Sarita Boodhoo, la présidente de la Bhojpuri Speaking Union, se réjouit de l’ouverture de 50 écoles de geet gawai à l’occasion du 50e anniversaire de l’Indépendance. Un moment de grande fierté qu’elle a partagé avec ses geetharines samedi au centre culturel Indira Gandhi à Phoenix à l’occasion du 2e anniversaire de l’inscription du geet gawai sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité.

Cette émotion a également été partagée par le vice-président par intérim Barlen Vyapooree, Lady Sarojini Jugnauth, le haut-commissaire de l’Inde à Maurice, Abhay Thakur, et des délégués venus assister à la 13e session du comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine immatériel.

Depuis l’ouverture de la première école de geet gawai à Petit-Raffray en 2013, l’intérêt pour l’établissement de ces écoles dans les autres régions de l’île n’a cessé de s’accroître. Vu que la langue héritée de nos ancêtres a connu une nouvelle dynamique avec l’inscription des chants traditionnels à UNESCO, le prochain objectif de la BSU est d’ouvrir une université pour l’enseignement de cette langue et l’organisation avec l’aide du gouvernement d’un Bhojpuri Utsav en 2019. Selon Sarita Boodhoo, la revalorisation du bhojpuri favorise l’harmonie sociale, l’ouverture vers les autres, la tolérance et la paix fraternelle. Le bhojpuri était une langue utilisée par les travailleurs écrasés et exploités par les barons sucriers.

Profitant de la présence de Lady Sarojini Jugnauth parmi les invités, le Dr Sarita Boodhoo se souvient que la dignitaire avait prononcé son premier discours en bhojpuri en 1982 à Petite-Rivière au Mauritius Bhojpuri Institute. Le Dr Sarita Boodhoo a déclaré que l’ouverture des 50 écoles et de 25 autres à l’avenir vise non seulement à revaloriser le geet gawai mais pour assurer la sauvegarde de ce patrimoine. Un rapport devra être soumis à l’UNESCO sur les mesures prises afin de préserver cette tradition culturelle. Elle a loué les efforts d’Abhay Thakur concernant la concrétisation de plusieurs projets d’envergure et lui a souhaité plein succès pour ses nouvelles fonctions bientôt au Nigeria.

Des instruments dont des lothas (pots en cuivre), le dholak, le chimta, entre autres, ont été remis à Claudie Ricaud, la directrice du conservatoire de musique François Mitterand. Ces objets figureront dans le musée du patrimoine. Les geetarines ont été récompensées au cours de cette célébration. Un spectacle retraçant la contribution des nanis (grand-mère) dans la transmission de cette tradition orale et racontée aux enfants a été vivement applaudi par l’assistance.