Les étudiants rodriguais de Maurice ont pu samedi avoir une rencontre interactive avec le Deputy Chief Commissioner Franchette Gaspard-Pierre Louis au Rajiv Ghandi Science Center, à Bell-Village. Parmi les sujets abordés : la question du “stipend” et le côut du logement, entre autres. Tout en mettant l’accent sur leur désir de retourner dans leur île, certains étudiants veulent toutefois d’abord s’assurer que l’emploi qu’ils y obtiendront sera à la hauteur de leur qualification. Franchette Gaspard-Pierre Louis leur a demandé d’être « créatifs » car, dit-elle, « Rodrigues a besoin de ces étudiants ».
Serge Clair étant retenu à Port-Mathurin avec le secrétaire financier Dev Manraj dans le cadre des préparatifs du Budget 2015, c’est Franchette Gaspard-Pierre Louis qui a écouté les doléances des étudiants rodriguais hier à Bell-Village. C’est d’ailleurs dans une ambiance franche et cordiale que ces derniers se sont exprimés. Certains ont ainsi évoqué leur désir de retourner dans leur île afin de mettre à profit leurs connaissances. D’autres, à l’instar d’Anne, qui rêve de travailler au CEB, expriment d’autres souhaits. « Mo pas envie assise biro, mo le monte lor colonne. À Maurice, j’ai eu la chance de faire un stage chez Omnicane, qui s’est révélé concluant. Mo envi montre dimun ki bann madame aussi capav fer mem travay ki bann zom. Dans Maurice, bann madames fer travay masson lor chantier. Dans Rodrigues aussi folle donne zot mem chance. »
Ravina, elle, a parlé du problème de transport ainsi que de la difficulté d’un étudiant de faire le déplacement d’un endroit à un autre, ce qui est également vrai pour ceux habitant loin de Réduit. Dominique Farla évoque le manque d’informations  par rapport à Rodrigues. « On voudrait avoir un site spécial qui nous explique ce qui se passe à Rodrigues et les possibilités d’emplois existant dans notre filière. Nu fine etudie, nu pas envie retourne Rodrigues et truv nu lave vaisselle ni dans ene situation pli pire ki sa. » Sandra et plusieurs autres étudiants ont mis l’accent sur le “stipend”. « On ne reçoit pas le “stipend” à temps et on n’arrive pas à gérer un budget avec seulement Rs 3 000. » Fabrice, qui est dans la filière de la construction, veut lui aussi revenir à Rodrigues tout en orientant les Rodriguais dans cette voie. Rilani, pour sa part, explique que le poisson se vend plus cher à Maurice et qu’on aurait pu développer ce marché à Rodrigues tout en mettant l’emphase « sur un bon “rebranding” ». Brandon, lui, met davantage l’accent sur le problème de logement.
Après avoir écouté les étudiants, Franchette Gaspard-Pierre Louis s’est dit préoccupée par l’avenir des jeunes étudiants rodriguais. « Serge Clair et moi-même voulons savoir comment, au niveau de l’Assemblée, nous pouvons vous aider et, surtout, ce que vous prévoyez après les études. J’ai aussi écouté l’intervention pertinente de Mlle Castel, qui voulait savoir comment devenir employeur avec l’appui des autorités rodriguaises. » La Deputy Chief Commissioner est par ailleurs revenue sur la question du “stipend”, plusieurs fois posée, en expliquant que cer argent est versé aux étudiants dont les revenus des parents sont inférieurs à Rs 10 000. « Le “stipend” sera versé deux fois l’an, soit une somme de Rs 18 000 au lieu de Rs 3 000 par trimestre. » L’an prochain, les étudiants rodriguais voulant étudier à Maurice, et dont le salaire des parents avoisinera Rs 12 500, bénéficieront aussi d’un “stipend” plus élevé, celui-ci passant de Rs 3 000 à Rs 4 000. De même qu’une “lodging allowance” de Rs 1 000. Et d’annoncer dans la même foulée la création d’un  “Student Hostel” à Maurice tout en précisant qu’un budget de Rs 35 millions avait été alloué pour sa création. Concernant l’accès à l’internet à Rodrigues via la fibre optique, elle a fait ressortir que cela sera une réalité en 2016, rappelant qu’une somme de Rs 1 milliard est injectée dans le projet. Pour ce qui est du choix des sujets, elle invite les étudiants à faire un choix judicieux. « Nous pas capav ena 100 étudiants qui etudie mem filiere. Il faut se diversifier et voir de quelle manière vos études pourront vous aider à développer Rodrigues. Soyez créatifs, Rodrigues a besoin de vous. On cherche aussi à ce que les jeunes aient l’expérience du privé. »
Par la voix de Richard Payendee, Commissaire de l’Environnement et du Tourisme, Serge Clair explique aux étudiants : « Il vous faut prendre conscience que vous êtes les bâtisseurs de notre île Rodrigues de demain. Rodriguais, Rodriguaises, pas per debout lor ou de lipieds. Capav pas Capav ? Nu capav. Il faut voir ce que Rodrigues sera dans 10, voire 50 ans, et regarder s’il y aura des Rodriguais parmi vous pour  continuer le travail  afin de montrer à la République de Maurice et au monde entier ce que nous sommes capables de faire. Pour y arriver, il faut nous libérer de cette mentalité qui nous empêche de créer, d’inventer et d’entreprendre. »