Après sa double inculpation provisoire dans la Betamax Saga le 24 juin dernier, l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam est attendu cet après-midi au QG du Central CID pour un “come-back” dans le cadre de cette enquête. Le principal sujet qui devra être abordé lors de la suite de cet interrogatoire “Under Warning” n’est nul autre que l’enveloppe portant l’inscription du nom de Vikram Bhunjun, Chief Executive Officer (CEO) du groupe Betamax, et contenant une somme de USD 9 700 et des coupures de banques de Rs 1 000 et de Rs 2 000. D’autre part, les enquêteurs du Central CID? sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi, font face à un véritable casse-tête en voulant élucider l’énigme des changements apportés en dernière heure dans le Cabinet Memo sur le contrat de Betamax, avec un jackpot de Rs 10 milliards, lors de la réunion du conseil des ministres du 27 novembre 2009, jour où le contrat avait été signé sur ordre de l’ancien Premier ministre.
Cette enveloppe de Vikram Bhunjun, contenant les USD 9 700 et les coupures de Rs 1 000 et de Rs 2 000, avait été découverte dans l’un des trois coffres-forts saisi à la résidence de River-Walk lors de la perquisition du 6 février dernier. Le Central CID soupçonne que les devises étrangères ainsi que le montant en roupies contenus dans cette enveloppe constituent une partie du pot-de-vin allégué, soit des paiements par tranches, contre l’octroi de ce contrat pour le fret pétrolier au nom de la State Trading Corporation.
Il va se soit que, par la position adoptée depuis le début des enquêtes sous l’opération “Lakaz Lerwa Lion”, Navin Ramgoolam ne devrait en aucune façon éclairer la lanterne du Central CID. Il pourrait faire prévaloir son droit constitutionnel au silence ou, au mieux, réitérer le fait que « cette enveloppe n’est autre que la contribution d’un des bienfaiteurs du Parti travailliste ».
En parallèle, les enquêteurs du Central CID tentent de percer un mystère dans le dossier Betamax au ministère du Commerce. Ils poursuivent en effet la piste  de changements de dernière heure apportés au Cabinet Memo qui a été présenté au conseil des ministres le vendredi 27 novembre 2009. Il semblerait que ce document ne refléterait nullement la position du ministère et viserait tout simplement à faciliter l’obtention du feu vert de cette instance pour la signature de ce contrat de profits de Rs 10 milliards.
Le Central CID veut établir l’identité de l’auteur de ces instructions de même que les exécutants de cette mission. Ainsi, après les récentes auditions “Under Warning” de l’ancien chef de cabinet du ministère, Rechad Hosany, de l’ex-directeur général de la State Trading Corporation, Ranjit Soomarooah, l’ancienne Chairperson de la STC, Vimi Appadoo, pourrait être entendue de nouveau sur des aspects des délibérations de la STC car le Central CID est d’avis qu’elle détient des informations susceptibles de faire progresser l’enquête.
En attendant, l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques Anil Bachoo, qui est déjà en liberté sous caution après son inculpation provisoire, a été convoqué de nouveau demain pour interrogatoire. Après cette étape, il faudra s’attendre à voir l’ancien ministre Jeetah et son beau-frère, Vikram Bhunjun, gravir les 23 marches menant à la salle d’interrogatoire du Central CID comme l’ultime étape de l’enquête avant la soumission du dossier à l’Office of the Director of Public Prosecutions…