Les planteurs de fruits, de mangues et de litchis notamment, de Montagne-Longue ont témoigné de leur ras-le-bol vis-à-vis des chauves-souris hier au centre communautaire de Camp-Laboue. Ils souhaitent que le gouvernement aille de l’avant avec son projet d’abattage afin de réduire la population de cette espèce animale dans le pays. « Ils sont plus de 500 000, et non pas 100 000. Ces animaux ravagent nos vergers », déclarent Rajen Hemoo et Dhiraj Panchkowree, qui se sont fait porte-parole de la cinquantaine de planteurs de fruits que compte ce village, pour alerter les autorités sur ce problème.
« Il y a 7 à 8 ans, je vendais un million de letchis quotidiennement. Aujourd’hui, je n’en vends pas plus de 100 000. Où sont passés les letchis ?? » se demande Dhiraj Panchkowree, un propriétaire d’environ 300 arbres fruitiers ayant énormément investi dans ses vergers. Selon lui, les chauves-souris détruisent environ 50% des récoltes, « et pas 10 à 15%, comme le déclare la Mauritius Wildlife Foundation (MWF). »
L’autre porte-parole des planteurs de fruits de Montagne-Longue, Rajen Hemoo, concède que les chauves-souris ne s’attaquaient qu’aux letchis dans le passé. « Maintenant, ils s’attaquent à la mangue, aux longanes et même aux bananes », confie-t-il. Il ajoute dans le même élan : « Le danger est là. Où s’arrêteront-elles ?? Si elles continuent sur cette voie, tous les fruits du pays seront condamnés d’ici quelques années. »
D’autres planteurs craignent que ces animaux soient porteurs de maladies graves capables d’être transmises aux humains, comme cela a été le cas avec la grippe aviaire transportée par les oiseaux. « Que se passera-t-il si un jour ces animaux transmettent une maladie quelconque aux humains ?? » interroge Dhiraj Panchkowree. Ce planteur estime que les propositions de FAREI, qui induisent à réduire la hauteur des arbres et à utiliser des filets pour protéger les fruits, ne tiennent pas la route. « En taillant les arbres, nous perdons entre 10 000 à 15 000 letchis. Quant aux filets de protection, il nous est impossible de les installer correctement », fait-il ressortir.
Pour Dhiraj Panchkowree, l’unique solution est de tuer une partie des chauves-souris. « Ces animaux ne sont pas menacés de disparition, comme ça a été le cas, à une époque, pour certains oiseaux endémiques », estime le porte-parole. Il ajoute ne pas croire en les études qui démontrent que la population de chauve-souris est réduite par les cyclones. « Ces animaux ne sont pas bêtes et se cachent durant le passage des cyclones », concède Dhiraj Panchkowree. Il insiste ainsi auprès du ministre de l’Agro-industrie pour qu’il aille de l’avant avec sa proposition de réduire le nombre de chauves-souris en les abattant à coup de balles.