Pleins feux sur le monde du jeu à l’Assemblée nationale cette semaine avec la multiplication d’interpellations parlementaires. Ainsi, pour la période couvrant de janvier 2012 à avril dernier, les Mauriciens ont validé pour une somme totale de Rs 10,5 milliards de tickets de Loto. Toutefois, depuis l’année, un changement tangible a été noté dans la tendance avec une baisse d’au moins Rs 1 milliard dans les mises du Loto d’une année à l’autre. Ce même phénomène baissier devrait se confirmer pour cette année vu le “mood” des Mauriciens. En ce qui concerne les paris illégaux, le gouvernement annonce sortir la grosse artillerie pour traquer la mafia dans ce secteur, deux anciens commissaires de la commission d’enquête sur les courses hippiques étant notamment transformés en consultants pour lutter contre l’Illegal Betting alors que la Mauritius Revenue Authority, de son côté, met les bouchées doubles pour concrétiser le projet de Central Electronic Monitoring System. Cela n’a pas empêché les autorités de justifier la restitution de la Betting Licence de la société Empowering People Ltd du couple Boygah.
Des documents déposés par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, en cette fin de semaine à la Bibliothèque de l’Assemblée nationale, révèle que, pour la période allant de janvier 2012 à avril dernier, les Mauriciens ont misé une somme de Rs 10,5 milliards au Loto, le gouvernement bénéficiant d’un jackpot parallèle de Rs 2,5 milliards, sous forme de revenus versés au Consolidated Fund lors de chaque séance de tirage hebdomadaire. Jusqu’à 2014, les Mauriciens validaient des tickets de la Loterie nationale pour une moyenne de Rs 234 millions par mois. Mais, depuis l’année dernière, cet indicateur est tombé à Rs 142 millions par mois.
Les recettes brutes de la Loterie Nationale sont les suivantes :
– 2012 : Rs 2,5 milliards (Rs 580 millions au Consolidated Fund);
– 2013 : Rs 2,4 milliards (Rs 673 millions au Consolidated Fund);
– 2014 : Rs 2,9 milliards (Rs 648 millions au Consolidated Fund);
– 2015 : Rs 1,9 milliard (Rs 431 millions au Consolidated Fund); et
– Six mois à avril 2016 : Rs 851 millions (Rs 202 millions au Consolidated Fund).
Tout en faisant état des mesures entérinées par le gouvernement pour décourager « lespri zougader », le Premier ministre a fait ressortir que « the Gambling Regulatory Authority has already prepared a roadmap on responsible gambling and will shortly embark on a sensitisation programme for the general public and youth, in particular ».
D’autre part, les autorités envisagent un renforcement des dispositions de la Gambling Regulatory Authority Act avec des sanctions plus sévères, dont des amendes et des peines d’emprisonnement, en vue de démanteler le réseau d’organisation de paris illégaux à Maurice. Même si ce fléau est dénoncé sur le plan national, de janvier 2010 à mai 2016, la police n’a établi que 51 cas d’Illegal Betting, avec seulement l’interpellation de 88 suspects. C’était en réponse à une interpellation du Chief Whip Mahen Jhugroo.
Outre de nouvelles ressources mises à la disposition de l’inspectorat de la GRA et de la police des jeux, la décision a été prise « to enlist experts to build capacity in intelligence gathering is envisaged in the near future ». À cet effet, sir Anerood Jugnauth a annoncé le recrutement de deux anciens membres de la commission d’enquête sur les courses hippiques en tant que consultants avec, pour attribution majeure, de soumettre des recommandations en vue de combattre l’Illegal Betting. En marge de cette décision et la prochaine mise en place du Central Electronic Monitoring System à la MRA, d’autres mesures ont été prises, comme le « close monitoring of habitual crilinals » dans le monde des paris illégaux, des « regular checks on bookmakers », la contribution de la CyberCrime Unit du Central CID pour traquer les « illegal betting through online services » ou encore une formule de “Rewards” aux informateurs de la police des jeux. Pour conclure ce chapitre, sir Anerood Jugnauth a annoncé à la Chambre que « I must add that one case of illegal betting involving a major licensee has been detected recently and the matter has been referred to the police », et ce sans ajouter de détails.
D’autre part, la PQ de Rajesh Bhagwan sur les permis émis par la GRA depuis janvier 2015 a donné lieu à des échanges pour le moins passionnés. Le Premier ministre a révélé qu’à l’exception de la Grand-Baie Casino Ltd, qui a obtenu son permis et une licence pour opérer 50 machines à sous, aucun autre permis n’a été octroyé. « However, I wish to inform the House that licences have been issued by the Gambling Regulatory Authority to firstly correct injustices and establish a level playing field among existing licensees and secondly, to reinstate some licences following legal advice and after obtaining the necessary clearances », devait-il ajouter.
Sous cette dérogation, SMS Pariaz Ltd a bénéficié, le 14 décembre dernier, d’un permis pour opérer une “Princpal Place of Business” et huit “Outlets” pour organiser des paris sur des matches de football à l’étranger, de même que des permis pour de nouveaux “Outlets” pour des sociétés Bosco & Co Ltd, Silversports et Value Plus Ltd alors que les Betting Licences d’Empowering People Ltd, d’Ashley Singh, de Jocelyn Lee Shim ont été restitués. Le permis des Boygah a été rétabli suite au feu vert de la Cour suprême « for leaver for Judicial Review » et l’avis du conseil légal de la GRA, Me Antoine Domingue, SC, le 7 décembre 2015.
Tout en ciblant le Senior Adviser au Prime Minister’s Office, Dev Beekarry, et le Chairman de la GRA, Me Raouf Gulbul, candidat battu de L’Alliance Lepep aux élections générales, le Whip de l’opposition n’a pu s’empêcher d’exprimer son étonnement devant l’octroi de ces permis. « Can I know from the Rt. hon. Prime Minister how does he reconcile the fact that Government took a decision to ban the issue of new gaming licence concerning “Nasyon Zougader” which they have campaigned during the election and now permits are given to one financier of the MSM, Mr Lee Shim, who is well-known, and also to the company of PPS Boygah after the saga of the Barachois ? » En guise de réponse, le Premier ministre a trouvé que « well, whatever may be our policy, we have to abide by legal advice and we can’t go against legal advice because if we go against legal advice and if the party were to take us to Court, we would have had no stand to defend. »