En désignant six pongistes sous les 20 ans, dont eux âgés de 15 ans, le comité technique avait pris un pari risqué. Car lancer des jeunes dans le bain des JIOI, il fallait le faire. L’encadrement techique a donc eu raison de faire confiance à cette jeune garde qui, à elle seule, totalisait une moyenne de 23 ans. Avec trois médailles d’or, deux d’argent, et deux de bronze, le bilan est deux fois mieux que celui de Tana en 2007, où Maurice n’avait enlevé que deux médailles d’or.
Que retenir de cette campagne seychelloise ? Que Maurice avait les atouts pour forcer les décisions en sa faveur. Mais une fois l’euphorie du premier doublé (par équipes hommes et dames) passée, Maurice n’a pu maintenir sa lancée. Le double hommes est perdu, le double dames aussi. Seul le double mixte n’a pas échappé aux Mauriciens.
Mais que retenir d’autre ? Cette génération, surtout les filles, ont démontré que le travail a été fait pendant les quatre dernières années. Au lendemain de l’échec de Tana, les dirigeants de l’Association mauricienne de tennis de table (AMTT) ont mis l’ouvrage sur le métier et ont décidé de mettre sur pied une équipe de ce nom.
Grand bien leur en a pris. Didier Hao Thyn Voon, vice-président de l’AMTT, le reconnaissait récemment. « C’est une équipe qu’on a bâtie de rien. En arriver là, avec elles, alors, oui, c’est un exploit. » Les deux pilliers de l’équipe, Déborah Wong et Widaad Gukhool ont parfaitement joué leurs rôles. Les autres, elles, ne semblent pas avoir encore atteint le niveau pour rivaliser avec les adversaires de la région.
Mais l’équipe, avec les victoires d’Isabelle Chowree face à la Réunionnaise Chloé Santanon, une adversaire techniquement plus forte, et surtout la place de quart de finaliste de Widaad Gukhool laissent augurer de bonnes choses. Mais il ne s’agit pas de s’endormir sur ses lauriers.
Pour les garçons, il n’y a pas grand chose à dire. Ils sont tombés les armes à la main face à des adversaires pas forcément plus forts qu’eux, mais plus réalistes dans les moments cruciaux. Jean-Michel Appasamy, finaliste du simple en 2007, a pris la porte de sortie dès le premier tour. Bryan Chan Yook Fo, médaillé de bronze, se voit éjecté de la course par le Malgache Jonathan Nativel. Rhikesh Taucoory sera lui aussi la victime du Malgache.
Ce sera peut-être le plus gros regret de la sélection nationale. Avec la médaille d’or qu’ils auront laissé échapper au double hommes. Mais la plus grande satisfaction restera cette médaille pris au tournoi par équipes, avec des victoires d’entrée contre les Malgaches, menés par un Jonathan Nativel qui n’a jamais pu rentrer dans son match face à Appasamy, et aux deux autres, Bryan Chan Yook Fo et Rhikesh Taucoory qui ont conclu victorieusement. « J’ai l’impression que le tournoi par équipes était le plus important pour Maurice. Alors, on va le gagner », avait déclaré Appasamy. En finale, c’est du grand art. Ils ne se laissent pas dominer par la Réunion. La réussite de ce groupe a aussi été construite au lendemain de Tana. Avec ses trois expatriés, Maurice a su se forger une réputation. Appasamy a définitivement raccroché après les JIOI seychellois. Mais le legs qu’il aura laissé à Rhikesh Taucoory et Bryan Chan Yook Fo est en de bonnes mains. Et les autres, derrière, seront prêts pour les Jeux de 2015…