Le musicien contemporain Benoît Mardelle, qui évolue en France, anime jusqu’au 6 juin un workshop au studio de danse de Jean-Renat Anamah. Le duo tend vers une création commune autour de l’histoire de notre pays.
Une complicité voulue et finalement trouvée lors du festival Itrotra 2012 à Madagascar. Benoît Mardelle, musicien contemporain, et Jean-Renat Anamah, danseur mauricien que l’on ne présente plus, forment aujourd’hui un duo contemporain. Ils mettent actuellement en place une création commune pour se lancer dans une nouvelle aventure.
Exprimer et créer.
Benoît Mardelle est un musicien et compositeur français qui a tout lâché pour vivre sa passion depuis 2004. Une formation d’ingénieur en poche, il évoluera vers le jeu rythmique. Ses éléments : la batterie et les percussions. “Je ne me qualifie pas d’artiste, mais plutôt d’artisan. D’ailleurs, même ma musique, je ne la définis pas. J’ai juste un besoin de m’exprimer et de créer.”
C’est en passant par le rock et la soul qu’il a atterri dans le monde contemporain et s’est orienté vers l’improvisation libre de sonorités sensitives aux vibrations simples. “Mon travail est pluridisciplinaire. C’est une prise de parole. J’aime collaborer. Calligraphes, peintres, danseurs : chacun possède sa propre identité et a une histoire différente à raconter.”
Évolution commune.
Leur projet : un spectacle où l’on retrouve deux cultures différentes. “Benoît est français; je pense que nos origines réunies engendreront un mélange exceptionnel. De plus, les seuls instruments qui seront utilisés sont la musique et le corps. C’est notre propre langage, et tout y est lié”, confie Jean-Renat Anamah.
Des conversations échangées à Madagascar à propos de leurs terres natales ont suscité un besoin de collaborer. Une évolution commune. “Nous nous sommes inspirés de l’histoire de Maurice. Dans le passé, la France et Maurice n’ont fait qu’un. Nous sommes issues de la même route”, souligne le Mauricien.
Leur duo sera soutenu par six danseurs de la Professional Dance School de Jean-Renat Anamah, avec qui ils ont échangé et peaufiné leurs idées pendant trois semaines.
Atteindre la perfection.
Pour eux, il ne suffit pas seulement de comprendre. Le plaisir de regarder est beaucoup plus important. “J’ai longtemps cherché un accompagnateur musical. Cette rencontre avec Benoît est un vrai bonheur. On a immédiatement voulu travailler ensemble. Nous avons un objectif commun, qui est d’apporter un autre regard sur la danse contemporaine. Cette fusion relève du besoin de s’exprimer”, souligne le danseur mauricien. Tous deux perfectionnistes, ils soulignent n’avoir aucun objectif de finalité pour le moment, car “c’est un combat continuel” pour atteindre la perfection.
Avec leurs capacités de s’intéresser à l’inconnu, ils espèrent atteindre quelque chose qui intéressera les Mauriciens. “Quand nous étions à Madagascar, nous avons vu l’émerveillement des enfants de la rue. Ils n’y comprenaient rien mais leurs regards en disaient long. Il n’y a aucune arrière-pensée dans la danse contemporaine. C’est exactement ce que nous voulons voir dans les yeux des Mauriciens.”