En entamant son mandat à la tête de l’Association mauricienne de volley-ball (AMVB), Bharun Teeroovengadum veut apporter une nouvelle vision et une approche différente. Il compte agir vite et bien. Et ce, afin d’aider à l’épanouissement des équipes et redonner à cette discipline ses lettres de noblesse. Au cours de cet entretien, Bharun Teeroovengadum revient sur la tenue de l’assemblée générale élective, ses relations avec son frère Naz et la nécessité de bénéficier des services d’un directeur technique national, entre autres.
Pratiquement un mois à la présidence de l’AMVB, et pourtant les critiques continuent de pleuvoir sur la tenue de l’AG élective. Bharun Teeroovengadum, comment réagissez-vous à cette levée de boucliers ?
J’ai la conscience absolument claire et je n’ai rien à me reprocher. La majorité des clubs, soit 29 des 38, étaient représentée à cette fonction et, à mon avis, tout a été effectué dans la légalité. Pour ce qui est des comités régionaux, rien que la région de Rodrigues est actuellement représentée au sein du comité. Cela est dû au fait que les autres clubs régionaux ne sont pas à jour. Quand tous les comités seront en conformité, nous remplirons les vacances au sein de notre comité pour nous retrouver avec quinze membres, dont trois des comités régionaux. D’ailleurs, nous avions déjà informé le Registrar of Associations de cette situation avant la tenue de l’AG. Je dois également mentionner que toutes les propositions et motions programmées lors de l’AG élective seront débattues au cours de notre prochaine AG annuelle en mars.
Le fait brutal demeure qu’un de vos principaux détracteurs n’est nul autre que votre frère Naz…
Même avant la tenue de cette assemblée, Naz s’était mis à protester en alertant le Registrar of Associations et les instances internationales. Il a même déclaré qu’une dizaine de clubs avaient signé une lettre afin que l’AG se déroule sous la supervision de la Commission électorale. Qui sont ces clubs ? Il ne les a jamais cités. Je me demande également pourquoi il n’était pas présent à l’AG. Naz veut donner l’impression de quelqu’un qui connaît tout. Toutefois, il doit venir prouver ses dires et ses allégations. Il ne doit surtout pas oublier qu’il a déjà été désigné persona non grata au sein de la fédération et que ses antécédents dans deux autres fédérations sont également connus de tous.
Quid de vos relations actuelles avec Naz ?
Cela fait quelques mois déjà que nous ne nous sommes pas rencontrés, soit après la rencontre prévue entre son club de Trotters de Quatre Bornes et Ernest Florent VBC. Ce jour-là, il avait agi de façon grotesque et menaçante, lançant toutes sortes d’insinuations à mon égard et celle des arbitres et de la dame qui officiait à la table. De là, j’ai fait une déposition au poste de police et il a écopé d’un sévère avertissement. De plus, un comité disciplinaire sera bientôt institué pour faire la lumière sur ce comportement, de même que sur les incidents qui ont marqué la rencontre Rivière-du-Poste SC/Trou-aux-Biches Sharks.
Un frère à la présidence, l’autre au secrétariat, soit les deux postes les plus importants d’une fédération. Cela ne laisse-t-il pas la place à des insinuations ?
J’avais proposé le nom de Kaysee tout simplement parce qu’il fallait quelqu’un de très fort et d’expérimenté au secrétariat. J’ai d’ailleurs constaté des manquements à ce poste la saison dernière. Donc, loin de moi l’idée de vouloir protéger mon frère ou de vouloir lui confier un poste de responsabilité. Je ne vois finalement pas pourquoi deux frères ne pourraient occuper des postes importants au sein d’une fédération.
Vous aviez dirigé votre première réunion la semaine dernière. Une bonne expérience ?
Le courant est vite passé entre les membres. Tous ceux présents ont compris ma philosophie à l’effet que nous devrons tous travailler de concert, donner de notre temps pour le progrès de cette discipline et faire montre de compétence.
Les membres de votre comité pourront-ils suivre le rythme effréné que vous comptez imposer ?
En tant que président, je veux agir, car je crois dans les actions et la mise en pratique de ces actions. Il faudra éviter tout laxisme, comme cela avait été parfois le cas au sein de l’ancien comité. Sous ma présidence, celui qui fautera au sein de mon comité sera immédiatement révoqué. Je mettrai également l’accent sur la discipline, et c’est pourquoi le comité viendra de l’avant avec un code de conduite pour les joueurs, dirigeants et autres officiels. Ce sera un signal fort car aucun club ne pourra se permettre d’être au-dessus de la loi. Peu importe si son représentant siège ou pas au sein du comité directeur de la fédération.
