Mgr Maurice Piat, qui célèbre ce dimanche les 25 ans de son épiscopat, a rencontré la presse en fin de matinée pour un tour d’horizon de son ministère à la tête du diocèse de Port-Louis. Faisant part de ses observations de la société mauricienne actuelle, Mgr Piat dit constater « des symptômes d’un certain désarroi » en citant en exemples des fléaux comme la montée de la violence et la prolifération de la drogue, à propos duquel il évoque le « marketing agressif » des trafiquants. « C’est criminel de gagner de l’argent sur la souffrance des autres », dit-il. S’il émet des réserves au sujet de la dépénalisation du gandia, il se prononce en revanche contre « l’emprisonnement systématique » des consommateurs de drogues et suggère davantage la réhabilitation des victimes, ce qui, à son avis, « coûterait moins cher à l’État », ajoutant que « ce sont les trafiquants qui doivent aller en prison ».
Pour faire le bilan de son épiscopat à la presse, Mgr Piat était entouré de ses deux vicaires généraux, à savoir le père Jean-Maurice Labour et le père Gérard Sullivan. Il a été ordonné évêque en 1991 mais a pris ses fonctions à la tête de l’Église à Maurice en mars 1993, soit après deux ans passés comme évêque coadjuteur. Il souligne qu’il est arrivé en fonction au moment de la « grande question du malaise créole » à l’intérieur de l’Église. « Je remercie les frères prêtres qui ont accepté de parler et de discuter sur le sujet d’une manière sereine. Cela m’a permis de présenter, fin 1993, une lettre faisant part de toute la réflexion de l’Église. La question créole a été au-devant de la scène pendant longtemps et cela a débouché sur beaucoup d’actions. »
Mgr Piat a fait un rappel des initiatives de l’Église dans plusieurs domaines ces 25 dernières années en mentionnant notamment l’éducation secondaire, avec une prise de position sur l’intégration des enfants de différents niveaux de compétences, ainsi que sur le volet de la pauvreté. « Je me sens comme porté dans une Église vivante. »
Sa charge épiscopale s’étant étendue sous trois papes, à savoir Jean Paul II, Benoît XVI et François, Mgr Piat dit qu’il a surtout eu des relations plus proches avec Jean-Paul II, confiant qu’il a eu l’occasion de le connaître davantage lors de ses visites à Rome.
À l’heure des questions, Mgr Piat a abordé la problématique de la drogue, évoquant le « marketing agressif » des trafiquants. « Il est criminel de gagner de l’argent sur la souffrance des autres », dit-il. Il émet des réserves au sujet de la dépénalisation du gandia, il se prononce contre « l’emprisonnement systématique » des consommateurs et suggère davantage la réhabilitation des victimes. Mgr Piat a aussi été interrogé sur d’autres sujets d’actualité. Ainsi, au sujet de la gestion du pays, l’évêque de Port-Louis estime que les autorités « ont raison de mettre de l’ordre » en citant le fléau de la corruption. Néanmoins, il considère que le gouvernement n’a pas pris la mesure de « la complexité » de certains dossiers, en citant l’affaire BAI. S’il loue la volonté affichée des dirigeants « de relancer l’économie », il dit aussi noter « un manque de cohésion ».
Il a indiqué qu’il enverra, comme le prévoit le Droit Canon, sa lettre de démission au pape en tant qu’évêque avant le 19 juillet, date de son 75e anniversaire. Ce qui, rappelle-t-il, ne signifie pas qu’il quittera immédiatement ses fonctions, soulignant que « c’est le pape seul qui décidera » s’il doit se retirer définitivement. « Ce n’est pas moi qui décide quand je dois partir. »