Avec la rétractation d’abord médiatique, puis au QG du Central CID dans la nuit de jeudi à vendredi, de Mohamad Husein Abdool Rahim, au sujet de certains extraits de son affidavit dans l’opération Dhobi de Klas, le Central CID est passé à l’action avec des mandats de perquisition à l’encontre de trois membres de la rédaction du groupe La Sentinelle (L’Express). En sus de cela, l’escouade du Central CID sous la supervision de l’assistant commissaire de police Devanand Reekoye, a lancé un appel à ces trois journalistes, en l’occurrence Nad Sivaramen, Axel Chenney et Yassine Denmamode, pour qu’ils se rendent dans les meilleurs délais aux Casernes centrales en vue de consigner leurs versions des faits et répondre aux questions au sujet des allégations de manipulation de faits dans l’affidavit portant sur des allégations de blanchiment de fonds avec BET365 Online Betting. Mais depuis ce matin, les deux parties sont engagées dans une partie de chat et de la souris avec les services de Me Robin Ramburn, Senior Counsel, retenus par des journalistes. Dans la matinée, l’homme de loi s’apprêtait à prendre contact avec ses clients en vue de définir la marche à suivre et il n’est pas exclu que les concernés se présentent au QG du Central CID dans les heures qui suivent, même si au siège social de La Sentinelle, la tension était de mise dans la matinée avec un important déploiement de membres de la force policière tentant de confirmer la présence sur les lieux des journalistes recherchés. De son côté, l’ancien ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, également mis en cause dans les dernières dépositions de Husein Abdool Rahim, pourrait être interpellé à sa descente d’avion vers la fin de la semaine.
En parallèle aux procédures initiées pour l’audition formelle des journalistes de L’Express, le Central CID a complété l’exercice de dénonciations entamé jeudi après-midi par Mohamad Husein Abdool Rahim. Des recoupements d’informations effectués auprès de différentes sources indiquent que depuis samedi soir, celui qui se présentait comme un Whistleblower potentiel sous la section 49 du Prevention of Corruption Act, est traité comme un des suspects dans cette enquête. Ainsi, il est entendu depuis le week-end Under Warning par les enquêteurs.
En ce début de semaine, le dénommé Abdool Rahim devrait également se retrouver avec une première inculpation provisoire de Swearing False Affidavit vu que cet aspect de l’enquête a déjà été complété. A ce matin, il n’y avait aucune indication officielle quant au Timing de la comparution de ce suspect en Cour pour des procédures de caution. Durant le week-end, l’auteur de l’affidavit avec des extraits manipulés a été soumis à une série d’exercices outre la fin de sa déposition. En compagnie d’enquêteurs de la police, il a refait la tournée des lieux qu’il avait visités lors de l’étape de la préparation de l’affidavit le 10 septembre dernier, dont Port-Chambly, où habite le directeur de publications de La Sentinelle.
Pour sa part, l’ancien Attorney General Ravi Yerrigadoo aurait également fait un déplacement dominical aux Casernes centrales pour des compléments à sa déposition à charge de vendredi soir à l’effet qu’il a été victime d’un complot ourdi autour de ces allégations de blanchiment de fonds avec la formule de BET365. Des policiers ont également été vus dans la journée de dimanche dans les parages de Kensington Heights à Quatre-Bornes, où habitent Ravi Yerrigadoo et Sylvio Sundanum, General Manager de Dry Cleaning Services Ltd. Aucune confirmation officielle si la police avait pour mission de mener une Complementary Search à cet effet.
Avec ces derniers développements, l’ACP Reekoye, en consultations avec les enquêteurs, devait décider de solliciter des mandats de perquisition contre Nad Sivaramen, Axel Chenney et Yassine Denmamode. Ainsi, dès 4 h 30, ce matin, des policiers frappaient à la porte du domicile de Yassine Denmamode, à Terre-Rouge. Le père du journaliste, qui a fait comprendre que son fils n’était pas à la maison, a dû donner une déposition formelle en ce sens. L’exercice devait être répété à Port-Chambly et au Morcellement Safeland à Flic-en-Flac.
Devant l’absence des concernés, l’ACP Reekoye devait déclarer à la presse en début de matinée : « Je lance un appel aux trois journalistes, où qu’ils se trouvent. Ils doivent se rendre aux Casernes. Li pou dan zot prop lintere ». Un peu plus tard, le Police Press Officer, l’inspecteur Coothen, devait ajouter que « durant le week-end, la police a étudié en profondeur les Statements des protagonistes, qui sont venus faire des dépositions aux Casernes centrales. La police est d’avis qu’il y a suffisamment de preuves pour prendre la version des journalistes ». Il devait préciser que la police est en possession de mandats de perquisition et soutient qu’il n’y a eu aucune effraction lors des descentes des lieux de ce matin.
L’important déploiement de membres de la force policière aux abords du siège de La Sentinelle à Baie-du-Tombeau ce matin n’est pas passé inaperçu avec des moments de tension vu que les membres du personnel de ce groupe de presse ont tenu à dénoncer le harcèlement subi par les trois membres de la rédaction depuis le week-end. Le président du conseil d’administration et le directeur général, Philippe Alain Forget et Denis Ithier, étaient vus parlementant avec les policiers, qui voulaient pénétrer à l’intérieur des lieux pour vérifier la présence de Nad Sivaramen, Axel Chenney et Yassine Denmamode. Les responsables de ce groupe de presse ont fait comprendre à la police que ces trois membres du personnel n’étaient pas sur les lieux.