Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, se dit pleinement satisfait des résultats de la première année d’opération du Youth Employment Programme et de l’ICT Skills Development Programme dont le bilan sous forme d’un rapport d’une cinquantaine de pages a été présenté lors d’une conférence de presse ce matin. Au 23 janvier 2014, 4 178 jeunes âgés de 16 à 30 ans ont été placés en entreprise, soit 37,6 % de ceux qui se sont fait enregistrer pour les besoins de ces deux programmes pour lesquels le gouvernement avait voté un budget de Rs 330 M pour 2013 et Rs 275 M pour 2014.
Le ministère des Finances et du Développement économique avait institué en novembre 2012 un Skill Working Group (SWG), constitué de représentants des secteurs public et privé pour administrer le Youth Employment Programme (YEP) alors que l’ICT Skill Development Programme (ISDP) avait été introduit sous l’égide du ministère des TIC pour se pencher sur le problème de chômage chez les jeunes. La formation et le placement des jeunes en entreprise constituaient le noyau de ce double programme pour lesquels des incitations financières étaient prévues. Le gouvernement avait accepté de financer, à hauteur de 50 %, les salaires des jeunes embauchés, soit un maximum de Rs 4 000 pour un non-diplômé et Rs 7 500 pour un diplômé ou gradué. Les employeurs étaient libres d’offrir des salaires mensuels supérieurs à Rs 8 000 et à Rs 15 000 à un non-diplômé et à un diplômé respectivement mais avaient l’obligation de retenir le candidat sélectionné pour un placement d’une période initiale d’une année. Le gouvernement était aussi disposé à financer, jusqu’à un plafond de Rs 7 500, 50 % du coût de formation d’un jeune dans une entreprise.
Le YEP/ISDP a été un succès retentissant, a soutenu le ministre des Finances, de par l’intérêt démontré par les jeunes chômeurs pour ce type de programme et les placements qui ont suivi. En une année, 11 097 personnes âgées de 16 à 30 ans se sont fait enregistrer sous ce double programme et depuis la signature du premier Memorandum of Understanding (MoU) avec un employeur le 5 février 2013, un total de 1 053 protocoles d’accord a été noté. Le Skill Working Group a parallèlement organisé environ 18 000 entretiens pour des jeunes au chômage avec leurs éventuels employeurs.
« Notre objectif au moment du lancement du YEP était de briser un cercle vicieux. Les employeurs refusaient d’embaucher des gens sans expérience du monde du travail et sans formation et les jeunes éprouvaient des difficultés pour obtenir un emploi justement en raison de ce manque d’expérience. D’où la possibilité pour un jeune qui obtient un placement de recevoir une formation préalable et répondant aux besoins de l’entreprise qui le recrute. Nous voulions également, à travers le YEP, aider les employeurs à trouver une solution au problème de productivité lié à la première année de recrutement d’une jeune. Par ailleurs, le YEP devait aussi servir d’opportunité pour les employeurs à trouver plus facilement des gens qualifiés sur le marché », a expliqué XLD.
Le Grand Argentier a fait ressortir dans la même foulée que le haut niveau du chômage chez les jeunes n’est pas un phénomène nouveau. Beaucoup de pays développés en font l’expérience. L’Union européenne connaît un taux de chômage de 24 % chez les jeunes de 16 à 24 ans, taux semblable à celui de Maurice. La France enregistre un taux de 25 % alors qu’au Royaume Uni ce taux est de 21 %. Maurice veut être parmi les pays qui ont su trouver une solution au problème du chômage chez les jeunes ou qui font face à un taux relativement bas. Xavier-Luc Duval a cité comme exemples le Japon (7 %), l’Allemagne (8 %) et l’Autriche (9 %). Il a souligné que le chômage chez les jeunes ne date pas d’hier et que le taux est resté au-dessus de 20 % depuis plusieurs années. Le rapport rendu public aujourd’hui fait voir que près de deux tiers des personnes au chômage à Maurice sont âgées de 16 à 29 ans.
Le génie civil très demandé
Sur les 11 097 personnes dont les noms figurent sur les registres du YEP/ISDP, 45,6 % sont des hommes et 54,4 % des femmes. « We can observe that 983 more young females than males have registered themselves. This can be explained by the increasing number of women entring the labour force. However, only, 31,7 % out of total females have been placed compared to 44,8 % for males », précise le rapport qui fait ressortir, par ailleurs, que l’inégalité au niveau du genre sur le marché du travail est plus présente dans la tranche d’âge la plus faible. La base de données constituée par le Skills Working Group montre également que 31,7 % et 39,1 % des jeunes sont dans les tranches d’âge de 19-21 ans et de 22-24 ans respectivement. Ceux qui ont pu obtenir un placement se trouvent principalement dans ces mêmes tranches d’âge.
S’agissant des secteurs où on compte un plus grand nombre de jeunes placés, le rapport indique que les nouvelles technologies et la communication, l’hôtellerie/restauration, les services professionnels/scientifiques/techniques, l’industrie manufacturière et le commerce ont été les plus prisés. Selon un graphique concernant les pourcentages de placements selon les études ou qualifications des jeunes, on peut noter que les personnes ayant fait des études de génie civil ont été les plus fortunées avec un taux d’embauche de près de 80 %. « Placement of young graduates in the fields of civil engineering, architecture, marine technology, fashion and textile, mechanical engineering reached around 50 % », annonce le rapport.
Par ailleurs, Xavier-Luc Duval a fait état de nouvelles mesures pour faciliter davantage l’embauche des jeunes. Ces mesures portent, entre autres, sur un programme de formation des jeunes pour qu’ils passent mieux les entrevues, améliorent leur aptitudes de communication, leurs capacités d’analyse et leur propre personnalité. Le gouvernement lancera aussi un programme « Women back to work », une enquête bi-annuelle sur les tendances au niveau de l’emploi en vue de mieux guider les jeunes vers les filières d’embauche, développer une stratégie pour faciliter l’emploi de professionnels mauriciens à l’étranger, plus particulièrement en Afrique et développer des programmes d’apprentissage ciblés avec des institutions de formation au niveau du tertiaire.