«En la présente situation politique, l’avenir appartient au MMM, qui est en position de force», estime Paul Bérenger, leader de l’opposition et de ce parti. Il en veut pour preuve le fait que le PTr «est en plein désarroi» et que le MSM est «complètement fragilisé», notamment après la récente condamnation de son leader, Pravind Jugnauth. Le leader des mauves a évoqué le départ du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, pour trois semaines à l’étranger, alors que «le pays est en pleine crise».
Paul Bérenger trouve que certains événements ont créé un nouveau climat politique qui serait essentiellement, à son point de vue, à l’avantage du MMM. Il précise néanmoins que son parti n’entend pas pour autant «faire preuve d’arrogance» en la présente circonstance.
«Nous ne souhaitons le malheur de personne dont celui de Pravind Jugnauth, qui a interjeté appel du jugement de la Cour intermédiaire», souligne à cet effet le leader des mauves. Il rappelle par ailleurs que, tout juste après les récentes municipales, sir Anerood Jugnauth avait laissé entendre qu’il avait songé un moment à abandonner son poste de chef du gouvernement.
C’est sur cette toile de fond que le leader du MMM annonce que son parti se tient prêt à toute éventualité, y compris la possibilité «bien réelle» de législatives anticipées. Revenant à la «crise généralisée» qui traverse le pays, Paul Bérenger fait le constat de l’absence d’un gouvernement «digne de ce nom». Aussi, pour lui, si cela perdure, le pays en souffrira énormément.
Le leader de l’opposition regrette, d’autre part, que le comité parlementaire sur l’Independent Commission against Corruption (ICAC) n’a pu une nouvelle fois se réunir au courant de la semaine, après les différends évoqués au sein de la commission anti-corruption dans l’action initiée à l’encontre du Directeur des Poursuites Publiques (DPP).
Paul Bérenger explique que la Prevention of Corruption Act (PoCA) ne permet au comité parlementaire que de suspendre le président de la commission anti-corruption. Toutefois, selon lui, les trois membres à la tête de l’ICAC doivent tous démissionner.
DTAT : «Publiez la lettre adressée aux Indiens»
Il réitère que si les autorités ont, comme elles le laissent entendre, des choses à reprocher au DPP, la première action à entreprendre est d’alerter la Judicial and Legal Service Commission (JLSC) présidée par le chef juge, selon ce que prévoit la Section 93 de la Constitution.
Le chef de l’opposition indique qu’après enquête la JLSC jugera de la suite à donner à l’affaire d’après les prévisions de ces mêmes dispositions constitutionnelles. Paul Bérenger dit considérer «très instructif» le contre-affidavit présenté en Cour suprême par l’ICAC dans l’affaire l’opposant au DPP et déclare attendre «avec impatience» celui de la police.
 Revenant à la charge au sujet du Traité de Non-double imposition avec l’Inde, le leader de l’opposition maintient que la conduite des discussions aurait dû se faire de Premier ministre à Premier ministre et de ministre des Finances à ministre des Finances.
Dans le dernier cas, il s’étonne que le Grand argentier qui a, à la onzième heure, évoqué des points en suspens à être clarifiés, a parlé vaguement d’une correspondance qu’il a adressée à cet effet au «gouvernement indien» par le biais du Haut commissaire de l’Inde à Port-Louis.
Le chef de l’opposition réaffirme ne pas vouloir, «pour l’instant», rendre publiques les copies du procès-verbal du Joint Working Group signé à New-Delhi et du Draft Proposal préalablement présenté par la partie mauricienne dont il assure être en possession, cela, «par amitiés et respect pour l’Inde». Paul Bérenger réclame en revanche la publication de la lettre que le ministre Lutchmeenaraidoo a adressée aux autorités indiennes ou, alternativement, que copie de cette lettre lui soit communiquée.
Par rapport aux dommages collatéraux dans le sillage de l’affaire BAI, le leader du MMM se réjouit que le gouvernement a fini par considérer le cas des fournisseurs impayés de Courts. «Même si c’est avec beaucoup de retard, il est heureux que le gouvernement a décidé de les soulager», trouve-t-il, tout en rappelant que depuis plus d’un mois, il a suggéré que ces fournisseurs ne soient pas ignorés.
Paul Bérenger se demande néanmoins pourquoi l’État  n’a pas songé puiser plutôt directement de la ligne de crédits de Rs 4 milliards que lui a avancée la Banque de Maurice. Il explique que, dans le cas présent, ces fournisseurs auront à patienter et attendre que Courts soit effectivement vendu à un repreneur avant de récupérer leurs dus.
 JIOI : «Bonne chance à nos         athlètes»
 Paul Bérenger revient aussi une fois encore à la charge pour réclamer la publication de la liste complète des soumissionnaires ayant fait des offres de rachat de l’Apollo Bramwell Hospital du groupe BAI, avec tous les détails par rapport aux offres faites par chaque repreneur potentiel.
Le leader de l’opposition lance par ailleurs un appel à la mesure à tous ceux et celles engagés en politique pour tout ce qui touche aux religions. Appel que Paul Bérenger étend à la presse et à la population en général. «Il convient de garder la tête froide», soutient le chef de l’opposition, qui dit percevoir comme des «remous» autour de la question ces derniers temps.
Le chef de l’opposition souhaite en conclusion «bonne chance» aux athlètes qui représenteront Maurice aux prochains Jeux des îles de l’océan Indien dont l’ouverture est prévue samedi prochain, 1er août, à La Réunion.
«Nous comptons sur vous», déclare Paul Bérenger, qui annonce que l’opposition MMM se fera représenter à ces Jeux par le député Franco Quirin, qui accompagnera la délégation mauricienne.
Invité à commenter la démission de Me Antoine Domingue, Senior Counsel, de la présidence du Bar Council, Paul Bérenger note que ses collègues avocats lui ont demandé de demeurer à son poste. Il dit ainsi attendre la suite des événements avant de se prononcer. Pour lui, le judiciaire n’est pas en crise mais le problème se pose davantage au niveau de la profession légale en raison, dit-il, du «mauvais comportement» de certains avocats.
Le leader de l’opposition ne manque pas non plus de noter que c’est cette fois au tour de la Mauritius Law Society, qui regroupe les avoués, de parler de «dérive policière» après une tentative du CCID d’interroger Me Vijay Kumar Dwarka, Senior Attorney, l’avoué retenu par le DPP.