Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, qualifie de «divagations habituelles» et de «honteuse diarrhée verbale» l’intervervention kilométrique du Premier ministre, Navin Ramgoolam, à la clôture des débats budgétaires. Il précise que la mesure de boycott prise, à cette occasion, par l’opposition visait surtout le chef du gouvernement «seul responsable si quatre ministres sont, successivement, intervenus pour clore les débats». «C’est quand nous avons constaté comment Navin Ramgoolam s’est foutu de son ministre des Finances en choisissant de ne pas être présent pour son «summing up» que nous avons décidé de regagner l’hémicycle par solidarité avec Xavier Duval», explique-t-il. Et le leader du MMM d’estimer que cette décision a été «bien appréciée» par le leader du PMSD.
Paul Bérenger qualifie de «honteuse diarrhée verbale» l’intervention kilométrique du Premier ministre, Navin Ramgoolam, mardi en clôture des débats budgétaires. Il trouve qu’en cette occasion, le chef du gouvernement n’a, en fait, rien dit du budget, lui-même, se contententant de ses «divagations habituelles».
Mais, pour le leader du MMM, ce qui aura, toutefois, échappé à l’attention de tous est le fait «sans précédent» que le Premier ministre, juste après son discours, s’est permis de «se foutre» de son propre ministre des Finances en ne jugeant pas utile de demeurer à son siège pour assister au summing up des débats par Xavier Duval. Pour lui, ce «terrible camouflet» envers le Grand Argentier constitue un «incroyable manque de respect».
Le chef de l’opposition poursuit en rappelant que ce même mardi, presque à l’heure même où Xavier Duval faisait son summing up à l’Assemblée nationale,  le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, ne se privait pas pour «détriper» le ministre des Finances sur les ondes d’une radio privée quand il a, entre autres, questionné la compétence des membres du Monetary Policiy Committee (MPC) et remis en question des mesures budgétaires. Paul Bérenger ne manque pas, non plus, de rappeler que le même Rundheersing Bheenick a brillé par son absence à l’Assemblée nationale lors du discours budgétaire du ministre des Finances.
Tout cela dit, le leader de l’opposition est d’avis qu’en dépit des «efforts» de Xavier Duval, le budget présenté ne relancera en rien ni la croissance économique, ni les investissements, ou encore la création d’emplois. Il cite à témoin le point de vue exprimé, d’une part, par l’économiste, Pierre Dinan et par le constat fait, d’autre part, dans le numéro de novembre du MCB Focus.
Ce qui amène le leader du MMM à estimer que le plus tôt les élections générales seront organisées, le mieux ce sera pour un nouveau gouvernement issu des urnes de réinstaurer la confiance et de relancer l’économie. «Je lance, à ce propos, un défi à Navin Ramgoolam: s’il n’a aucune crainte pour sa survie politique, qu’il organise, au plus tôt, des élections anticipées», déclare, à cet effet, Paul Bérenger.
 
«Le foot  communal ne passera pas!»
Enchaînant avec la poursuite des travaux à l’Assemblée nationale, le leader de l’opposition accuse la majorité gouvernementale d’avoir recours, «une nouvelle fois», à un «subterfuge» pour qu’il n’y ait ni PNQ ni PQ inscrites à l’agenda des travaux, mardi prochain. Alors que, explique-t-il, il était possible de boucler les travaux en «committee stage» lundi, le nouveau Sports Bill sera débattu en deuxième et troisième lectures.
Affirmant que le retour du «football communal» ne passera pas, Paul Bérenger accuse le ministre des Sports, Devanand Ritoo, de faire preuve de «malhonnêteté» en laissant, dit-il, entendre que le Comité International Olympique (CIO) aurait donné son accord à son projet de loi. Alors que, explique-t-il, le ministre ne fait que  brandir une lettre de son Permanent Secretary indiquant que des consultations sont en cours avec l’instance sportive internationale, il invite Devanand Ritoo à rendre public l’échange de correspondance qui aurait eu lieu entre son ministère et le CIO.
Abordant le dossier CT Power, le leader de l’opposition soutient que même si le ministre de tutelle, le Dr Rashid Beebeejaun, a confirmé que le projet ira de l’avant, nombre de questions demeurent. Il explique, ainsi, que la société CT Power (Mauritius) Ltd n’a qu’un seul actionnaire, à savoir, CT Power Holdings (Malaysia) Ltd dont on ne sait rien des actionnaires. Il explique encore que cette société est basée à Lubuan, une île au large de la Malaisie qui se trouve être, selon Paul Bérenger, un centre offshore «des plus opaques».
