Un peu moins de deux semaines après ses dénonciations au sujet de l’opération Dhobi de Klas — qui a vu l’ancien Attorney General, Ravi Yerrigadoo, soumettre sa démission —, le Whistleblower Mohamad Husein Abdool Rahim est rattrapé par ses fabrications de mail. Dans le cadre de l’enquête initiée par le Central CID au sujet des allégations de sextorsion de son ancienne petite amie, Lynn Joëlle Ah Fat, il est actuellement sous le coup d’une convocation formelle pour interrogatoire Under Warning, qui pourrait intervenir en cette fin de semaine. Entre-temps, Abdool Rahim a perdu son homme de loi, Me Ashley Hurhangee, qui affirme avoir été « induit en erreur » par son ancien client dans ce volet de l’enquête.
Me Hurhangee, qui avait assisté Husein Abdool Rahim depuis le début avec un affidavit de dénonciations, a confirmé avoir pris ses distances de son client. « Je me suis retiré en tant que conseil légal de Husein Abdool Rahim parce qu’il m’a induit en erreur dans cette affaire de sextorsion », a déclaré au Mauricien l’homme de loi, qui n’a pas voulu entrer dans les détails de cette controverse. « Éthiquement, je ne peux continuer à le représenter légalement. Je dois faire comprendre qu’au préalable je l’avais mis en garde contre tout bluff ». Me Hurhangee a déjà informé officiellement le Central CID, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) et le Prime Minister’s Office de son retrait de cette affaire.
De plus, il nous revient que les explications initiales de Husein Abdool Rahim concernant le piratage de son ordinateur ont été balayées d’un revers de main au fil des questions, soit quand ses posts avaient été abordés. Il avançait que son compte Facebook et son courriel avaient été piratés par de tierces parties. Husein Abdool Rahim a confirmé qu’il n’avait pas informé la police du piratage, et ce, avant d’avouer qu’il avait lui-même manipulé ses mails et ses posts sur Facebook pour faire accroire que ceux-ci venaient de tierces parties.
Cette thèse de manipulation informatique à des fins d’escroquerie présumée a été avancée par Sylvio Sundanum, General Manager de Dry Cleaning Services Ltd, dans sa déposition au sujet des faux reçus de BET365 Online Betting, faisant croire à des gains fictifs de plus de six millions d’euros. Sylvio Sundanum a fourni en fin de semaine dernière des indications à l’effet que « toute cette affaire de faux reçus de BET365 et de “hacking” émane d’une seule et unique IP address, soit celle de Mohamad Husein Abdool Rahim ».
Dans la conjoncture, Husein Abdool Rahim n’échappera pas à un interrogatoire “under warning” suite à la plainte pour sextorsion consignée contre lui par son ex-petite amie, Lynn Joëlle Ah Fat. Les enquêteurs et les spécialistes de l’Information and Technology Unit de la police vérifient actuellement les « messages de menaces » reçus par la plaignante sur son cellulaire. Selon des sources proches du dossier, Husein Abdool Rahim pourrait très probablement être convoqué avant la fin de cette semaine.
D’ailleurs, la Special Cell du CCID met actuellement au point une liste de questions auxquelles devra faire face Hussein Abdool Rahim. Outre les allégations de sextorsion, il devra également donner des éclaircissements sur le prêt de Rs 500 000 que lui avait remis Lynn Joëlle Ah Fat en octobre 2016, somme qu’il n’a jamais remboursée. Si pour le moment, le Whistleblower n’a plus d’avocat pour le défendre, la consigne de la police est claire : « Il devra être présent quand on le convoquera. Dès que le CCID prend contact avec lui, c’est à lui de faire le nécessaire pour trouver un avocat pour l’assister ». Et s’il ne répond pas à ce rendez-vous, « la police n’aura d’autre choix que de l’interpeller là où il se trouve », explique un haut gradé de cette unité. Selon nos renseignements, les hommes de l’ACP Devanand Reekoye doivent recevoir des documents supplémentaires de la part de Lynn Joëlle Ah Fat aujourd’hui afin de ficeler leur dossier contre Hussein Abdool Rahim.
Dans sa plainte pour extorsion, l’ex-petite amie du whistleblower a remis à la police cinq à six numéros de téléphone, utilisés pour lui envoyer des messages menaçants en février de cette année. Dans un premier temps, elle ignorait qui était derrière ces agissements et demandait à son interlocuteur « who are you ». Elle a demandé à l’auteur de ces numéros de cesser de la harceler avant de découvrir qu’il s’agissait de son ex. Pour les besoins de l’enquête, la police s’est rendue dans les locaux d’une compagnie de téléphonie mobile afin de vérifier à qui appartiennent ces numéros. Selon nos renseignements, les résultats obtenus par le CCID sont « damning » contre le whistleblower. Non seulement il faisait du chantage à Lynn Joëlle Ah Fat, mais il l’a même menacée d’agression. Le CCID attend de pied ferme Hussein Abdool Rahim pour ses explications.
Soulignons que dans sa déposition, la victime présumée a déclaré avoir remis Rs 500 000 à son ex, qui devait servir à rembourser un policier qui avait logé des poursuites contre lui pour une affaire d’escroquerie. Le whistleblower avait promis de payer sa dette, mais, à chaque fois que la plaignante le contactait, Hussein Abdool Rahim devenait violent et la menaçait. Elle a ajouté que son ex a même tenté de lui soutirer de l’argent en alléguant qu’il disposait de photos et vidéos d’elle en tenue d’Ève.