La note de consommation de carburant a plombé le bilan financier d’Air Mauritius au 31 mars. La compagnie aérienne nationale a dû débourser 47,8 millions d’euros pour assurer sa consommation de carburant. C’est ce qu’indiquent les chiffres officiels communiqués par sa direction générale aux autorités boursières.
Avec un résultat net négatif de 20,9 millions d’euros pour la période d’avril à décembre 2011, la performance du dernier trimestre, avec des pertes de 8,3 millions, n’a nullement aidé. Air Mauritius termine l’année financière avec des pertes de 29,2 millions d’euros, soit environ Rs 1,2 milliard.
« Cette performance reflète l’atonie du secteur aérien en général et le ralentissement du tourisme à Maurice, tributaire de l’Europe, en particulier », souligne la direction générale d’Air Mauritius, qui rappelle les commentaires de l’IATA selon lesquels, sur le plan mondial, « le secteur a connu une chute de 51 % de ses résultats opérationnels et des pertes nettes de plus de 1,5 milliard de dollars. Les compagnies aériennes européennes enregistrent à elles seules 1,7 milliard de dollars de pertes ».
La satisfaction de la compagnie aérienne se situe au niveau du nombre de passagers transportés en 2011/12. « Alors que les arrivées touristiques à Maurice progressent de 1,7 %, Air Mauritius parvient, malgré la concurrence féroce et accrue, à enregistrer une croissance de 2,3 % du nombre de passagers transportés – établissant du coup un record de tous les temps, soit 1 324 613 passagers. Le revenu opérationnel atteint aussi un record de 450,9 millions d’euros. Cette performance, qui conforte le statut de la compagnie en tant que principal transporteur pour le secteur touristique, se fait cependant au détriment du taux de remplissage des avions, qui passe de 79,8 % à 77,1 % d’un exercice à l’autre. »
Air Mauritius, qui s’est engagée dans une révision de son modèle économique, soutient que les mesures entérinées devront rapporter des résultats probants. « L’augmentation des fréquences vers les nouveaux marchés en croissance sur le pourtour de l’océan Indien et de l’Asie, permettra à la fois une maîtrise optimale des coûts d’exploitation et générera de nouvelles recettes pour la compagnie – les recettes étant confortées par la stratégie de hub Maurice et le renforcement en conséquence de l’activité commerciale et du ‘revenue management’. Au niveau des coûts, plusieurs initiatives fortes ont été identifiées et déjà mises en route », ajoute la compagnie aérienne.
« Le résultat de ces améliorations devrait être visible à partir du deuxième semestre de l’exercice. Si les facteurs externes (crise de la dette en Europe, prix élevés du carburant, volatilité du taux
de change euro dollar) ne se détériorent pas, la compagnie devrait alors considérablement réduire ses pertes dès la fin de l’exercice », prévoit le board d’Air Mauritius.