Le processus d’internationalisation de la Bourse de Maurice devrait être à plein régime d’ici cinq ans, déclare Sunil Benimadhu, Chief Executive de la Stock Exchange of Mauritius Ltd, dans une interview accordée à “ACM-Insight”, publication très prisée des opérateurs du marché des capitaux en Afrique. Président de l’African Securities Exchanges Association, Sunil Benimadhu dit sa confiance dans le développement des marchés des capitaux africains en tant que canaux de transmission de fonds d’investissements destinés à divers secteurs économiques en Afrique.
Dans l’interview publiée par ACM-Insight, dont l’édition de ce mois coïncide avec la tenue de la 17e conférence de l’African Securities Exchanges Association (ASEA) à Abidjan, en Côte d’Ivoire, Sunil Benimadhu, le président, met l’accent sur les changements apportés depuis 2010 par la direction de la Stock Exchange of Mauritius Ltd (SEM) aux cadres opérationnel et régulatoire en vue de concrétiser sa politique d’internationalisation du marché boursier local. Les mesures prises par la SEM concernent, entre autres, l’introduction d’une plateforme facilitant la cotation et les transactions (et leurs règlements) en devises de différentes valeurs, l’élaboration des règles pour encourager la cotation d’un large éventail de produits et fonds globaux, l’adoption d’un cadre régulatoire permettant d’attirer des sociétés enregistrées dans le secteur du Global Business, et l’introduction de certificats de dépôt visant principalement les sociétés africaines souhaitant lever des capitaux de l’étranger sur notre marché.
« In five year’s time, we expect to see our internationalisation process in full swing with a number of international companies, Africa-focussed products and other speccialised products listed and traded on out Exchange », déclare Sunil Benimadhu. Le Chief Executive de la SEM s’attend également à une augmentation substantielle de la valeur des transactions en dollars américains et d’autres devises fortes, confirmant ainsi la stratégie d’internationalisation de notre marché. Il soutient que les mesures innovatrices prises ces dernières années par la SEM lui ont valu une reconnaissance internationale avec l’obtention, pour deux années consécutives (2011 et 2012), du trophée de « Most Innovative African Stock Exchange » décerné par Africa Investor.
Sunil Benimadhu a également fait état des efforts de la SEM pour obtenir le statut de membre de la World Federation of Exchanges, lui donnant ainsi l’opportunité de se joindre à la ligue des marchés boursiers appliquant les normes et principes rigoureux de la fédération internationale. La reconnaissance obtenue de la Cayman Islands Monetary Authority et de la United Kingdom’s Her Majesty’s Revenue and Customs a aussi son poids. « The international recognitions are important as they confort both local and international investors that the SRM is a welle regulated exchange and adheres to international standards », a ajouté Sunil Benimadhu.
S’exprimant en tant que président de l’association des bourses de valeurs africaines, Sunil Benimadhu a évoqué les mesures prises par l’ASEA pour relever la visibilité des marchés boursiers africains. Il est d’avis que les bourses africaines ont un rôle important à jouer en tant que plateforme pour que les entreprises privées et publiques puissent lever des capitaux pour financer les projets de développement en Afrique, et ce du fait que l’Afrique a un gros besoin de capitaux pour les investissements dans des projets divers dans les secteurs des infrastructures, de l’agro-industrie, des télécommunications, des mines et de l’énergie, entre autres. « A number of private equity funds have been created to invest in big projects in Africa. Private Equity as well as dedicated Africa funds to invest on Africa’s Stock Exchanges have been on the rise and will gain momentum in the coming years », a indiqué le Chief Executive de la SEM.
Par ailleurs, s’adressant aux participants à l’ouverture de la conférence de l’ASEA à Abidjan, Sunil Benimadhu a accordé une plus grande attention sur ce qu’il appelle « les 4 S » de l’espace boursier, à savoir « Synergies, Support, Scope and Substance ». Le président de l’ASEA pense que les bourses africaines doivent établir des synergies fortes avec d’autres sous-secteurs des services financiers (banques et assurances notamment). Il considère également que les gouvernements et décideurs politiques en Afrique devraient soutenir les marchés des capitaux, comme c’est le cas à Singapour.
Sunil Benimadhu estime par ailleurs que les bourses africaines ont des efforts à fournir pour proposer de nouveaux produits et services, et que celles-ci doivent faire la démonstration que la plateforme qu’elles ont mise en place aide les sociétés cotées à lever des capitaux pour financer leur croissance, et ce tout en créant de la valeur pour les actionnaires. Sunil Benimadhu est d’avis que les marchés boursiers doivent démontrer qu’ils peuvent apporter leur contribution à la démocratisation de l’économie, à la création de richesses pour la population et à l’amélioration de la bonne gouvernance d’entreprise.