La deuxième question qui demeure, selon le chef de l’opposition, a trait à l’une des conditions imposées à la société par le ministère de l’Environnement; à savoir, que le promoteur se doit de fournir des preuves de sa capacité financière de mener à bien le projet jusqu’à terme à la satisfaction du ministère des Finances. Alors que, dit-il, l’ancien secrétaire financier Ali Mansoor s’en occupait, un nouveau secrétaire financier lui a succédé alors que le ministre des Finances «dont la responsabilité personnelle est engagée» demeure le même. Paul Bérenger indique, à ce stade, que d’autres problèmes demeurent en suspens sur ce dossier CT Power et qu’il entend les soulever lors d’une prochaine PNQ.
Parlant, par ailleurs, des Droits de l’Enfant et de sa protection contre la maltraitance, le chef de l’opposition trouve qu’il s’agit, là, de l’une des plus grosses «déceptions» du budget. Il souligne que l’unanimité s’est faite quant à la dégradation de la situation sur le terrain alors que, dans son dernier rapport en date du 20 septembre dernier, l’Ombudsperson for Children a, notamment, tiré la sonnette d’alarme par rapport à la violence sexuelle sur les enfants.
 
«Usage abusif de l’ICT Act»
«Même le Premier ministre, explique Paul Bérenger, a dû concéder, en réponse à des interpellations des députés Françoise Labelle, Alan Ganoo et Veda Baloomoody, que le nombre de cas est en hausse». Or, note le leader de l’opposition, provision adéquate n’est, pourtant, pas faite dans le budget en vue de donner au ministère de la Protection des Enfants de même qu’au bureau de l’Ombudsperson for Children les moyens financiers et humains nécessaires pour faire face à la situation. Alors que, selon lui, le chef du gouvernement «trouve qu’il ne s’agit pas d’une priorité», la ministre de tutelle se révèle être, de son côté, «une catastrophe». «Il faut, au plus vite, corriger le tir», plaide Paul Bérenger.
Le leader de l’opposition  juge, enfin, «inacceptable» l’arrestation, puis la détention des jeunes contestataires, Nitin Chinien et Jameel Peerally, qui s’apparente, selon lui, à un usage «abusif» des dispositions de l’Information and Communication Technoligies (ICT) Act. Il parle, sous ce rapport, de la poursuite de ce qu’il appelle la «persécution» des personnes depuis l’affaire Sawmydaden / Soornack qui remonte à décembre 2012. Pour lui, dans cette première affaire, la police avait, là encore, «abusé» de la loi régissant les technologies de l’information et de la communication.
A l’heure des questions, le leader du MMM précise que la mesure de boycott prise par l’opposition au moment de la clôture des débats budgétaires visait, surtout, le Premier ministre, Navin Ramgoolam «qui porte l’entière responsabilité  d’avoir fait intervenir, successivement, quatre ministres de la majorité gouvernementale à la clôture des débats». Alors que, souligne-t-il, la majorité a laissé entendre qu’elle était prête à permettre au député MMM  Alan Ganoo d’intervenir juste avant le chef du gouvernement, Paul Bérenger réplique que ce n’est pas au gouvernement de décider quel est le parlementaire qui doit intervenir au nom de l’opposition.
«C’est quand nous avons constaté comment Navin Ramgoolam s’est foutu de son ministre des Finances en choisissant de ne pas être présent au moment de son «summing up» que nous avons décidé, dans l’opposition, de regagner l’hémicycle, l’un après l’autre, un peu par solidarité avec le Grand Argentier», explique-t-il, encore. Décision qui, dit-il, a été «bien appréciée par Xavier Duval».
Au sujet du sort des marchands de rue de Curepipe, le leader de l’opposition trouve que si ces derniers sont, ainsi, «persécutés», c’est en raison du fait qu’ils ne sont «qu’une poignée». Alors que, dit-il, la mairie de Port-Louis s’apprêtait à trouver une «solution humaine» dans le cas des marchands de la capitale, les problèmes de ces derniers ne relèvent, dorénavant, plus de la responsabilité de la mairie de la capitale, le gouvernement s’en étant chargé, dit-il.