Y a-t-il eu une ingérence des autorités ou le jugement de la Cour a-t-il été outrepassé ? Telle est la question que se posent les membres de l’Association des commerçants de Rose-Hill, lesquels envisagent de porter l’affaire devant l’ICAC face au fait que certains marchands ambulants continuent d’opérer dans certaines rues et endroits stratégiques de la ville, portant ainsi un sérieux coup aux activités des commerçants.
Un défi de taille attend en effet le nouveau maire des Villes Soeurs, Racheed Daureeawoo, avec le litige opposant les marchands ambulants et les commerçants de la ville, en règle, qui font pression pour que la municipalité et la police fasse respecter un jugement de la Cour afin d’interdire les commerces illégaux dans la ville. Face au fait, soutiennent les propriétaires de magasins, que certains marchands continueraient d’opérer « en toute impunité » – usant même de subterfuges pour se cacher à l’arrivée des inspecteurs et des policiers –, l’Association des commerçants envisage de porter plainte à l’ICAC. Cette option est à l’étude en vue, expliquent les membres, de déterminer s’il y aurait eu « ingérence » ou tout autre facteur ayant permis que des marchands illégaux continuent de travailler dans la ville, certains mettant même leurs véhicules sur les espaces de parking.
Dans une correspondance envoyée à la rédaction, les commerçants font part de leurs interrogations : « Si ce n’est pas le conseil municipal, qui est celui ou ceux qui ont pris la décision de laisser les marchands ambulants occuper une partie de la Place Margeot et la rue la Reine pendant les derniers jours de décembre ? Si c’est le conseil, les procédures ont-elles été suivies strictement en fonction des dispositions de la loi ? » se demandent-ils. Et d’ajouter : « Qui sont ceux qui ont été trouvés éligibles à occuper les places publiques, y compris les voies de passage, et quels ont été critères établis ? Quels ont été les frais d’occupation par tête, l’espace alloué, les produits autorisés à être mis en vente et toute autre condition qui ont été imposées à ces commerçants ? Les principes d’équité et de justice, de transparence et de bonne gouvernance ont ils été pris en considération et toute décision rendue publique ? »
L’association, qui envisage également de saisir l’Equal Opportunity Commission (EOC), poursuit : « Ce jugement de la Cour n’excluant aucune partie de la ville de Beau-Bassin–Rose-Hill, et certains marchands ambulants s’étant installés sans être le moindrement inquiétés dans ces deux endroits – à savoir la Place Margeot et la rue la Reine –, il faut bien que l’ordre ait émané de quelqu’un ou de plusieurs hauts placés. Puisque nous ne sommes nullement satisfaits, au niveau de l’association, que la mise en demeure ait été prise en compte dans son intégralité et que, de ce fait, il se pourrait qu’il y ait “outrage à la cour”, la demande d’une compensation en termes de dédommagements pour les pertes encourues par les commerçants deviendrait très probable. »
Dressant un bilan plutôt négatif de la situation, une affluence très réduite ayant été notée par rapport aux années précédentes et une morosité perceptible ayant eu un impact sur les ventes, les commerçants racontent comment, le 31 décembre, certains magasins ont fini par baisser leurs volets très tôt avec, pour conséquence, de ne plus avoir, dès 19 h, qu’une poignée de commerces encore ouverts. Les commerçants craignent en effet que Rose-Hill devienne une « ville fantôme ». Un certain nombre de propriétaires de magasins auraient en effet signifié leur intention de plier bagage, principalement du fait de l’augmentation des « Trade Fees » en vigueur depuis le 1 janvier.