dans la salle, ont certainement eu un gros serrement de coeur tant elles paraissaient toutes de belles mariées ! Pour rendre ce passage plus vivant et plus dynamique, Vincent Rousseau chantait sur scène, habillé en jeune marié, et les accompagnait l’une après l’autre sur le devant de la scène. Ce fut un joli passage, avec une petite touche romantique agréable, sans être trop fleur bleue pour autant.
Musique
Outre Vincent Rousseau, plusieurs invités se sont succédé sur scène pour une animation musicale. Les spectateurs ont ainsi pu assister à une prestation de Maïsta avec un séga assez morose. Les finalistes ayant récolté au préalable des fonds pour Lupus Alert lors d’une vente aux enchères, c’est Nancy Legrand qui a reçu le don, avant d’expliquer comment elle lutte contre cette maladie depuis 10 ans. Elle a ensuite effectué un duo avec son mari Franco, When I fall in love.
Mais la véritable révélation parmi les invités était sans conteste la petite Jane Constance. Cette petite aveugle a débarqué sur scène, toute timide et toute frêle. Puis elle a commencé à chanter, et là, c’était simplement stupéfiant ! Elle a une voix incroyable, forte, bien placée, une vraie voix de grande femme qui scotche littéralement le spectateur. D’ailleurs la réaction a été unanime. C’est d’un seul mouvement que toute la salle s’est levée pour lui faire une standing ovation, qu’elle n’a malheureusement pas pu voir. Mais on espère qu’elle aura ressenti cette énergie. Un moment très fort, peut-être même le moment le plus fort de toute la soirée.
Les musiques utilisées dans les différents passages des miss étaient bien choisies, à deux exceptions près : la musique de Star Wars pour les adieux de Laëtitia Darche, Miss Mauritius 2010, histoire de donner un côté mélodramatique qui paraissait au final exagéré, et les accords de Pirates des Caraïbes lors de l’annonce des cinq finalistes. Signalons également que le niveau sonore était un peu trop élevé dans la salle, ce qui parfois gênait le spectateur.
Cela n’a pas empêché le public d’apprécier la soirée et de réagir. Il est clair qu’une grande partie du public était composée des amis et de la famille des participantes : selon les différents passages des finalistes, une différente partie du public se mettait à crier et applaudir. Bref, une ambiance bon enfant.