Karim Benzema était attendu au tournant en quart de finale du Mondial-2014, mais l’attaquant français, vaillant mais en panne de réalisme, a manqué son rendez-vous avec l’histoire contre l’Allemagne victorieuse (1-0), vendredi au prestigieux Maracana de Rio.
L’enceinte carioca, qui a vu passer en son sein tant de talents purs, s’est refusée à Benzema, pourtant très convaincant jusque-là dans cette Coupe du monde et dont le bilan statistique s’arrête à 3 buts et 2 passes décisives en cinq matches.
Le Madrilène repart du Brésil avec une mention honorable, mais pour ce qu’on attendait du leader technique des Bleus en l’absence de Franck Ribéry (forfait en raison d’une lombalgie), dans une telle rencontre, c’est surtout insuffisant.
Ce match, face à des Allemands conformes à leur solidité et à leur faculté à marquer avec peu d’occasions, devait être le sien. Il n’en a rien été.
Pourtant Didier Deschamps a bien accédé à sa volonté de jouer dans l’axe de l’attaque, en l’associant à Antoine Griezmann et Mathieu Valbuena. Et des occasions plus ou moins franches de faire trembler les filets allemands, il en a eu quelques unes, pratiquement toutes en première période.
Mais c’est celle de la dernière minute qui donne le plus de regrets. Lorsque il réussissait, comme un symbole d’un acte de réconciliation manqué, son une-deux avec Olivier Giroud, à peine entré en jeu, et décidait de frapper fort sous la barre. Qui sait, s’il avait placé son tir, si Neuer eut été à la parade ?
Comment en vouloir au numéro 10 des Bleus sur cette action de la dernière chance, après un débauche d’énergie comme on ne l’a rarement vu en donner ?
Auparavant, il y a d’abord eu le mini-tournant des 12e et 13e minutes, lorsque dans un premier temps Benzema enrageait de ne pas voir Griezmann mieux appuyer sa passe côté gauche sur un deux contre un qui aurait pu faire mouche, mais que Boateng va finir par annihiler.
Maudit Hümmels 
Dans la foulée, Paul Pogba commettait une faute dans ses 40 mètres. La sanction était cruelle: Kroos trouvait Hümmels qui prenait le dessus sur Varane pour catapulter le ballon avec l’aide de la transversale dans le but de Lloris (13e). En à peine plus d’une minute, voici ce qui séparait cette Allemagne en mode vintage de la France « new age ».
Auparavant, Benzema avait déjà manqué une première opportunité intéressante à la 7e minute en ne cadrant pas sa demi-volée à ras de terre après un centre en retrait de Valbuena.
C’est exactement à la 34e minute que le numéro 10 des Bleus a vraiment manqué le coche. Héritant du ballon après une claquette un peu désespérée de Neuer sur une reprise croisée de Valbuena, il contrôlait de la cuisse avant de frapper dans le but, mais la cuisse de Hümmels -le bourreau des Bleus tant il a royalement défendu en plus de marquer-, contrait le ballon en corner.
Il s’en est fallu de peu pour que l’attaquant aux 71 sélections n’inscrive son 25e but en Bleu, celui qui aurait été à coup sûr le plus important.
En seconde période, Benzema a eu moins d’opportunités à se mettre sous la dent, mais ne s’est jamais économisé pour perturber la défense avec ses appels, ses permutations avec Griezmann et Valbuena.
Il y a eu toutefois ce dribble qui a effacé Lahm dans la surface, suivi d’un tir puissant du gauche, une nouvelle fois contré in extremis par l’increvable « über Hümmels », l’homme du match véritablement côté allemand.
Juste avant son occasion en or d’égaliser, Benzema venait de revenir comme un boulet dans sa surface pour contrer Schürlle, le dribbler, relancer vers Matuidi. Tant d’efforts impayés au final… Dur.