La confirmation mardi denier des pertes de Rs 1,2 milliards (29,2 millions d’euros) essuyées par la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, au cours de l’exercice financier 2011/2012 ne détonne pas du contexte international de l’aviation commerciale. Le principal facteur pesant lourdement dans les comptes d’Air Mauritius reste la note de carburant représentant 40% des dépenses. Mais il y a encore l’évolution défavorable du taux de change euro/dollar US et l’impact de la crise de la zone Euro sur le transport aérien. Entre-temps, avec la mise en application du plan de transformation, la compagnie aérienne fera face à un semestre de vérité d’ici la fin de l’année avec d’importantes échéances en vue, dont les conclusions du Manpower Audit soumises à la direction générale en août prochain.
Au 31 mars dernier, les pertes d’Air Mauritius se montaient à 29,2 millions d’euros contre des profits de 9,9 millions d’euros à pareille époque l’année dernière. Les revenus de la compagnie n’ont progressé que de 3,9% pour atteindre 450,9 millions d’euros avec une capacité accrue de sièges-avion de 4,4%, soit 77 859 unités additionnelles.
Même si la croissance dans le nombre de passagers transportés n’a augmenté que de 2,3%, la performance de 1,3 millions de passagers constitue un record. Toutefois, le taux de remplissage des avions a enregistré une baisse, passant de 79,87% en 2010/11 à 77,1% en 2011/12.
De l’autre côté du Balance Sheet, Air Mauritius a dû faire face à une hausse de l’ordre de 13,5% pour atteindre 485,7 millions d’euros. La facture du carburant, qui représente 40% de ces dépenses, a connu une augmentation de 32%. La compagnie a encouru des dépenses de 190,7 millions d’euros pour le seul item du carburant. En 2009/10, le carburant avait nécessité des dépenses de presque la moitié, soit 95,5 millions d’euro.
« À l’instar de l’ensemble des compagnies aériennes, c’est l’envolée des cours du carburant, impactant sur les coûts opérationnels, qui pèse le plus lourdement sur les comptes de la compagnie. D’un exercice à l’autre, la seule facture carburant d’Air Mauritius s’est alourdie de plus de 47,8 millions d’euros (Rs 1,9 milliards) », note le communiqué de la compagnie à la publication du bilan financier.
Les analyses comptables confirment que les Revenue per Available Seat Kilometre (RASK) a enregistré une progression de 1,4%, soit 5,89 euro, comparativement à l’année dernière. Par contre, le Cost per Available Seat Kilometre a augmenté de 11% pour de retrouver à 6,25 euro en raison de la hausse du cours du carburant.
Toutefois, la direction générale d’Air Mauritius soutient que la mise à exécution du plan de transformation devra donner des premiers résultats tangibles d’ici la fin de l’année. « Subject to no deterioration in external factors (European debt crisis, fuel prices and Exchange Euro/US Dollar), the company’s transformation plan is expected to considerably reduce our losses this year », affirment conjointement le président du Board et le Chief Executive Officer par intérim, respectivement Kamal Taposeea et Andre Viljoën.
Le secont trimestre de cette année devra être déterminant pour l’avenir d’Air Mauritius. Outre la confirmation des procédures pour une Request for Proposal pour le choix du partenaire stratégique et le programme de Network Concentration et de rationalisation de la flotte, toute une gamme de mesures faisant partie du nouveau Business Model devront être enclenchées. Ainsi, suite à un exercice d’Expression of Interest, 17 compagnies ont démontré un intérêt dans la reprise des services d’hélicoptère. Une présélection a débouché sur une liste de quatre firmes avec le début des négociations enclenché incessamment.
Toujours en ce concerne l’opération de « Monetizing Non-Core Assets », des décisions sont en attente pour la vente de MedCor Building, le QG de la compagnie à Port-Louis et l’hôtel Cotton Bay à Rodrigues. Toute décision pour la vente de MedCor Building pourra coïncider avec la mise en opération des installations du nouveau terminal au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport au début de l’année prochaine.
Une autre étape majeure dans cette transformation touche à la gestion des ressources humaines, dossier considéré comme extrêmement délicat pour les 2 800 employés en poste. Le calendrier établi prévoit que le Manpower Audit, qui est actuellement en cours, devra être soumis à la direction générale en août prochain. Les conclusions de cette étude détermineront la taille optimale de la compagnie dans la conjoncture. Le mois de septembre devra voir l’adoption de ce qui est présenté comme une « Robust Performance Management System » à l’intention de tous les employés.