Reste que certains s’étonnent de votre si fulgurante ascension dans le giron du volley-ball…
Tout ce que j’ai entrepris jusqu’ici, surtout au cours de la saison écoulée, a été fait par amour pour le volley-ball. J’estime que les autres membres élus ont voulu saluer ce travail en me proposant à l’unanimité à la présidence. Quand j’avais été nommé à la présidence de la Commission Organisation des compétitions l’année dernière, j’avais élaboré un calendrier étoffé. Plusieurs étaient sceptiques, mais mon défi était de mener à bien cette mission. J’étais ainsi sur le terrain pendant pratiquement toute une saison et une synergie avait ainsi pu être créée avec les dirigeants des différentes équipes. Avec l’aval du président de la fédération, des négociations avaient été entamées pour la réintégration de quelques clubs, alors que l’accord du ministre Devanand Ritoo avait pu être obtenu pour l’octroi de Rs 400 000 aux équipes qui avaient défendu nos couleurs à la Coupe des clubs champions de la zone 7. Je n’ai pas effectué tout ce travail rien que pour accéder à la présidence. Je le redis, cela a été le voeu des autres membres du comité de me désigner à ce poste.
Les équipes devront-elles vous faire davantage confiance alors que vous avez accédé à un poste encore plus important ?
Effectivement, je veux le bien-être et l’épanouissement de tous les clubs sans distinction. Sous ma présidence, aucun club ne devra se sentir lésé. Dans ce contexte, j’avais personnellement milité la saison dernière pour la réintégration de certains clubs tels que l’Association Black Riverside, L’Escalier Olympic SC, le Goodlands VBC et le Club Sportif de Mahébourg. D’ailleurs, Dean Ramburrun, dirigeant de cette dernière formation, a exprimé son bonheur devant ce retour à la compétition, d’autant que son équipe a pu disputer directement le championnat féminin de première division.
Le fait qu’il n’existe qu’une seule division au niveau féminin ne vous interpelle-t-il pas ?
Je suis pleinement conscient de ce fait. C’est pourquoi je suis en faveur de la relance du Centre national de formation. Les meilleurs joueurs de l’île actuellement sont tous passés par cette instance. En revoyant la situation de fond en comble au niveau du Centre national de formation, nous pourrons ainsi préparer une relève, surtout au niveau féminin. Ce sera d’ailleurs une de mes priorités.
La venue d’un directeur technique national fait-elle partie de vos plans cette saison ?
Je crois savoir que Philippe Blain (ndlr : ancien sélectionneur de l’équipe de France) avait eu une séance de travail avec l’ancien président. Jusqu’ici, aucune suite n’a été donnée. Si Philippe Blain ne donne pas son accord, nous avons d’autres personnes en vue telles que Frédéric Trouvé. Reste que je suis définitivement en faveur de la venue d’un DTN, surtout si nous voulons réellement la relance du Centre de formation au sein duquel rien de concret n’a été réalisé ces trois dernières années. Je suis conscient des lacunes et il faudra donc revoir de fond en comble le fonctionnement du centre. Ce sera une de mes priorités. Toutefois, nous verrons plus clair sur ce point à l’issue d’une prochaine rencontre avec le ministre Ritoo.
Estimez-vous que le volley-ball pourra retrouver son lustre d’antan ?
Je le souhaite et c’est pourquoi je fais un appel pressant à tous les amoureux du sport, même les anciens joueurs, afin qu’ils apportent leur soutien. Différentes commissions seront créées et des gens seront cooptés. Je suis conscient du manque d’arbitres et nous mettrons l’accent sur la formation dans ce domaine. Tout comité régional devra comprendre un nombre suffisant d’arbitres, car des tournois se dérouleront dans les régions et non pas uniquement à Vacoas à partir de cette saison. Tous les comités régionaux devront donc jouer le jeu.
À quoi peuvent donc s’attendre les passionnés de cette discipline au cours des prochains mois ?
À un calendrier étoffé, fort de quelques innovations et avec un certain accent sur la promotion du beach volley. La machine est déjà en marche avec l’affiliation prochaine des différentes équipes, la soumission des différents playing-strenghts et l’ouverture de la période des transferts. Notre première compétition devrait se tenir vers la mi-février et les résultats seront obtenus si tout le monde apporte sa pierre à l’édifice.