Jeudi soir, amateurs et professionnels de danse ont eu l’occasion de voir évoluer sur la scène du Centre Indira Gandhi pour la culture indienne (IGCIC), à Phoenix, Purva Dhanashree, danseuse indienne de bharatnatyam. Une magnifique prestation d’environ 90 minutes qui a amené le spectateur dans le monde des mythes et des légendes des dieux tamouls tout en les interpellant à travers l’expression des valeurs universelles. Pour Purva Dhanashree, « la danse classique puise ses racines dans la tradition, certes mais elle se réinvente à chaque étape de son évolution ».
Accompagnée du Dr S. Vasudevan au chant, de Sri. Karthikeyan Ramanathan au mrindangan et Rajat Prasanna à la flûte, sous les directives de la « nattuvar » ou la chef d’orchestre Renuka Iyer au Nattuvangam, soit les cymbales, la danseuse a enchaîné sur cinq histoires puisées parmi les milliers qui existent dans le répertoire des danses classiques indiennes.
Elle a ouvert le spectacle avec la traditionnelle « Mallari » qui annonce le début de la procession des dieux durant la période de festivité. Avec grâce, elle visualise Ganapathi, dieu caractérisé par une trompe d’éléphant, « dans toute sa magnificence », passe par une prière en son honneur pour terminer par un « alarippu », soit son invocation. Elle enchaîne ensuite avec une danse en hommage au dieu Shiva qui incarne « la vérité, la bonté et la beauté ». Elle interprètera deux autres morceaux avant de conclure avec un « Tillana » caractérisé par des rythmes et des mouvements : « une célébration de la vie ».
Danseuse étoile
Purva Dhanashree, considérée comme une danseuse étoile en Inde, pour avoir, entre autres, reçu le titre de « Nrityashree » par la Saregamapadhani Foundation de Chennai, a baigné dans la culture classique et le bharatnatyam dès son plus jeune âge, sa mère étant elle-même une danseuse professionnelle. Fille unique, elle commence la danse à l’âge de 5 ans et suit l’école de Kalachetra. Au cours de son évolution, fait-elle ressortir lors d’une rencontre avec Le Mauricien, elle a pris ce qu’elle a senti de meilleur dans d’autres écoles du bharatnatyam pour dire les choses à sa manière, car, pour notre interlocutrice, « la danse classique a certes une structure de base mais elle n’est pas figée ».
Se réclamant de l’école traditionnelle, elle affirme que « I take traditional composition because I think it is like an ocean, so much has been written and it has to be shown to people ». Même si l’approche est moderne, le message derrière de même que les sentiments, les émotions et la dévotion n’ont pas changé à travers le temps. « Si on suit l’histoire du bharatnatyam, on remarquera que les mouvements, les techniques de présentation, la durée d’une danse, la manière dont les choses sont dites ont changé mais pas le message. We play with traditions but not at the cost of traditions ».
Notre interlocutrice explique que les mouvements par exemple sont propres à un temps, à une génération ou à un professeur. Selon elle, « we can’t restrict tradition to one time gap. We can’t say this is tradition, it is over and we are starting something modern. No ! Tradition is reinventing itself through every dance ».
Purva Dhanashree affirme que comme pour toutes les religions, on répète sans cesse la même histoire et les gens oublient et pour elle, « the message being conveyed is important ».
Lors de son séjour à Maurice, la danseuse qui est aussi professeure a eu une rencontre avec les professeurs et étudiants du Mahatma Gandhi Institute (MGI). Un échange très enrichissant, indique-t-elle en soulignant que la réflexion s’est portée notamment, sur « how to approach a text in dance ». Selon elle, c’est une question fondamentale qui touche tout type de danse à travers le monde.
Ses rencontres avec de jeunes et amateurs de danse ont été marquées par la question sur l’âge idéal pour commencer la danse. Selon elle, « il n’y a pas d’âge précis pour commencer ».
« Cela dépend des personnes. Si quelqu’un n’a pas eu la chance de commencer jeune, cela ne l’empêche pas de le faire à un âge avancé. Pour danser, on n’a pas besoin de maîtriser absolument toutes les techniques. Il y a des mouvements relativement légers pour le corps qu’on peut apprendre plus tard. D’autres, cependant, plus difficiles, demandent plusieurs années de travail et un début, à un âge relativement jeune ».
« If you want to dance a bhajan, you need to go accordingly and glimpses of the techniques will be sufficient, you can do justice to the bhajan », affirme-t-elle au Mauricien.
La venue de Purva Dhanashree et de son groupe à Maurice est une initiative de l’Indian Council for Cultural Relations (ICCR) qui a signé une convention de coopération avec le ministère mauricien des Arts et de la Culture.