Une partie de l’assistance à l’atelier de travail
  • Yan Hookoomsing : « Bientôt il ne restera plus rien à protéger dans les zones côtières »
  • Stephan Gua : « Beach grabbing and the destruction of ESA for private interests is also fuelling social tensions »

Invités à un atelier de travail hier matin par le gouvernement sur le thème “Mainstreaming biodiversity into the management of the coastal zone in the Republic of Mauritius”, les écologistes et activistes de plusieurs organisations, telles Eco-Sud, AKNL et Rezistans ek Alternativ, ne se sont pas fait prier pour se faire entendre. Ce projet est conjointement réalisé par le ministère de l’Environnement, l’UNDP et la Global Environment Facility (GEF).
À la première occasion et dès que les consultants étrangers, dont Ana Ilic et le CEO de la firme de consultants FCG-ANZDEC, travaillant sur le projet, ont enclenché la tranche pour des questions, Stephan Gua, de Resistans ek Alternativ, est intervenu pour demander de revoir l’agenda. « I am very concerned that this workshop is not taking into account that the Environmentally Sensitive Areas (ESA) study that has been laid at the ministry for over nine years and in the meantime projects are being given permits. There are currently ten projects near ESA’s », a-t-il indiqué. Il a ajouté qu’une plateforme d’activistes et d’écologistes a écrit une lettre ouverte pour faire part de leurs appréhensions. Il a demandé aux consultants de « tell government that they are accountable for what is happening ».

Dans cette communication, la plateforme, se disant concernée par la nature, la biodiversité et le littoral, a fait état de plusieurs griefs. Elle soutient qu’il est impératif d’initier une étude continue des ESA et une révision de l’Integrated Costal Zone Management, demandant de « be honest in assessing the non-ecological and environmental practices of the government of Mauritius ». La plateforme déplore par ailleurs que « neuf ans se sont écoulés depuis la dernière étude ESA et la préparation de l’ébauche du ESA Bill ». Pourtant, dit-elle, « aucun de ces documents n’a à ce jour été présenté au Parlement ». Dans la lettre, mention est faite que : « it is important that the UNDP and the GEF be aware that beach grabbing and the destruction of ESAs for private interests is also fuelling social tensions : Mauritians are increasingly having the sense of being alienated from their commons. The accelerated privatisation of our commons (ESAs) are only consolidating this socio-economic dynamics of expanding luxury exclusive resorts and concentration of wealth in the hand of a selected few at the detriment of the population. »

Alors que les organisateurs tentaient de maintenir l’agenda des travaux, et ce en essayant de reprendre la parole, David Sauvage, de Rezistans ek Alternativ, est également intervenu pour lancer « what is the point of inviting the civil society if you don’t want to hear us ? » Mais Ana Ilic a assuré que « nobody will be left out of the process, that’s why we are here ». Quant à Yan Kookoomsing d’AKNL, il a avancé que « the ministry of Environment has to respect the role of the civil society », ajoutant que cet atelier de travail « pourrait servir à rien » car « bientôt, il ne restera plus rien à protéger des zones côtières ». Le porte-parole d’AKNL a également parlé de “green washing”, ajoutant que « there is no point in doing this work if people are getting permits at an accelerated pace ».

Vassen Kauppaymuthoo, Project Coordinator et Key National Consultant, explique le but de la tenue de cet atelier de travail. « Il y a aujourd’hui plusieurs organismes qui délivrent des permis pour les projets, notamment le ministère de l’Environnement. Il y a aussi le Building and Land Use Permit. Il faut rationaliser toutes ces démarches, d’autant que le gouvernement a pris l’engagement de protéger la biodiversité », explique-t-il. Et de poursuivre : « Sometimes legislation and policies from different ministries, although there is consultation, conflict or seem to overlap and this creates a lot of tensions. The existing tools are not adequate to address this problem. The system today is there but not working properly. That is why there is a need today to mainstream biodiversity into the management of coastal zone in Mauritius ; but using appropriate and actionable tools to enforce integrated coastal zone management planning in Mauritius and Rodrigues. » Ce projet, qui a pris un peu de retard et qui devait se mettre en place entre 2017 et 2020, expliquent les responsables, « sera prolongé jusqu’en 2021 ».

Les “Terms of reference” des consultants sont à deux volets. Le “Lot 2” consistera en un examen analytique des plans de gestion des zones côtières de Maurice, tandis que le “Lot 3” prévoit le développement de plans de gestion intégrée des zones côtières pour Rodrigues et le district de Rivière-Noire, et ce selon la “ridge-to-reef approach”.