Au-delà du langage du corps sublimé dans la fureur des rythmes et des mouvements de l’âme, une débauche de costumes diaprés, de paillettes, de plumes et de robes à frous-frous. La séquence French Cancan a enthousiasmé le J&J Auditorium : la musique gouailleuse et les jambes levées en synchrone par-dessus les épaules ont achevé d’enfiévrer la salle, lors de la première des deux représentations de The Best Variété Show, donnée le vendredi 25 avril par le Moscow State Theatre Variété.
La grâce et l’élasticité des corps des danseurs et danseuses russes ne sont plus à prouver, depuis la série de ballets du répertoire présentée en 2013. C’est une autre facette des danses venues du froid qui a été cette fois mise en lumière, toujours avec une maîtrise certaine des genres. Ici, pas de tutus ni de pointes. Le registre est populaire mais non moins rigoureux au niveau chorégraphique.
Nous tanguerons d’un tango à trois vers une succession de numéros, dont une prestation ouverte sur le monde contemporain, mettant en scène des danseurs en habits de marins, entourés d’affriolantes danseuses coiffées de bérets. Le spectacle nous embarque également pour un torride carnaval sur des rythmes de samba, avec escale par le modern jazz américain. L’attention du spectateur est captivée par une somptueuse chorégraphie d’essence russe, drapée dans de beaux tissus de chaste sensibilité, enveloppée d’une musique sans extravagance.