La saison 2012 a été marquée par des grandes affaires. La participation de Aurélie Halbwachs aux Jeux Olympiques de Londres, les championnats d’Afrique de VTT en mai dernier, des championnats nationaux presque ratés, si ce n’est le couronnement d’un jeune, et un peloton qui perd peu à peu de ses valeurs, voilà le spectacle auquel on a assisté depuis le début de la saison. Retour sur six mois de compétition.
Le bon
Déjà en mars, le VCJCC-Bank One avait frappé fort en prenant d’entrée sept bouquets sur les huit en jeu pour la course d’ouverture au Circuit du Champ de Mars. Les pions étaient donc disposés sur l’échiquier pour que les Curepipiens assoient leur domination sur le petit monde cycliste.
Une domination qu’ils ont concrétisée au fil de la saison, ne laissant échapper que des courses sans grand relief, à l’instar du Grand Prix de Saint Antoine, ou encore le Mémorial Marc Koenig Jr, à Albion, et le Grand Prix Engen, à Ébène.
Mieux encore, 2012 a vu le VCJCC-Bank One mettre fin à 20 ans de disette. Et oui ! Depuis 1992 et Jean-Philippe Tyack, le VCJCC n’avait pas gagné le titre de champion national en élite. Cet honneur est revenu à Mathieu Le Blanc, le jour de ses 19 ans, ce qui l’a couronné comme le plus jeune coureur à avoir décroché ce titre à ce jour. Et en bonus, le VCJCC-Bank One enlève, pour les championnats nationaux, cinq titres sur les sept en jeu. Saison quasiment réussie pour les Curepipiens.
Depuis, le VCJCC-Bank One a continué sa domination sans partage dans les courses en montagne ou en côtes. Que ce soit au Trophée des Grimpeur ou à la Colin Mayer Classic, l’équipe a bien tourné, offrant un leçon de solidarité à ses adversaires.
Et si doutes il y avait sur les capacités de l’équipe, dimanche, toutes les interrogations ont été balayées d’un revers de main. Le podium est clair. Yannick Lincoln, Grégory Lagane, Mathieu Le Blanc. Premier constat : la jeunesse répond présente, avec Grégory Lagane, 15 ans. A 1’20 derrière Lincoln, il est en passe de devenir l’autre grimpeur du VCJCC-Bank One. La question de la succession de Yannick Lincoln semble être réglée.
D’un autre côté, on note l’avènement d’un nouveau talent. A seulement 22 ans, Ashley Sumbhoolaul a démontré qu’on pouvait être un débutant et aller titiller les meilleurs. Révélé lors du Circuit du Champ de Mars, alors qu’il a tenu tête à quatre coureurs du VCJCC, il s’est laissé petit à petit porté par la vague. Il a appris à se faire discret. En témoigne sa victoire, alors que personne ne l’attendait, au Circuit de La Tour Koenig. Avec le temps, il saura se faire respecter un peu plus.
Au décompte des victoires, le VCJCC-Bank One est en tête 11 victoires déjà. C’est avec une certaine surprise qu’on retrouve le VCP à la deuxième place, avec trois victoires. Une situation paradoxale, comme le soulignait Mike Chong Chin, dimanche dernier. « C’est justement au moment où nous n’avons pas de sponsors que nous avons réalisé les meilleurs résultats. Avec l’apport d’un parrain, je suis sûr que le club fera mieux », avait-il déclaré.
Le BRSC-Isostar et l’UCRH-Engen, eux, arrivent avec deux victoires chacun. La dernière victoire des Rose-Hilliens est à mettre à l’actif de Michael Khedoo, à l’issue d’une course et d’un sprint épiques lors de la Dry Cleaning Challenge Cup.
Le moins bon
Des championnats pourris par une attitude peu sportive. C’est la mauvaise image qu’on gardera de la saison. Bon, cela a permis aux outsiders de faire la course à l’avant, mais cela n’a pas franchement contribué à une belle course.
Les rares spectateurs qui avaient fait le déplacement en ont presque eu marre. Même Thierry David, à un moment avait déclaré : « Gaspiyaz faire lé course ! » Et pire, personne ne voulait assumer ses responsabilités devant un championnat plombé.
Que peut-on dire de la sécurité ? 2012 a été une année noire, avec un accident qui a vu le Réunionnais Yannick Tariffe mettre fin à sa saison, lui qui avait coché les championnats de France sur piste depuis le début de l’année. Un accident survenu en pleine course, alors qu’il se trouvait dans l’échappée.
Cet accident, survenu quelques semaines après le décès du fun-rider Jérôme Koenig, a remis en cause toute l’infrastructure autour de la sécurité. Les organisateurs prennent leurs précautions, mais toujours est-il qu’il y a quelques chauffards qui se croient obligés de désobéir aux ordres des motards.
Cette saison 2012 sera clôturée avec le Tour de Maurice, où, contrairement aux années précédentes, on ne verra pas une sélection nationale. Un état de choses assez triste, puisque c’était l’occasion de voir les coureurs en action avant le Tour de la Réunion. Et à ce titre, une question se pose. Quel visage va montrer la sélection à l’occasion de la course réunionnaise ?