Les militants anti-empreintes digitales, que ce soit pour la nouvelle carte d’identité nationale ou encore pour les besoins de contrôle au travail, envisagent une montée en puissance de la campagne pour faire reculer le gouvernement sur ce dossier. Ainsi, une coalition menée par la General Workers Federation et  Rezistans & Alternativ, s’appuyant sur le dernier ruling de la Data Protection Commission dans l’affaire Amanda Jones/Clavis School, a élaboré une stratégie pour un meilleur respect du droit à la vie privée. Comme rapporté dans l’édition de Week-End du dimanche 25 avril, la Data Protection Commissioner est arrivée à la conclusion que l’obligation de donner ses empreintes digitales constitue une atteinte à la vie privée.
Dans la conjoncture politique, avec les contours d’une alliance électorale entre le Parti Travailliste et le MMM, Serge Jauffret, Stephan Gua et Veena Dholah, au nom de ce front, font un appel au leader du MMM pour réclamer la suspension de la loi sur la carté d’identité nationale. « Suite au récent ruling du Data Protection Office, de même que des problèmes autour de la sécurité informatique des données personnelles et confidentielles, la coalition GWF-Rezistans & Alternativ demande à Paul Bérenger d’assumer ses responsabilités. Avec raison, le leader du MMM avait donné le mot d’ordre aux citoyens de boycotter la nouvelle carte d’identité nationale biométrique. Aujourd’hui, avec la nouvelle alliance avec le PTr, il se trouve en position de force pour traduire dans le concret ce même mot d’ordre », font comprendre les animateurs de cette coalition, qui a été constituée hier matin.
La principale demande présentée au leader du MMM et désigné comme futur Premier ministre pour les cinq prochaines années porte sur une suspension immédiate des dispositions sur la loi régissant la Biometric ID Card. « Nous demandons à Paul Bérenger de s’assurer qu’aucune poursuite au criminel ne soit instituée contre les citoyens qui ne se sont pas fait inscrire pour obtenir leurs nouvelles ID Cards, qu’aucun citoyen ne détenant pas de Biometric ID Card ne soit pénalisé en termes d’accès à des droits et des bénéfices de l’État, de s’assurer que l’ancienne ID Card soit toujours utilisée jusqu’à nouvel ordre et qu’une Commission de Droit Constitutionnel ouverte au public soit mise sur pied pour définir les composantes de la nouvelle carte d’identité nationale n’entravant nullement les droits et la liberté des individus », font ressortir les représentants de cette coalition, qui comprend également des membres du Joint Negotiating Panel de l’industrie sucrière, de la Port Louis Maritime Employees Association, de la Union of Bus Industry Workers et du Centre for Alternative Research and Studies.
Une autre exigence de ce front anti-empreintes digitales concerne les pratiques adoptées dans les entreprises où des employés sont forcés à donner leurs empreintes. « Swit a nouvo ruling Data Protection Commissioner lor Finger Print dan travay, sa nouvo koalisyon GWF-Rezistans ek Alternativ-JNP-CSG pe reklam sispansyon imedya par Leta ek patrona de tou itilizasyon finger print dan tou sekter travay dan Moris ek Rodrig et ki met dibout enn komite tripartit GM-sindika-patrona pou diskit kestyon finger print ek lezot form kontrol ki pa inplik remiz an kestyon drwa fondamantal bann travayer », ajoutent Serge Jauffret, Stephan Gua et Veena Dholah.
Cette coalition accorde un délai de 30 jours aux autorités pour satisfaire les demandes et passé cette échéance, le mot d’ordre sera donné aux employés de refuser de donner leurs empreintes digitales à leurs employeurs. « Dan levantyalite ki pena okenn aksyon dan enn lespas 30 zour lor sispansyon finger print dan travay ek kart idantite, koalisyon GWF-Rezistans ek Alternativ pe apel a enn lagrev finger print dan tou sekter travay. Savedir nou pou apel a tou travayer refiz donn zot lanprint dan travay », ajoutent-ils en annonçant la tenue d’une conférence nationale sur la Biometric ID Card et les empreintes digitales au travail pour le 24 courant.