La décision de procéder à la résiliation du contrat-jackpot de plus de Rs 10 milliards de Betamax ne semble pas faire l’unanimité au sein du Conseil des ministres. D’ailleurs, le Deputy Prime Minister et ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, qui avait fait partie du comité ministériel du gouvernement de Navin Ramgoolam sur ce projet en novembre 2009, ne cache pas son irritation devant le fait que des détails des discussions sous le présent gouvernement soient révélés publiquement. Toutefois, dans le camp des pro-résiliation du contrat Betamax au sein du Conseil des ministres, l’on ne cache pas la confiance que la partie aura déjà été sifflée mais que l’annonce du résultat n’est qu’une question de timing. De ce fait, la prochaine réunion du comité ministériel en présence des membres du groupe Bhunjun, prévue pour cette semaine, s’annonce cruciale.
Des recoupements d’informations effectués auprès des sources concordantes indiquent que le deuxième round des négociations de jeudi dernier aura permis au gouvernement de préciser sa position par rapport aux conditions inacceptables contenues dans le contrat signé par la State Trading Corporayion pour l’affrètement du MT Red Eagle le 27 novembre 2009 en vue d’assurer l’approvisionnement pétrolier au cours des quinze prochaines années. Toutefois, une résistance se fait toujours sentir au sein du Conseil des ministres pour le feu vert à la rupture du contrat.
Dans l’entourage du PMSD, dont le leader faisait partie du gouvernement Ramgoolam d’alors, l’on fait comprendre que les objections soulevées contre la rupture du contrat alloué au groupe Bhunjun n’émanent pas uniquement des ministres de ce parti. Ils ajoutent qu’ils peuvent compter sur le soutien des ministres du Muvman Liberater, entre autres. Ces milieux ministériels récusent l’étiquette ou encore l’épithète des anti-résiliation, car, comme dans le cas des contrats d’Airway Coffee de Nandanee Soornack, la prudence est de mise pour éviter au gouvernement de verser d’importantes sommes d’argent sous forme de compensation pour rupture de contrats.
Ces ministres vont jusqu’à affirmer que le gouvernement de l’Alliance Lepep, qui s’est installé il y a à peine un mois, a tout intérêt à faire preuve d’«utmost caution » au sujet de ce contrat, car toute décision précipitée pourrait effaroucher d’éventuels investisseurs étrangers. Ils pointent du doigt la fougue d’un membre du gouvernement, dont la réputation d’« exécuteur » n’est plus à faire.
Pour justifier leur prise de position sur le contrat de Betamax, des membres de cette aile du gouvernement s’appesantissent sur le fait que la décision avait été arrêtée sur la base d’une étude commanditée auprès de la firme d’experts-conseil BDO. La possibilité existe qu’une nouvelle étude soit évoquée dans certains milieux avant qu’une nouvelle décision ne soit prise.
Dans le camp des pro-résiliation, l’ou suppute que les derniers Moves notés relèvent davantage des tactiques dilatoires de ceux qui se trouvent dans une position politique délicate d’avoir à ravaler ce qu’ils avaient entériné précédemment. Le principal argument mis en avant pour réclamer la rupture de ce contrat est que les conditions sont contre l’intérêt du pays, qu’importe ce que disent les représentants du groupe Bhunjun.
Le point avait été fait lors des discussions de jeudi dernier avec la démonstration des coûts exorbitants exigés par Betamax pour le fret pétrolier. Ainsi, pour les trois premières années du contrat, le groupe Bhunjun a déjà empoché 101,5 millions de dollars pour l’affrètement du LMT Red Eagle, dont le coût de construction n’a été que de 65 millions de dollars américains au grand maximum. La moyenne payée par la STC à Betamax est de 35 millions de dollars américains (autour  de Rs 1 milliard) par an, alors qu’avant l’avènement du Red Eagle, les coûts d’affrètement des pétroleurs varient entre 22 et 24 millions de dollars.
Ces chiffres ont été cités pour contrecarrer la campagne initiée par le groupe Bhunjun à l’effet que « si nous comparons le prix du fret à la tonne proposé par Betamax à ceux pratiqués sur le marché aujourd’hui, il s’avère que le prix de Betamax est moins élevé », tout en s’évertuant à rejeter l’affirmation officielle que « le pays paie le fret deux fois plus cher à travers Betamax ».
Le match sur le contrat de Betamax est loin d’être joué au sein du Conseil des ministres même si dans le camp prônant la rupture, l’on maintient d’être On Target…