Entre succès personnel, défis et désenchantements, quelques anonymes et célébrités témoignent de ce qu’ils retiennent de 2019. Une année avec du bon et du moins bon, autant sur le plan personnel que de l’actualité, marquée par des événements d’envergure.

Nalini Aubeeluck, artiste et entrepreneur: “Riche en événements positifs”

“Sur le plan national, je retiens que les Mauriciens ont voté pour la continuité et que nous avons eu des élections qui se sont bien déroulées. Le lancement du Metro Express sur le territoire cette année a été un signal fort, qui positionne Maurice sur l’échelle des pays les plus développés de la région. Les Jeux des Îles de l’Océan Indien ont été un succès, avec une organisation remarquable et la belle performance des sportifs mauriciens. 2019 aura été une année riche en événements positifs et j’espère qu’il en sera de même en 2020.

Sue le plan personnel, un événement malheureux et un autre plus heureux ont marqué mon année. J’ai perdu ma grand-mère qui m’était chère, ayant grandi à ses côtés dans la même maison. Et j’ai reçu le prix du Meilleur Espoir Africain aux Sotigui Awards 2019 (récompensant les meilleurs acteurs d’Afrique et de la diaspora). C’est une fierté pour moi d’avoir été la première femme mauricienne à recevoir un tel prix.”

Ravin Peruman, enseignant d’anglais

“Une année riche en événements”

“Cette année a été riche en événements, avec notamment les élections générales. Je suis heureux que tout se soit bien passé et qu’aucun conflit majeur n’ait été déploré. En tant qu’enseignant au secondaire, ce que je retiens surtout, c’est que les conflits générationnels et l’indiscipline prennent de l’ampleur dans les écoles. Les jeunes sont beaucoup trop connectés, coupés de la réalité. D’autres moyens devraient être trouvés pour remédier à la situation. Nous travaillons en ce sens pour l’année prochaine.

Personnellement, cette année a été très spirituelle, axée sur le développement personnel, à travers la méditation et des lectures. C’était l’occasion de me recentrer sur les objectifs fixés et voir plus loin.”

Steeve Dubois, président du Cercle des Artistes Photographes (CAP)

“De bonnes comme de mauvaises choses”

“Autant sur le plan personnel que professionnel, l’année 2019 a été très positive. Nous n’avons pas trop à nous plaindre. L’actualité a été rythmée par de bonnes comme de moins bonnes choses, avec les multiples scandales pour ne pas changer. Nous avons également eu les Jeux des Îles de l’Océan Indien, le lancement du Metro Express, sans oublier les élections générales. Il faut bosser pour faire avancer le pays, la population et surtout les individus. Il ne faut pas oublier ces laissés-pour-compte de la société.

Cette année, le Cercle des Artistes Photographes (CAP) a fêté ses 40 ans. Pour marquer l’occasion, nous avons été partie prenante de plusieurs activités, expositions et compétitions.

Au niveau personnel, ma vie a été très remplie, avec plusieurs activités en dehors du CAP. Je suis partie prenante de l’exposition “Sous les Lambrequins”, qui se tient toujours au Blue Penny Museum.”

Rick Bonnier, biologiste et initiateur de la campagne Clean Ocean

“La volonté de travailler en faveur de l’environnement s’est fait sentir”

“Cette année, la volonté de travailler en faveur de l’environnement s’est fait sentir à plusieurs niveaux. Beaucoup plus d’efforts ont été déployés au niveau national pour protéger notre écosystème. Nous parlons beaucoup plus de recyclage et de réduction de déchets. Comme annoncé dans son manifeste électoral, l’actuel gouvernement vient de l’avant avec la mise sur pied d’un Youth and Environment Council.

En ce qui me concerne, 2019 a été une très belle année, car j’ai eu l’occasion d’avancer dans mes projets et mes rêves. Le prototype sur lequel ma compagne Sapna Woodit et moi travaillons depuis tant d’années (invention d’une machine permettant de neutraliser le plastique en mer) avance bien et sera complété d’ici 2020. Via la campagne Clean Ocean, nous avons été lauréats de plusieurs prix, comme le Test Drive 2019, organisé par la Turbine. Nous avons aussi été classés dans les 20 premiers lors de la compétition internationale Climate Lauch Pad. En septembre, j’ai aussi remporté le concours Blue Champion Award (dans la catégorie Best Innovative Concept) organisé par la Commission de l’Océan Indien.” 

Eddy Parmessur, travailleur social

“Une année intéressante sur les plans politique, économique et social”

“Dans les grandes lignes, 2019 aura été une année intéressante sur les plans politique, économique et social. Que nous soyons d’accord ou pas avec l’issue des élections générales, nous avons à la tête du pays une équipe qui est toujours là et qui travaille. Nous avons eu des hauts et des bas tout au long de l’année. Mais ce sont des réalités que nous devons accepter. Maurice présente une face prospère, avec une économie qui va de l’avant. Mais aussi une autre face, plus précaire : nous avons toujours des gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Des réalités qui passeraient inaperçues s’il n’y avait pas les médias. Les ONG et les travailleurs sociaux ont aussi beaucoup travaillé en faveur de ces marginaux de la société. Je tiens à saluer leur travail.”

