Réveillon de Noël : de la grisaille attendue dans le Sud et sur le plateau central
Rodrigues a subi samedi, et ce pendant plus de 15 heures, de véritables conditions cycloniques. Amara, qui a conservé la puissance d’un cyclone tropical intense pendant près de 66 heures, a en effet tenu l’île en alerte maximale jusqu’à 16 h 10, samedi. À ce jour, Amara qui s’est désintégré, et surtout l’ancien “superstorm” Bruce, qui a épargné Rodrigues et Maurice, ne sont plus que de lointains souvenirs. Mais il est à souligner que ces deux systèmes ont marqué le début de la saison cyclonique 2013–2014 de manière significative du fait de leur force impressionnante.
Le rapport post-Amara des services météorologiques mauriciens indique que la plus forte rafale générée par le cyclone, qui rappelons-le produisait des vents dépassant les 250 km/h autour de son centre, a été enregistrée à Pointe-Canon, avec 152 km/h, suivi de Plaine-Corail, avec 135 km/h, et Citronnelle, 133 km/h. Amara, qui est passé à son point le plus proche à l’est de Rodrigues entre minuit et 1 h du matin samedi, n’est heureusement pas passé directement sur l’île, car les conséquences de ses rafales auraient été plus désastreuses, fait comprendre Mamade Beebeejaun. Le directeur de la station météorologique faisait une analyse de la situation après l’épisode Amara, qui marque de manière significative le début de la saison cyclonique. Vendredi soir, l’équipe de Mamade Beebeejaun appréhendait deux scénarios : soit un direct hit sur l’île, ce qui constituait le worst case scenario envisagé, ou un passage à l’est de celle-ci à une distance d’environ 50 km. Le cyclone est finalement passé à 70 km de l’île à 5 h du matin.
Le temps à Rodrigues s’est détérioré graduellement au fur et à mesure qu’Amara s’approchait. La première bande active associée au météore a touché l’île dans l’après-midi de vendredi, en produisant des pluies légères intermittentes, devenant plus fréquentes et soutenues au fil des heures. La pression atmosphérique a continué à chuter et le taux le plus bas était de l’ordre de 987,6 hectopascals samedi à 5 h. À 1 h du matin samedi, l’île avait enregistré des rafales de 120 km/h, ce qui mena automatiquement à l’alerte 4 car, rappelons-le, selon le protocole, des rafales dépassant 120 km/h doivent être enregistrées pour l’émission de l’alerte maximale.
Du côté de la pluviométrie, Amara n’a pas produit des pluies phénoménales car, de par son positionnement par rapport à Rodrigues, la partie la plus active du cyclone, soit la partie nord-ouest, n’a pas touché les terres rodriguaises, ce qui fait dire qu’Amara aura été un « cyclone sec ». Le plus fort taux de pluviométrie, du 18 au 21 décembre à 10 h, a été enregistré à Roche-Bon-Dieu, avec 78 mm. Les autres sub stations des services météorologiques à Rodrigues ont relevé les données suivantes : Pointe-Canon (53,6 mm), Citronnelle (66,6 mm) et Plaine-Corail (23,6 mm).
Celle qui était une zone suspecte sur les cartes d’observations le 14 décembre s’est intensifiée en une dépression tropicale le 16 décembre et a été baptisée par les services météorologiques le 16 décembre dernier lorsque son centre était situé en latitude 15,6° Sud et longitude 73,0 ° Est. Amara, qui n’a cessé de s’intensifier, est passé au stade de forte tempête tropicale tôt le matin du 18 décembre, puis à celui de cyclone tropical quelques heures plus tard avec un fairly regulary eye visible sur les images satellites. Amara est devenu une menace pour Rodrigues à 4 h jeudi dernier lorsque son centre était situé près de 670 km au nord-est de Rodrigues. D’où l’émission d’une première alerte cyclonique le 19 décembre à 5 h du matin.