Begum Nageon de Lestang, cadre du ministère seychellois de l’Environnement et point focal du projet ISLANDS aux Seychelles, estime que le changement climatique provoque plus d’inondations dans son pays et que cela affecte déjà la vie de la population. Elle répond à quelques questions dans le cadre de la préparation de la troisième conférence des Nations unies sur les Petits États Insulaires en Développement (PEID) prévue aux Samoa en septembre prochain.
Quels sont les principaux problèmes qui affectent le développement durable dans votre pays ?
Pour les Seychelles, c’est de trouver le financement. Nous avons une stratégie nationale, la Seychelles Sustainable Development Strategy pour le développement durable. Nous avons déjà commencé à l’implémenter mais le problème c’est qu’on n’a pas assez d’argent pour financer les projets.
Quels sont ces projets ?
Nous avons en tout 13 projets qui couvrent tous les secteurs — allant du social à l’économie en passant par l’environnement qui sont les trois axes du développement durable. Il y a aussi le changement climatique, l’éducation et la sensibilisation, la pêche, le tourisme, la biodiversité et la conservation de l’environnement.
Comment le projet ISLANDS a-t-il été bénéfique à votre pays et à votre population ?
Nous avons eu beaucoup de formation grâce au projet ISLANDS. Auparavant, il n’y avait rien de concret même si les Seychelles travaillent depuis 20 ans dans la conservation de l’environnement. Nous avons eu pas mal de formation ; maintenant, il nous faut des actions concrètes sur le terrain. ISLANDS nous a aussi apporté de nouveaux outils technologiques pour mieux gérer la conservation de l’environnement et le développement durable.
Avez-vous des contraintes ?
Les Seychelles ont une population d’environ 80 000 habitants mais il nous manque des personnes-ressources. C’est un problème réel dans notre pays. Nous avons besoin de personnes-ressources du côté technique pour faciliter la bonne marche de nos projets. Jusqu’ici, nous avons fait pas mal de travail du côté des récifs, des risques et des catastrophes car nous ne pouvons arrêter le changement climatique. Il vaut mieux s’adapter.
Les Seychelles ont annoncé un grand projet sur le développement durable qui va être lancé aux Samoa en septembre. Qu’en est-il exactement ?
Oui, le Western Indian Ocean Coastal Challenge (WIOCC) est soutenu par ISLANDS en termes de logistique. Le changement climatique provoque plus d’inondations et cela affecte la vie de la population. Ce projet nous aide à sensibiliser la population sur la question d’assurer les maisons et les infrastructures en cas de catastrophes. Il faut la sensibiliser sur cette question car les Seychellois n’ont pas eu vraiment de problèmes graves dans le passé avec le changement climatique. L’assurance commence à entrer dans la culture seychelloise. Il nous faut assurer nos biens contre les catastrophes et ne pas dépendre entièrement du gouvernement, qui s’occupe déjà des biens publics, des routes et d’autres infrastructures publiques.
Partagerez-vous cette initiative avec les Petits États Insulaires en Développement (PEID) ?
Oui, nous allons présenter cette initiative à la conférence des PEID aux Samoa. Pour l’instant, ce n’est qu’une vision et il n’y a pas encore d’activités concrètes. Nous accordons beaucoup d’importance à cette initiative.