Dans « La Traversée », le deuxième album d’une trilogie entamée avec « Naissance », les claviers et autres instruments fusionnels de Belingo Faro synthétisent les multiples facettes d’un musicien-auteur-compositeur à l’attitude intense, explorateur de nouvelles voies sonores, et dressent un pont entre le séga et d’autres formes de musique. Le répertoire est entièrement nouveau : des chansons en français dont les textes sont signés Mélusine, les autres en versions instrumentales. Nous avons fait pour vous une première écoute de la maquette dans son petit studio.
Si « La Traversée » respecte la cohérence de ses autres productions, ce disque est un hommage à la langue française. Un hommage en plusieurs mouvements, et les participations de Philippe Thomas (Trompette), Samuel Laval (Sax). Belingo Faro, aux claviers, chante pour la première fois sur cet album. Il joue aussi de la basse, de la batterie. « La Traversée » esquisse le retour à la musique après une fracture de la main. Un retour en force pour un musicien connu pour son souci constant de l’élargissement sonore.
Avec « Naissance », le défi résidait dans une confrontation avec d’autres musiciens pour créer un ensemble musical, beaucoup d’improvisations et l’élargissement de l’univers sonore avec de nouvelles combinaisons rythmiques.
Belingo Faro s’envole au-delà des rythmes que l’on connaît, le blues, le jazz mais le séga est toujours présent en arrière-plan. Belingo aime quand l’orchestration nous emmène ailleurs et c’est en ajoutant plein de couleurs différentes qu’il arrive à créer quelque chose d’original. Onze morceaux donc sur ce nouvel album et des textes de Mélusine, mais aussi les voix de Gina Jean Charles, Michèle Faro et Sébastien Margéot. Le temps d’énoncer son projet Belingo évoque une musique qui vient de la terre et de la mer et aussi un hommage à l’humanité. Enregistré en onze semaines « La Traversée » revisite les empreintes multigenres de l’auteur. « Salsaga, un des titres de l’album, rend hommage à la terre où le musicien est né… là où il courait dans les champs. Belingo déclare qu’après une période d’expérimentation, ses morceaux revisitent la vie concrète. A travers le côté rythmique de sa musique, il y a une liberté de parole et d’expression. C’est en puisant dans les forces rythmiques qu’il parvient à la beauté d’un projet qui comprend certains morceaux composés depuis une vingtaine d’années. Côté transes rythmiques, il faut mentionner ce titre : « Cet état de blues ». Le tabliste Nada Cunden apporte des accents orientaux à une aventure collective. Et puis, il y a « A Ernest », un hommage à son ami musicien (généreux en musique et sans a priori, dit-il) dont il qualifie la démarche ainsi : « Ernest a révolutionné la musique mauricienne en termes d’harmonie, chose pas courante ici… Il a amené la compréhension du jazz et l’harmonie et son ouverture a fait école… » « La Traversée », c’est aussi l’ouverture d’esprit et la culture nécessaires à une collaboration avec les musiciens locaux (Olivier David dans une partie solo sur « Le bal des profondeurs », Sébastien Margéot, Linley Marthe. Ces jeunes apportent fraîcheur et énergie à une musique que Belingo Faro veut toujours plus riche.