De 8 h à midi, quelque 75 personnes, participant à l’opération “go-slow” contre la carte d’identité biométrique, avaient refusé de se soumettre au prélèvement de leurs empreintes digitales dans le cadre des procédures visant à leur délivrer leur nouvelle pièce d’identité. Ils estiment en effet ne pas avoir donné leur consentement pour un tel exercice. Les participants avaient répondu à l’appel de Lalit, de la CTSP et du CITU.
Munis de leur carte d’identité en laminé, de leur acte de naissance et d’autres documents de l’État civil, ainsi que de leurs preuves d’adresse, un groupe de personnes ont défilé durant la journée au rez-de-chaussée de l’Emmanuel Anquetil Building, où se trouve l’ID Card Unit, pour réclamer leur nouvelle carte d’identité. Sauf que, cette fois, les demandeurs avaient en tête de ne pas se soumettre à l’exercice de prise d’empreintes. Parmi les participants se trouvaient des syndicalistes, des activistes et autres personnes issues de différents mouvements, à l’instar de l’Association des Commerçants de l’île Maurice (ACIM), la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), le Mouvman Liberasyion Fam (MLF), le Centre Goomany, Playgroup, la Congress of Independant Trade Union (CITU), ou encore la Fédération des travailleurs unis (FTU).
Au préalable, ces personnes ont signé chacune une lettre en kreol qu’ils ont remise aux responsables et fonctionnaires de l’ID Card Unit. Dans celle-ci, elles signifient leur objection formelle à donner leurs empreintes à l’État en insistant sur le fait qu’elles n’ont pas donné leur consentement, tout en attirant l’attention sur le fait que les empreintes font partie de leur intégrité et que cela relève de leur vie privée.
Une deuxième lettre, rédigée en anglais, est adressée cette fois-ci au Premier ministre, dans laquelle les contestataires font état des mêmes préoccupations et où ils réclament la suspension de l’exercice de prélèvement d’empreintes, la destruction de la base de données contenant les données biométriques des citoyens et la révocation de la clause de la loi qui rend obligatoire la nouvelle carte d’identité biométrique. Vers midi, à la suite d’un premier décompte, 75 lettres ont été remises au Bureau du Premier ministre. L’opération go-slow devait se poursuivre à l’heure où nous mettions sous presse et d’autres lettres être remises au Prime Minister’s Office.
Lors d’un point de presse dans ces mêmes lieux, Alain Ah-Vee de Lalit a déclaré que le Collectif compte maintenir la pression en intensifiant sa campagne sur le terrain, et ce même après la date du 30 septembre, date de validité de la carte en laminé. Le Collectif devait ensuite lancer un appel à la population pour attendre le verdict de la Cour suprême dans le cadre des trois affaires logées pour contester la carte d’identité biométrique.