Vikash Tatayah, de la MWF

“Des hauts et des bas”

“Il y a eu des hauts et de bas. Je voudrais dire bravo au ministre de l’Environnement pour l’initiative des Assises de l’Environnement. Nous espérons que ça ne va pas s’arrêter là, et qu’il y aura un véritable engagement pour régler les problèmes environnementaux. Nous nous réjouissons du downlisting de la grosse cateau verte, oiseau endémique, sur la liste rouge de l’UICN. Cela prouve que quand nous avons envie de faire quelque chose, nous pouvons réaliser des choses merveilleuses. A contrario, l’hirondelle des caves (oiseau endémique de Maurice et de La Réunion) a pris place sur cette liste rouge, avec le statut de Near threatened. Cela nous rappelle que nous devons mieux nous occuper de nos caves et sévir contre des gens qui brisent les nids d’hirondelles pour faire de la soupe.

Le nouvel épisode d’abattage de la chauve-souris frugivore endémique de Maurice va à l’encontre des Assises de l’Environnement. Je regrette que nous n’ayons pas saisi l’occasion de trouver une solution plus durable et harmonieuse avec la biodiversité.

Autre point à déplorer : le développement sauvage, qui s’est poursuivi en 2019. Nous sommes toujours en train de perdre des parcelles de forêts. On ne peut plus se le permettre.”

Sandragassen Naidu, Operations Officer

“Des progrès, mais encore beaucoup à faire”

“Sur le plan des infrastructures, il y a du progrès, mais il reste encore beaucoup à faire. Le progrès amène la modernisation, mais il faut s’assurer que tout se fait correctement. Le tramway est un bon projet.

Je déplore les accidents qui ont coûté la vie à de nombreuses personnes en 2019. C’est chagrinant. Beaucoup de chauffeurs ne réalisent pas qu’ils sont également des piétons. Ils roulent vite et ne font pas attention à ce qui se passe sur la route.

Je suis triste de constater que des personnes, dont beaucoup de jeunes, sont mortes noyées cette année. Je pense que ça devrait être le devoir des professeurs de mettre en garde les écoliers sur les dangers qui les guettent quand ils sont en vacances. Le message doit être passé à l’école et par les parents.”

Vanessa Froid, Sales agent

“2019 m’a déçue”

“J’ai été un peu déçue de l’issue des élections et de l’année 2019. Je pensais qu’il y aurait un changement, mais cela n’a pas été le cas. En tant que mère de famille, je trouve qu’il y a trop de prix qui ont augmenté en 2019. Cela donne l’impression que ce sont nous, les personnes de la vie active, qui devons travailler plus pour pallier l’augmentation de la pension de vieillesse. Même si la facture d’eau a augmenté, le robinet ne coule pas, alors qu’on nous avait promis de l’eau 24 heures sur 24. Ce n’est pas normal !

Je trouve également que nos routes sont en très mauvais état. Moi qui conduis tous les jours pour aller au boulot, je peux vous dire que ma facture de réparations dues aux nids-de-poule me revient cher. Nous payons des sommes conséquentes à la NTA, mais nous n’avons pas de routes correctes. Les réparations se font n’importe comment, juste avant les élections. Ensuite, les routes ne font que s’abîmer.”

Laura Beg, chanteuse

“Une année positive au niveau personnel”

“L’année 2019 a été très positive au niveau personnel, surtout dans ma musique. J’ai consacré la plus grande partie de l’année à concevoir mon prochain album, qui sortira en 2020, ainsi qu’à mes autres projets. J’ai fait une tournée en Europe, avec sept ou huit dates, et un peu partout dans l’océan Indien. J’ai également réalisé une première, en proposant un concert acoustique, très intimiste.

Mais l’année 2019 a été négative sur le plan du respect de la femme au niveau conjugal. Il y a eu beaucoup de violences envers elles. Je me suis consacrée à cette lutte durant l’année. Ça ne devrait plus exister. Ce n’est plus un sujet tabou : on doit en parler pour que cela cesse.”

Deeya Beerjafan, Senior Broker en assurance

“Une année riche en émotions”

“2019 a été riche en émotions. Il y a beaucoup de choses qui ont marqué l’année. Les Jeux des Îles ont provoqué un grand élan de patriotisme. J’ai aussi aimé voir les gens s’exprimer davantage par rapport à la pollution et l’environnement.

La Coupe du monde de football féminine a été un événement extraordinaire. Cela peut donner envie à des petites filles d’avoir d’autres ambitions que d’être femmes au foyer.

Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé le grand final de la série Game of Thrones.

Je retiens également l’émergence de Greta Thunberg, qui a fait la couverture du Times. Elle a marqué les esprits.”