Le Central CID, qui a relancé l’enquête sur le contrat-jackpot de Rs 10 milliards alloué à Betamax, avec la convocation du Chief Executive Officer du groupe Bhunjun, Vikram Bhunjun, pour interrogatoire Under Caution, veut boucler le deuxième dossier à charge de la série « Navin’s Coffers Saga – Opération Lakaz Lerwa Lion ». Le premier dossier du CCID, soit celui consacré au délit de Conspiracy dans les incidents au bungalow « maudit » de Navin Ramgoolam à Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, a déjà été transmis à l’Office of the Director of Public Prosecutions en vue de confirmer tout éventuel procès au pénal à être instruit contre l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, et deux Deputy Commissioners of Police, Dev Jokhoo et Ravine Sooroojebally. Toutefois, dans la conjoncture, la question en suspens est celle de la convocation ou non pour interrogatoire de l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Rajesh Jeetah, dans le cadre de l’enquête sur ce méga scandale des fonds publics pour le fret pétrolier entre l’Inde et Maurice.
Accompagné de son conseil légal, Me Rishi Pursem, Senior Counsel, Vikram Bhunjun, engagé dans une affaire de réclamations avec la State Trading Corporation et le gouvernement pour rupture du contrat Betamax, est entendu formellement depuis ce matin par les limiers de la CyberCrime Unit du Central CID au sujet du contrat alloué le vendredi 27 novembre 2009 par la STC sur instructions du conseil des ministres. Ce contrat devrait rapporter des dividendes, des profits et une Plus-Value évalués à plus de Rs 10 milliards pour la durée du contrat.
L’interrogatoire du CEO du groupe Bhunjun devra se faire en plusieurs volets, notamment les circonstances dans lesquelles il a été amené à soumettre des propositions de fret pétrolier pour le compte de la STC au comité ministériel, présidé par l’ancien Deputy Prime Minister sous le gouvernement de Navin Ramgoolam, Rashid Beebeejaun ; les différents échanges de correspondances entre le groupe Bhunjun et le gouvernement ; les conditions offertes par le groupe et aussi son emploi du temps du vendredi 27 novembre 2009, le jour de la signature du contrat.
Vikram Bhunjun sera également confronté à deux autres aspects cruciaux en vue de mieux comprendre les dessous de l’opération Lakaz Lerwa Lion. D’abord, il sera entendu sur ses liens de parenté avec l’ancien ministre Jeetah, qui a siégé au gouvernement travailliste de 2005 à 2014, et au sujet d’une enveloppe contenant 9 700 dollars américains et une importante somme d’argent en coupures de Rs 2 000.
Cette enveloppe a été saisie dans l’un des trois coffres-forts chez Navin Ramgoolam lors de la perquisition effectuée par le Central CID le vendredi 6 février dernier. Dans une grande mesure, sur la base de cet Exhibit, l’ancien chef du gouvernement a été inculpé provisoirement dans l’enquête sur le contrat-jackpot de Rs 10 milliards le 24 juin dernier.
Annoncé au QG du CCID depuis cette dernière date, Vikram Bhunjun court le risque de rejoindre la galerie de ceux qui ont déjà été inculpés provisoirement par les enquêteurs sous la supervision de l’assistant commissaire de police, l’ACP Heman Jangi. Il pourrait se voir accusé de complot en vue de contourner les dispositions de la Public Procurement Act car techniquement le contrat de fret pétrolier de Betamax aurait dû être alloué par appel d’offres. Parmi ceux qui sont déjà en liberté sous caution, relevons l’ancien Premier ministre, l’ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Infrastructure publique, Anil Bachoo, l’ancien secrétaire permanent au ministère du Commerce, qui a présidé la réunion du board de la STC du 27 novembre 2009, Rachid Hosany ou encore le directeur général, de la STC, Ranjitsing Soomarooah.
D’ici la fin de la journée, Vikram Bhunjun devra être fixé sur son sort dans une affaire qui suscite controverses et litiges depuis 2009 avec au moins une inculpation provisoire pour Conspiracy.