Quelque 150 appels par mois émanant de personnes à tendance suicidaire. Un chiffre alarmant communiqué par Befrienders Mauritius, une association oeuvrant pour la prévention du suicide à travers un système d’écoute téléphonique et d’activités variées. Aujourd’hui, Befrienders a décidé de renforcer son équipe. Raison pour laquelle elle a lancé une campagne de recrutement.
Bien que les chiffres soient élevés, Sheila Cheekhoory, présidente de l’association, estime les résultats positifs. Pour la présidente de l’association, le nombre d’appels reçus ne lui font en effet pas peur, car ceux qui risquent de faire une tentative de suicide prennent le temps de se tourner vers l’association pour exposer leur problème. Revenant sur ces chiffres, notre interlocutrice indique avoir noté une légère hausse à l’approche des examens, mais aussi pendant la période de la proclamation des résultats scolaires ou encore pendant les fêtes. Dans les deux premiers cas, elle estime que le stress peut justifier la détresse des appelants. Constat différent pour les fêtes, où ceux appelant l’association ressentent généralement le vide d’un proche mort ou disparu. Bien que disposant du soutien d’une cinquantaine de bénévoles, Befrienders Mauritius espère cependant relever le niveau de ses services en matière de prévention du suicide, et ce par le biais d’une campagne de recrutement. « Nous n’avons jamais assez de bénévoles. Nous avons beaucoup de travail à abattre », déclare Mme Cheekhoory, qui soutient que la campagne de recrutement a lieu tous les deux ans.
Les volontaires sont appelés à procéder à un système d’écoute téléphonique tout en mettant en place des campagnes de sensibilisation dans les écoles et auprès du public. Ceux qui sont dirigés vers le service d’écoute travaillent selon des horaires flexibles, dépendant évidemment de leurs occupations quotidiennes. « Nous offrons un service d’écoute téléphonique entre 9 h et 21 h tous les jours. D’ailleurs, nos volontaires travaillent durant des tranches de trois heures par jour. Nous avons ainsi une équipe disponible de 9 h à midi, de midi à 15 h, de 15 h à 18 h et, la dernière, jusqu’en fin de soirée », indique la présidente. Et de faire ressortir que « pendant la journée, nous avons des volontaires qui sont à la retraite alors qu’en soirée, ce sont plutôt de jeunes professionnels ». Befrienders Mauritius reconnaît toutefois que certains bénévoles ne continuent pas leur parcours dans l’association pour des raisons professionnelles. Critère essentiel pour les postulants : savoir écouter. « Il faut nous assurer que le bénévole qui souhaite s’engager n’a aucun problème auditif et qu’il soit majeur. S’il répond à ces deux critères, il bénéficiera d’une séance de formation dispensée par Befrienders pendant dix semaines au collège Bon et Perpétuel Secours (BPS), situé à Beau-Bassin. Durant notre formation, l’aspirant bénévole devra prendre note des conseils prodigués principalement pendant le système d’écoute. Il est important que celui qui écoute n’attaque pas celui ou celle qui est à l’autre bout du fil », explique Sheila Cheekhoory.
Et de poursuivre : « Certes, il est important de demander si la personne est suicidaire, mais avant tout il est important que le bénévole sache quant et comment régler la question. » En attendant l’enregistrement des bénévoles, Sheila Cheekhoory vante la diversité du personnel déjà en service. Une séance d’informations destinée au public sera dispensée le samedi 1er mars au BPS, à Beau-Bassin. Les activités démarreront à 13 h.