Pour certains, il est difficile de dissocier l’homme de l’artiste. Pour d’autres, il a purgé sa peine et demeure toujours cette icône du rock français. Bertrand Cantat garde des inconditionnels, férocement protecteurs ou étrangement fascinés par son vécu. Douze ans après le dernier concert de Noir Désir, l’ange noir marque son (vrai) retour sur scène avec son nouveau groupe, Détroit.
Les poches sous les yeux, le regard vide, les poils blancs sur un visage moins ferme qu’autrefois, il s’est pris un petit coup de vieux. Bertrand Cantat n’a plus son allure de rock star, renversante d’assurance. Il caresse aujourd’hui une guitare sèche à la manière d’un Brassens débutant, entonnant d’une voix plaintive une valse à trois temps. Il veut, chante-t-il, “sortir de l’ombre et regarder droit dans le soleil”. Ce morceau dépouillé et mélancolique est le premier titre de son nouvel album, Horizons, sous son nouveau groupe Détroit.
Pendant plus de dix ans, Cantat aura marqué toute une génération aux côtés de Noir Désir. Un monument du rock français qui s’est hissé, dans les années 1990, au rang des groupes américains ou britanniques à travers des tubes tels Où veux-tu qu’je r’garde ?, Tostaky, Lolita nie en bloc, Marlène, L’homme pressé, À ton étoile.